HUG Eugène, Marcel

Par Jean Maitron

Né le 12 septembre 1898 à Lure (Haute-Saône), mort le 11 janvier 1991 à Nevers (Nièvre) ; tourneur-outilleur ; syndicaliste CGTU, CGT puis FO et militant socialiste SFIO, communiste puis de nouveau socialiste ; conseiller municipal du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne).

Né d’un père tourneur à l’usine des automobiles Peugeot d’Audincourt qui se fixa dans cette ville. À douze ans, Eugène Hug était aide bobineur à la filature Sahler d’Audincourt puis il entra chez Peugeot et apprit le métier de tourneur-outilleur en même temps qu’il s’engageait dans la fanfare municipale. Le 9 avril 1915, il fut appelé sous les drapeaux et, en 1916, il appartint au 41e régiment d’artillerie qui fit campagne dans l’Aisne (Craonne). Blessé le 8 avril 1918, il retourna au front. Libéré en septembre 1919, décoré de la Croix de guerre, il revint chez Peugeot. Délégué d’atelier, il appartint à la commission administrative du syndicat puis fut secrétaire de l’intersyndicale des Établissements Peugeot.

Transféré à l’usine de Beaulieu le 9 mars 1921, il fut congédié en juillet 1921 alors qu’il était délégué au XVIe congrès de la CGT tenu à Lille, en même temps que Hintzi, Monnier et quelques autres. Ses camarades et lui-même fondèrent une coopérative métallurgique de production à Valentigney et finalement, en août 1922, ils partirent pour Marseille et l’Afrique du Nord, finalement Casablanca. Ils étaient de retour au printemps 1923. Le congrès syndical tenu à Montbéliard en février 1923 le désigna pour succéder à Cazals comme secrétaire de la 10e Union régionale CGTU regroupant Doubs, Haute-Saône et Territoire de Belfort. C’est Adrien Langumier* qui lui succéda dans ces fonctions. Son expérience militante était déjà étendue à cette époque puisque croyant et patriote, il était devenu, après l’épreuve de la guerre, athée et antimilitariste, et avait adhéré au Parti socialiste en 1919, au PC et à la CGTU ensuite.

Après avoir quitté la 10e Union régionale, Hug travailla à Arbouans, non loin d’Audincourt puis dans la banlieue de Strasbourg, à Molsheim (Bas-Rhin) chez Bugatti, enfin à Lons-le-Saunier (Jura). Il s’installa alors à son compte à Saint-Vit près de Besançon, bénéficiant d’une aide financière du Parti. Ne pouvant rembourser, il y eut problèmes et rupture. Il partit pour Paris, s’embaucha ici et là, chez Brandt notamment, à Châtillon-sous-Bagneux (Seine, Hauts-de-Seine) où il dirigea la grève de 1936. Après un passage dans l’anarchie, il adhéra au Parti SFIO. Devenu très hostile au Parti communiste, il s’affirma pour Munich puis, en 1939-1940, ce fut la débâcle.
Jusqu’à fin avril 1941, il travailla chez Math-Ford à Poissy comme chef d’équipe aux tours automatiques puis revint travailler à Châtillon-sous-Bagneux le 1er mai 1941. Requis pour l’Allemagne, il partit pour Berlin mais s’évada en cours de trajet. Il s’engagea alors en Beauce comme ouvrier agricole. Enfin, le 6 juin 1944, il revint à Audincourt et aida les maquisards. Démobilisé, il fut employé au service des contrôles de la direction des études de fabrication des armements (DEFA).

Passé à FO, il fut élu le 26 avril 1953 conseiller municipal socialiste SFIO du Kremlin-Bicêtre, et exerça les fonctions de premier maire adjoint à partir du 29 avril 1955. Elles cessèrent dès le 26 octobre 1956 en raison de son état de santé. La première magistrature municipale était occupée par Antoine Lacroix.

En 1959, il s’installait à Rouvroy-en-Santerre (Somme) et, l’année suivante, dans la Nièvre, aux Morins près de Pougues-les-Eaux. Il y vivait en 1982, avec sa femme.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article74692, notice HUG Eugène, Marcel par Jean Maitron, version mise en ligne le 12 octobre 2009, dernière modification le 14 janvier 2021.

Par Jean Maitron

ŒUVRE : Mémoires (1898-1980) d’un ouvrier du pays de Montbéliard. Le Croque-rave libertaire, par Eugène Hug et Pierre Rigoulot, Les Presses d’aujourd’hui, 1980, 590 p.

SOURCES : Arch. Dép. Val-de-Marne, 1 Mi 2426. — Mémoires (1898-1980) d’un ouvrier du pays de Montbéliard. Le Croque-rave libertaire, op cit. — Site Internet : deces.matchid.io.

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