MANIER Bernard

Par Claude Pennetier, Nathalie Viet-Depaule

Né le 26 septembre 1873 à Bucarest (Roumanie) ; grainetier puis journaliste ; militant socialiste puis communiste, exclu du PC en 1923 ; conseiller municipal de Champigny-sur-Marne (Seine, Val-de-Marne).

Grainetier puis journaliste, Bernard Manier fut délégué du Nord au congrès d’unité à Paris (1905). Il milita ensuite à la fédération socialiste de la Seine qui en fit son candidat aux élections municipales de Paris dans le quartier des Archives (IIIe arr.) en 1908 et qu’il représenta au congrès de Saint-Quentin (1911). En 1910, il entra à la CAP comme suppléant (motion de la Seine, minoritaire) ; il devint titulaire l’année suivante.

Il était secrétaire de la section socialiste SFIO de Champigny-sur-Marne à la veille des élections municipales de 1919 auxquelles il se présenta. Il fut élu avec quatre autres candidats qui formèrent la minorité socialiste du conseil acquis au Bloc national. En 1920, il était membre de la commission des résolutions du Comité pour la reconstruction de l’Internationale dont il devint un des secrétaires adjoints le 4 décembre 1920.

Bernard Manier participa au congrès fédéral de la Seine le 13 novembre 1920 et y fit la critique « des thèses de Moscou », protestant contre « la subordination des syndicats au parti » et déclarant qu’il était « impossible de renoncer à toute action réformiste ». Il fut délégué de la fédération de la Seine, sur la motion Longuet, au congrès de Tours (décembre 1920). Il y prit la parole à plusieurs reprises, notamment, le 29, pour soutenir la motion Mistral qui visait à maintenir l’unité. Après la proclamation du résultat des votes, il déposa une nouvelle motion critiquant le comité exécutif de l’IC afin de « maintenir l’unité actuelle du Parti socialiste ». Il entra alors en négociation avec les dirigeants du comité de la IIIe Internationale. Sa section adhéra à la SFIC (cinq voix contre).

Il publia au début de l’année 1921 une brochure signée B. Manier : Tours et alentours, la genèse d’une scission, qui donnait des informations sur les coulisses du congrès. Il était indiqué que la brochure était « en vente chez l’auteur : Grande rue, 153, Champigny (Seine) ». Le Populaire du 12 avril 1921 en signala la parution, précisant qu’à cette date Manier n’adhérait à aucun des partis issus de la scission. La diffusion de la brochure semble avoir été extrêmement confidentielle.

En 1922, il fit partie du Comité de défense communiste dont il signa la déclaration. Il figure sur la liste des exclus du Parti communiste annoncés dans l’Humanité du 8 janvier 1923.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article73782, notice MANIER Bernard par Claude Pennetier, Nathalie Viet-Depaule, version mise en ligne le 2 septembre 2009, dernière modification le 28 septembre 2021.

Par Claude Pennetier, Nathalie Viet-Depaule

SOURCES : Arch. Paris, DM3, versement 10451/76/1. — Compère-Morel, Grand dictionnaire socialiste, p. 501. — La Gazette de l’Est, 14 décembre 1919. — L’Humanité, 15 et 29 novembre 1920, 17 janvier 1921, 8 janvier 1923. — Notes de Jacques Girault. — Julien Chuzeville, Un court moment révolutionnaire, la création du Parti communiste en France, Libertalia, 2017.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément