CHRISTOPHE Germaine [née CAMINADE Augusta, Germaine, Emilie]

Par Jean-Michel Brabant

Née le 17 juin 1897 à Toulouse (Haute-Garonne), morte le 24 décembre 1992 à Villejuif (Val-de-Marne) ; institutrice ; syndicaliste de la FUE puis du SNI, militante communiste puis trotskiste de Villejuif.

Fille d’Emilie Grigny et d’Auguste Caminade, employé aux chemins de fer, qui fut révoqué en 1920 lors des grandes grèves des cheminots, Germaine Caminade épousa le 25 août 1919 à Senouillac (Tarn) Roger Christophe dont elle suivit un itinéraire politique en tous points semblable.

Germaine Christophe adhéra en août 1919 au Parti SFIO pour s’engager activement dans le soutien au Comité de la IIIe Internationale, dont elle fit partie avant de rejoindre le Parti communiste dès sa création. Institutrice, elle suivit son mari dans ses différents déplacements professionnels et habita successivement dans la région d’Albi (Tarn) en 1922, puis dans celle de Tours (Indre-et-Loire) l’année suivante, avant de rejoindre la région parisienne. Elle fut élue trésorière du syndicat unitaire de l’Enseignement de la région parisienne, en 1928, 1930 et 1931.

Au printemps 1926, elle remplaça son mari à la tête du sous-rayon communiste de Nogent-le-Perreux (Seine, Val-de-Marne). Nommée à Villejuif, en 1928, elle noua des liens avec les militants communistes locaux. La police l’interpella le 21 février 1930, place d’Italie, lors d’une manifestation communiste : « Cette dernière se montra particulièrement agressive, traitant les gardiens d’assassins », déclarait un rapport (Arch. Nat., F7/13119). Lorsqu’elle fut exclue, avec son mari, du PC, la mesure ne fit pas l’unanimité. Elle entretenait de bons rapports avec la municipalité communiste de Villejuif qui lui avait confié, en 1929-1930, la direction de la colonie de vacances de Blois.

Déjà sensibilisée aux thèses développées par l’opposition de gauche, Germaine Christophe adhéra dès son exclusion, en avril 1933, à la Ligue communiste qui regroupait les partisans de Trotsky. Elle milita notamment dans la fraction que cette organisation animait dans l’enseignement de la Seine, et signa en août 1933 une pétition réclamant le respect de la démocratie syndicale à la CGTU.

Alors que son mari entrait dans un sanatorium en octobre, elle resta militante trotskiste et suivit la majorité de la Ligue lors de son adhésion au Parti SFIO. Germaine Christophe devint, en 1935, responsable de la section socialiste de Villejuif. Syndicaliste active, elle fut également secrétaire de la section du Syndicat national des instituteurs de Villejuif. Il y avait un Christophe et une Germaine au Comité central du Parti ouvrier internationaliste unifié en juin 1936. S’agit-il de Roger et Germaine Christophe ?

Le couple avait un enfant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article74833, notice CHRISTOPHE Germaine [née CAMINADE Augusta, Germaine, Emilie] par Jean-Michel Brabant, version mise en ligne le 18 octobre 2009, dernière modification le 8 mars 2021.

Par Jean-Michel Brabant

SOURCES : Arch. PPo. 304, avril 1930. — Les Semailles, novembre-décembre 1928. — La Vérité, 14 avril, 23 juin, 18 août 1933. — Témoignage autobiographique, 1970.

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