JACQUINOT Marcel, Lucien

Par Jacques Girault

Né le 28 septembre 1893 à Sainte-Savine (Aube), mort le 12 février 1960 à Sainte-Savine ; ouvrier du livre puis professeur technique adjoint ; militant syndicaliste ; militant socialiste SFIO puis communiste dans l’Aube, déporté.

Fils d’ouvriers papetiers, Marcel Jacquinot, après avoir obtenu le certificat d’études primaires, suivit une formation professionnelle et travailla comme ouvrier papetier relieur dans l’imprimerie Leclanché à Sainte-Savine d’octobre 1906 à juillet 1941.

Jacquinot combattit de novembre 1914 à la fin de la guerre dans un régiment d’infanterie et fut démobilisé en mai 1919 comme soldat de deuxième classe.

Jacquinot fut membre des Jeunesses socialistes et du Parti socialiste SFIO depuis 1910. Il fut secrétaire de la section socialiste de Sainte-Savine d’orientation guesdiste. Après s’être prononcé en décembre 1920 pour l’adhésion à la Troisième Internationale, il fut le secrétaire de la section puis de la cellule communiste de Sainte-Savine de 1920 à 1925 et élu membre de la commission exécutive de la fédération communiste de l’Aube aux congrès fédéraux des 30 avril 1922 et 14 janvier 1923.

Marié en octobre 1920 à Sainte-Savine avec une ouvrière papetière devenue piqueuse en bonneterie, fille d’une ouvrière bonnetière, sympathisante communiste, parallèlement à son métier, Jacquinot était démarcheur pour la publicité de La Dépêche de l’Aube. De 1925 à 1930, il dirigea la « Lyre communiste » de Troyes et fut un des organisateurs des manifestations dans le département pour obtenir la libération d’André Marty, détenu à la prison de Clairvaux.

Jacquinot, depuis 1910, adhérait au Syndicat CGT du livre, et fut membre de la commission exécutive départementale. Il passa au syndicat CGTU lors de la scission et fut le secrétaire départemental à partir de 1925. Il fut candidat de la CGTU aux élections prud’homales du 24 novembre 1929 dans la section des travailleurs du Livre. Il le resta après l‘unification jusqu’en 1941. Il fut, en 1930, le responsable d’une grève aux établissements Leclanché.

À partir de la guerre, responsable et agent de liaison du groupe clandestin de Sainte-Savine, Jacquinot fut arrêté le 14 juillet 1941 par la police française à la suite d’une manifestation patriotique. Emprisonné à Clairvaux (15 juillet-23 septembre 1941, détenu au Camp de Rouillé (23 septembre 1941-1er mars 1942), aux prisons de Troyes (1er mars-8 juin 1942), de la Santé (8 juin 1942-28 juillet 1942), il fut condamné par la Cour spéciale de Paris, le 28 juillet 1942, à deux ans de prison et 8 000 francs d’amende pour « menées communistes ». Emprisonné à Fresnes (29 juillet 1942-22 août 1942), à Poissy, puis à Melun, à Poitiers, à Chalons, sa peine terminée, le 12 février 1943, remis au quartier allemand, après avoir été interné à Compiègne, il fut déporté à Buchenwald le 12 mai 1944 où il resta jusqu’au 21 avril 1945, participant aux activités des communistes dans le camp. Il rentra en France, le 28 mai 1945. Ayant perdu un œil pendant cette période, il fut reconnu invalide à 75 %.

Jacquinot fut reçu au concours de PTA et entra comme professeur de reliure au centre d’apprentissage de Troyes depuis en octobre 1945. Membre du Syndicat national de l’enseignement technique professionnel CGT, il fut le secrétaire de la section de Troyes d’octobre 1945 au 16 janvier 1951, après avoir été licencié de l’enseignement technique, le 12 décembre 1950.

Jacquinot, candidat régulier aux élections municipales de Sainte-Savine, adhérait depuis la fin de la Première Guerre mondiale à l’Association républicaine des anciens combattants et depuis la Libération aux amis des Francs-tireurs et partisans français.

Chômeur, Jacquinot apprit par une annonce parue dans l’Humanité, que le Centre de diffusion du livre et de la presse recrutait un relieur, se porta candidat. Il dut remplir une biographie et la section de montée des cadres du PCF le mit « à la disposition du CDLP », le 27 mai 1951.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article74664, notice JACQUINOT Marcel, Lucien par Jacques Girault, version mise en ligne le 11 octobre 2009, dernière modification le 26 mai 2018.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. du comité national du PCF. — SHD GR 16 P 304598. - La Dépêche de l’Aube, 1922-1923 et novembre 1929. — Mémorial de Buchenwald, Dora et Kommandos, édité par l’Association française Buchenwald, Dora et Kommandos, 1999. — Note de Jean-Pierre Besse. — Mairie de Sainte-Savine (M. Labbe) ; État civil de Sainte-Savine.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément