MESSER Jean

Par Daniel Grason, Claude Pennetier, Jean Portejoie

Né le 24 septembre 1922 à Paris, mort le 10 juin 2014 à Massat arrondissement de Saint-Girons (Ariège) ; permanent puis boucher à l’abattoir de la Villette ; militant des Jeunesses communistes et de l’UJRF puis du PCF ; résistant ; déporté à Mauthausen (Autriche).

Fils de Victor Messer (1901-1945) qui était tueur aux abattoirs de La Villette et qui mourut en déportation, Jean Messer adhéra aux Jeunesses communistes en 1937, et fut pendant quelques mois en 1938 secrétaire des Jeunesses communistes de Villiers-sur-Marne (Seine-et-Oise, Val-de-Marne) où il demeurait.
Entré en clandestinité dès 1940, il fut chargé de distribuer l’Humanité sous le manteau avant de se voir confier des responsabilités plus importantes : stocker clandestinement des dizaines milliers de tracts et brochures et en assurer la ventilation dans plusieurs départements. Le 9 novembre 1941 il fut appréhendé par des policiers du commissariat de Saint-Denis alors qu’il transportait sur sa bicyclette des tracts et des brochures. Au terme de l’enquête policière il apparut qui était le responsable d’un dépôt de tracts et assurait les expéditions en province.
Envoyé au Dépôt pour infraction au décret-loi du 26 septembre 1939, il a été incarcéré à la Santé. Il comparut le 11 février 1942 devant la Section spéciale de la Cour d’appel de Paris qui le condamna à cinq ans de prison et 1 200 francs d’amende. Interné à la prison de la Santé, de Fresnes, de Clairvaux, de Blois puis transféré à Compiègne le 16 février 1944 pour être déporté à Mauthausen le 22 mars 1944.
Mille huit cents dix-huit hommes étaient dans ce convoi, quatre-vingt-deux furent gazés entre juillet et décembre 1944. Le 2 juin 1944 Jean Messer a été transféré à Loibl Pass, quatre-vingt-neuf détenus de ce convoi y travailleront. Ils creusaient un tunnel routier entre l’Autriche et la Slovénie.
Lors de l’évacuation du camp en janvier 1945, avec quatre camarades, profitant d’un relief favorable et de la proximité d’une forêt, ils tentent et réussissent leur évasion. Il rejoint les partisans yougoslaves où il devint commissaire de section dans la brigade “Liberté“. Il sera rapatrié le 9 juin 1945.
Il épousa le 17 août 1948 Paulette Ponsolle-Tambour en mairie de Villiers-sur-Marne. Le couple habita 21, square Jean Thébaut à Paris (XVe arr.). Le 31 août 1948 il participa à une manifestation près du rond-point des Champs-Elysées, il fut interpellé avec vingt-sept autres membres de l’UJRF. L’un portait une pancarte « La Jeunesse exige un gouvernement Français et Démocratique ». Après un contrôle d’identité, Jean Messer a été laissé libre.
Jean Messer fut membre du bureau national de l’Union de la Jeunesse Républicaine de France (Issue de la Jeunesse communiste) de 1948 à 1955, de son secrétariat national de 1948 à 1953.
Il fut arrêté le 26 mai 1950, près du Palais de Justice de Paris alors que se déroulait un procès contre L’Avant-Garde hebdomadaire des Jeunesses communistes. Le 7 octobre 1952 un Juge d’Instruction Militaire près le Tribunal permanent de Paris émettait un mandat d’arrêt contre lui pour « atteinte à la Sécurité extérieure de l’État. »
En mai 1953, lors du “Complot des pigeons“ contre Jacques Duclos, alors qu’une partie de la direction nationale de l’UJRF était arrêtée et emprisonnée (Guy Ducoloné, Louis Baillot, Paul Laurent, Jean Meunier) Jean Messer fut contraint à nouveau à une vie illégale durant plus d’un an avec l’ensemble du bureau national de l’organisation. Interpellé, incarcéré à la prison de la Santé, le 24 janvier 1954, transféré à Fresnes, Jean Messer fut mis en liberté provisoire.
Jean Messer formula le 18 mars 1954 une demande auprès du Ministère des anciens combattants et victimes de la guerre pour que lui soit attribué le titre de Déporté Résistant. Il fut homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF), et Déporté interné résistant (DIR).
Cessant d’être permanent pour raison familiale, Jean Messer travailla ensuite aux abattoirs de la Villette comme boucher.
Il demeura un militant responsable du PCF dans le XIXe arrondissement jusqu’au début des années 1980 et son départ à la retraite à Massat (Ariège) avec son épouse Paulette (décédée le 23 septembre 2014). Jusqu’à la fin de sa vie, il ne cessa de participer au travail de mémoire de la Résistance et de la Déportation.
Il était Chevalier de la Légion d’honneur, titulaire de la Croix de guerre avec palme 1939/1945, de la Médaille de la Déportation, Combattant volontaire de la Résistance et titulaire de la Médaille des Partisans yougoslaves.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article73849, notice MESSER Jean par Daniel Grason, Claude Pennetier, Jean Portejoie, version mise en ligne le 8 septembre 2009, dernière modification le 19 juin 2020.

Par Daniel Grason, Claude Pennetier, Jean Portejoie

SOURCES : Arch. PPo. 89, Arch. BS2, Rapport hebdomadaire des Renseignements généraux du 17 novembre 1941, BA 2056. – Bureau Résistance GR 16 P 413669. – Notes de Jacques Girault. – Arch. Com. Villiers-sur-Marne, 1108 W 36.— Amicale de Mauthausen. — Guilhaume Quashie-Vauclin , L’Union de la Jeunesse Républicaine de France, mémoire de master d’histoire contemporaine, Paris 1 CHS. — L’Humanité, 12 avril 2014. — Le Patriote de l’Ariège, 20 juin 2014.

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