PRADALÈS Pierre, Alfred, Gabriel

Par Jean-Michel Brabant

Né le 21 novembre 1913 à Paris (XIXe arr.), mort le 1er août 1999 à Seillans (Var) ; employé ; déporté ; militant trotskiste et du PSU.

Fils d’un professeur à l’école professionnelle Colbert, Pierre Pradalès fut apprenti ébéniste à l’âge de quinze ans, puis, après avoir exercé différents métiers, entra en juin 1936 à la Caisse centrale des Assurances sociales parisiennes. Au lendemain de son service militaire, qu’il fit en 1933-1934, il adhéra au trotskysme et milita ensuite au Parti socialiste SFIO, après s’être lié à Élie Kamoun. Il fit partie du Groupe bolchevik-léniniste qui regroupait en tendance les trotskistes de la SFIO. En juin 1936, il participa à la fondation du Parti ouvrier internationaliste de Pierre Naville* et Jean Rous* et fut élu au comité de rédaction de son organe La Lutte ouvrière. Par la suite, il rejoignit, au début de 1939, avec la minorité du POI aimée par Jean Rous*, le Parti socialiste ouvrier et paysan de Marceau Pivert*.

Mobilisé dans la 4e division cuirassée, Pierre Pradalès reprit, après sa démobilisation, son action militante au sein du POI reconstitué dans la clandestinité. Il participa notamment à l’action syndicale chez les employés. Arrêté le 11 février 1944, par la Brigade spéciale, il fut déporté à Mauthausen.

Après son retour de camp, il adhéra au Parti communiste internationaliste dont il fut, à Paris, candidat aux élections législatives d’octobre 1945 et de juin 1946. À cette époque, il se consacra à un travail de documentation sur les camps de concentration. Il livra son témoignage à David Rousset* qui l’utilisa pour son ouvrage Les Jours de notre mort. Avec ce dernier, Pierre Pradalès participa à la formation du Rassemblement démocratique révolutionnaire, ce qui entraîna son exclusion du PCI le 27 mars 1948. Il devait, par la suite, dans les années 1960, rejoindre la section de Créteil (Seine, Val-de-Marne) du Parti socialiste unifié (PSU). Militant actif des organisations d’anciens résistants, il fut élu, en 1958, au bureau national de l’Association nationale des anciens combattants de la résistance (ANACR). Il fut, sur le plan syndical, membre de la CGT, puis de la CGT-Force ouvrière.

Il fit partie de la délégation d’anciennes victimes du nazisme invitée à Moscou, en 1992, par l’association « Le Retour ».

Retiré à Seillans (Var), il y mourut le 1er août 1999. Ses obsèques religieuses furent célébrées le lundi 2 août en l’église de Seillans. Il était titulaire de la Croix de guerre et de la Légion d’honneur.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article74051, notice PRADALÈS Pierre, Alfred, Gabriel par Jean-Michel Brabant, version mise en ligne le 15 septembre 2009, dernière modification le 15 mars 2019.

Par Jean-Michel Brabant

SOURCES : La Lutte ouvrière, 15 août 1936. — La Vérité, 13 octobre 1945 et 24 mai 1946. — Témoignage autobiographique. — Le Monde, 4 août 1999.

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