ADAM Ernest, Gustave

Par Jacques Girault, Julien Veyret

Né le 14 décembre 1883 à Cherbourg (Manche), mort le 26 novembre 1956 à Octeville (Manche) ; professeur technique ; responsable syndical.

Fils d’un ouvrier chaudronnier à l’Arsenal maritime de Cherbourg, Ernest Adam, apprenti ouvrier à l’Arsenal (1899-1903), effectua son service militaire dans la Marine nationale (1903-1904), puis réintégra l’Arsenal (1904-1911) avant d’être mobilisé de 1914 à 1919. Marié en octobre 1907 à Barfleur (Manche), veuf, il se remaria en avril 1918 à Angers (Maine-et-Loire) avec une institutrice. Il était père de trois enfants.

Ernest Adam entra dans l’enseignement technique pour le compte de la ville de Cherbourg à l’École pratique d’industrie de 1911 à 1914, puis de 1919 à 1923, puis pour le compte de l’État de 1923 à 1947, comme contremaître à l’école pratique d’industrie de garçons.

Ernest Adam , en tant que président de l’association du personnel des ateliers des écoles publiques de l’enseignement technique, lutta pour le reclassement, l’unification et la nationalisation du personnel des ateliers. Il représenta le personnel des ateliers au Conseil supérieur de l’enseignement technique. Il avait été un des fondateurs en 1913 du syndicat CGT du personnel des ateliers. En 1935, il participa à la fusion des deux syndicats de l’enseignement technique (ateliers et enseignement général). Il était en 1938 membre du conseil d’administration de la Mutuelle-décès du personnel des ateliers des écoles publiques de l’enseignement technique. Lors du congrès du SET de 1938, il critiqua les chefs de travaux qui s’adressaient, pour leurs revendications, à l’Amicale des chefs de travaux sans en référer au syndicat. De nombreux chefs de travaux démissionnèrent de leurs responsabilités dans le syndicat en demandant des sanctions contre Adam. Après l’intervention de Marchandeau, délégué des chefs de travaux au Conseil supérieur de l’enseignement technique, le conflit s’apaisa et les chefs de travaux retrouvèrent leurs responsabilités.

Mis à la retraite d’office conformément à la loi sur les sociétés secrètes en octobre 1942, Adam fut réintégré dans les fonctions de professeur technique adjoint au collège technique de Cherbourg, par arrêté ministériel du 30 septembre 1944 et fut admis à la retraite le 25 avril 1947 avec effet à partir du 1er janvier 1948. Il était alors un des responsables du Syndicat national de l’enseignement technique dans la localité.

Le 23 février 1948, Adam lança un appel qui fut publié dans Le Travailleur de l’enseignement technique sous le titre "Orientation syndicale", précédé d’une introduction d’André Ducourneau et de Philippe Rabier. Ces deux dirigeants rappelaient le rôle particulier joué par Adam dans la vie du SNET, notaient qu’il était un homme "dont la droiture et l’honnêteté ne peuvent être suspectées". Après avoir indiqué qu’il n’appartenait à aucun parti politique et se félicitant d’avoir été en 1942, « jeté dehors comme indigne parce que je croyais à la fraternité humaine et au progrès social », il reprochait aux partisans de la CGT-FO de diviser les syndiqués et précisait :

"Au cri de « pas de politique », on veut nous en imposer une, la pire de toutes, la plus bête et la plus nocive, celle qui nous est dictée par nos adversaires, par les ambitieux, par les politiciens […], par tous ceux enfin dont les intérêts commandent de démolir ce qu’ils ne peuvent asservir."

Il demandait aux militants politiques « de porter vos querelles partisanes hors du syndicat » et se prononçait avec force pour le maintien du syndicat dans la CGT.

Ernest Adam habitait alors Octeville-sur-Cherbourg et était conseiller de l’enseignement technique dans la Manche. Il avait écrit un ouvrage sur la chaudronnerie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article73799, notice ADAM Ernest, Gustave par Jacques Girault, Julien Veyret, version mise en ligne le 7 septembre 2009, dernière modification le 19 octobre 2017.

Par Jacques Girault, Julien Veyret

SOURCES : Arch. Nat., F17/26624. — Presse syndicale (dont un article nécrologique dans Le Travailleur de l’enseignement technique, janvier 1957). — Renseignements fournis par la mairie de Cherbourg.

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