ROSSENTHAL Albert

Par Daniel Grason

Né le 18 décembre 1905 à Paris Xème arrondissement, mort le 28 février 1978 à Maisons-Alfort (Val-de-Marne) ; ajusteur ; déporté à Sachsenhausen (Allemagne) ; conseiller municipal communiste de Maisons-Alfort (Seine, Val-de-Marne) de 1947 à 1953.

Fils d’Albert, vingt-deux ans, coureur cycliste et de Jeanne Désirée Guillin, vingt-et-un ans, boutonnière, Albert Rossenthal vécut au 51 rue du Pré-Saint-Gervais dans le XIXe arrondissement de Paris. Il épousa Andrée Meunier, employée de bureau.
Pendant la guerre Albert Rossenthal vivait 11 rue Delalain à Maisons-Alfort (Seine, Val-de- Marne). Il a été interpellé par sept inspecteurs de la BS2 le 13 octobre 1942 vers 13 heures dans un restaurant rue du Roi de Sicile à Paris (IVe arr.). Emmené au commissariat Saint-Paul, il a été frappé « sauvagement » précisa-il à son retour de déportation.
Dans les locaux des Brigades spéciales, fouillé, interrogé à plusieurs reprises, il fut frappé par quatre d’entre eux, y resta six jours. Vers 22 heures, trois policiers se présentèrent à son domicile et perquisitionnèrent en présence d’Andrée son épouse. Rien ne fut saisi rien n’a été dérobé.
Il a été emprisonné le 9 novembre 1942 au Cherche-Midi, le lieu était administré par les allemands. Interné au fort de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis) Albert Rossenthal était le 24 janvier 1943 dans le convoi de 1 466 hommes qui partit de Compiègne à destination de Sachsenhausen en Allemagne. En fin de convoi dans les quatre derniers wagons 230 femmes seront déportées à Auschwitz, elles arriveront le 27 janvier. Les hommes arrivèrent à Sachenhausen le 25 janvier, les allemands fusilleront Émile Robinet le 10 octobre 1944 et André Bergeron le lendemain pour activité résistante.
Albert Rossenthal a été affecté au kommando de travail des usines Heinkel, des barbelés ceinturaient le vaste espace boisé de Germendorf, un village situé à une dizaine de kilomètres au sud-ouest d’Orianenbourg, où alternaient les blocks des déportés et les halls de fabrication du constructeur d’avions Heinkel. Le camp compta jusqu’à huit mille détenus en 1944. Il fut libéré à Parchim.
Sa femme déposa une plainte le 6 janvier 1945 contre les policiers qui interpellèrent et frappèrent son mari.
Rentré de déportation, Albert Rossenthal témoigna le 5 mai 1945. Il déclara : « J’ai été détenu six jours environ à la salle 535 bis, ayant été arrêté pour propagande clandestine communiste, les inspecteurs s’acharnèrent sur moi, afin que je leur donne le nom de mes coéquipiers, et les dépôts où était remisé le matériel. »
Sur la présentation de photographies, il reconnaissait quatre inspecteurs. Il porta plainte le contre ceux qui le tabassèrent. Il précisa « que pendant les séances de matraquage, les inspecteurs » arrêtèrent « de me frapper car j’étais plein de sang, j’inondais les tables sur lesquelles ils m’avaient allongé. »
Il porta plainte contre les inspecteurs qui l’arrêtèrent et contre ceux qui le frappèrent.
Albert Rossenthal a été homologué au titre de la Résistance intérieure française (RIF), et Déporté interné résistant (RIF).
Demeurant rue Jean Jaurès, Albert Rossenthal fut élu conseiller municipal communiste de Maisons-Alfort le 19 octobre 1947. Durant son mandat qui prit fin en 1953, la première magistrature municipale fut successivement occupée par Jean Maupas et Arthur Hevette, tous deux appartenant au Rassemblement du peuple français (RPF).
Il mourut le 28 février 1978 à Maisons-Alfort.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article74498, notice ROSSENTHAL Albert par Daniel Grason, version mise en ligne le 7 décembre 2020, dernière modification le 22 novembre 2022.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. 77 W 5357-301497. – Arch. Dép. Val-de-Marne, 1 Mi 2426. – Arch. Com. Maisons-Alfort, listes électorales. – Bureau Résistance GR 16 P 520 755. – État civil numérisé Paris Xème 10N357 acte n° 4824. – Site internet Match ID décès. – Notes d’Emmanuel Hagen.

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