JOURDAIN Marcel, Louis, Elisé

Par Daniel Grason

Né le 3 avril 1901 à Noyon (Oise), mort le 4 décembre 1978 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) ; mouleur ; communiste, volontaire en Espagne républicaine ; doriotiste.

Fils de Vincent, charpentier et de Clémence, née Hemont, Marcel Jourdain obtint à l’issue de sa scolarité le brevet. Il fit son service militaire dans l’artillerie, fut nommé sous-officier à l’issue d’une école de formation. Il travailla du 20 mars 1929 au 1er septembre 1934 chez Dupré, rue Debrozy à Saint-Denis (Seine, Seine-Saint-Denis). Du 12 septembre 1934 au 19 février 1937, il était aux usines Hotchkiss rue Bonnevide dans la même ville. Membre du Parti communiste depuis 1931, secrétaire de la cellule n° 924, membre du bureau de section de Saint-Denis, délégué CGT, membre de l’association d’aide à l’Espagne républicaine, il fut renvoyé en raison de ses activités.

Célibataire, il partit combattre dans les Brigades internationales en Espagne le 5 août 1937, Commissaire de bataillon, il était apprécié par le Service des cadres comme un « Bon camarade, politiquement faible ». Dès son retour en avril 1938, il aurait rompu avec le parti communiste. Lors de la déclaration de guerre en septembre 1939, il fut mobilisé au 11e Régiment du génie, affecté spécial en novembre. Il habitait avec sa mère 42 rue Ernest-Fabre à Pierrefitte, ville dont le maire communiste Albert Richard*, rallia le Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot*, Marcel Jourdain adhéra au PPF.

Le 24 décembre 1941 il était arrêté comme ex-milicien des Brigades internationales, sur instructions du commandant SS-Sturmbannführer Boemelburg qui dirigeait la SIPO et la Gestapo sur le territoire français. Interné à la caserne des Tourelles à Paris, XXe arr. Le 24 janvier 1942, il était admis à l’hôpital Tenon où il fut consigné.
Le 10 février 1942, le secrétaire d’État à l’Intérieur demandait une nouvelle enquête au préfet de police ainsi que son « avis sur l’opportunité d’une mesure de clémence ». Selon un rapport des Renseignements généraux du 28 février 1942, l’expérience espagnole de Marcel Jourdain lui aurait « révélé que les doctrines enseignées par le parti communiste ne correspondaient pas avec leur mise en application ni avec l’évolution de ses idées ».

Sollicité son ex-patron Dupré se porta garant de lui et s’engagea dans l’éventualité de sa libération à le « reprendre à son usine ». Le 20 avril, l’internement était rapporté, Marcel Jourdain libéré en ayant toutefois signé un « engagement sur l’honneur […] de respecter l’Œuvre et la Personne du Maréchal de France, Chef de l’Etat » Philippe Pétain. En août 1942, il adhéra à l’Olympique de Saint-Denis, association sportive sous le contrôle du PPF, il rejoignit le PPF, était titulaire de la carte 4595.

Il mourut à Saint-Denis le 4 décembre 1978.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article74699, notice JOURDAIN Marcel, Louis, Elisé par Daniel Grason, version mise en ligne le 19 mars 2012, dernière modification le 27 avril 2015.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. BA 2447 (notes de Jean-Pierre Besse), GA J3. – RGASPI 546.6.1043, BDIC Mfm 880/2 bis, RGASPI 545.6.44/4. – Arch. PPo. 1W1398 (transmis par Gilles Morin). – État civil, Noyon.

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