VIGNE Fernand, Henri

Par Michèle Rault

Né le 2 mars 1912 à Bessèges (Gard), mort le 17 janvier 1984 à Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne) ; charcutier ; employé à la coopérative de production et de distribution du film (1964-1971) ; directeur technique à la mairie de Villeneuve-le-Roi de 1973 à 1984 ; syndicaliste ; militant communiste ; résistant ; secrétaire général du Mouvement de la Paix (1949-1957) ; secrétaire du Conseil mondial de la Paix (1957-1961) ; domicilié à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) et à Villeneuve-le-Roi.

Fernand Vigne était le fils de Pierre Vigne, mineur du Gard, secrétaire de la Fédération CGT du Sous-Sol de 1924 à 1940. Il fit son apprentissage de charcutier à Athis-Mons (Seine-et-Oise, Essonne) avant de travailler chez Olida. Employé à l’usine Vouland d’Avignon (Société alimentaire de Provence), il était secrétaire du syndicat de l’Alimentation en 1936 et devint secrétaire adjoint de l’Union départementale des syndicats du Vaucluse après la réunification de 1936. Il adhéra au Parti communiste cette même année.

Secrétaire général de la Bourse du Travail d’Avignon au début de 1938, Fernand Vigne prit plusieurs fois la parole dans des meetings organisés par l’UD. Il fut secrétaire de l’UD du Vaucluse de 1937 à 1939. Au moment des conflits de l’Alimentation en 1938, il représenta les ouvriers de la SAP à la commission de conciliation. Qualifié de communiste, il remplaça Gaston Dijon au poste de secrétaire général de l’UD du Vaucluse en 1939. Mais, en novembre 1939, les communistes furent exclus du bureau. En 1940, il était inscrit sur la liste des « Français et étrangers suspects ».

Même s’il est difficile de reconstituer son parcours entre 1940 et 1944, il joua un rôle important dans la Résistance communiste dans le Sud-Est. Fin 1940, il se trouvait à Marseille (Bouches-du-Rhône) aux côtés de Raymond Latarget (voir ce nom) pour la reconstitution du Parti communiste dans la région. Il fut affecté au département du Var avec le pseudonyme de Roger. Il rejoignit Lyon début février 1941 après les arrestations qui touchèrent les militants de Toulon (Var) en janvier 1941. Il fut muté dans l’Isère où il replaça Alain Signor*. Il y lança la création du Front national. Il y fut remplacé par Antoine Poletti* dans l’été. Il aurait été arrêté à Lyon (Rhône) en mai 1942 d’après une enquête datée du 7 octobre de la même année. Libéré ou évadé, il prit des responsabilités chez les FTP. Peut-être interrégional, il aurait été basé un temps dans le Vaucluse où, en 1944, il était connu sous le pseudonyme de « Jacques ». Un rapport du 9 juin 1943 des Renseignements généraux signalait qu’il résidait à Avignon (Vaucluse) avec les pseudonymes de Béranger Maurice, Pons Ernest et encore Roger. Venant à plusieurs reprises à Marseille, il était reçu chez Louis Morin qui était un parent par alliance et qui avait été interné administrativement pour cela le 31 août 1942. À la Libération, homologué comme lieutenant-colonel, il fut liquidateur national des FTP et secrétaire général de l’Association des Anciens combattants des FFI et FTPF. Sa femme, Danielle Vigne qui avait été lieutenant FFI, fut membre du secrétariat départemental de la Seine de l’Association des Anciens combattants des FFI et FTPF.

Il suivit pendant une année l’école centrale du Parti communiste et fut un des secrétaires de Charles Tillon. Membre du bureau du Mouvement mondial de la Paix, il en devint le secrétaire général en 1949 puis, en avril 1957, succéda à Jean Laffite au poste de secrétaire du Conseil mondial de la Paix à Vienne (Autriche) jusqu’en septembre 1961.

Fernand Vigne s’établit à Ivry-sur-Seine dans les années cinquante. Sa femme, Danielle, était secrétaire du conseil local de la Paix dans cette commune. Il appartenait à la direction de la section communiste d’Ivry élue en 1964. Il fut employé à la coopérative de production et de distribution du film de 1964 à 1971. De 1973 à sa mort, il était directeur technique à la mairie de Villeneuve-le-Roi.

Fernand Vigne s’était marié le 4 juillet 1936 à Avignon (Vaucluse) avec Blanche Ricard. Veuf, il se remaria le 26 juillet 1945 à Paris (Xe arr.) avec Gabrielle, dite Danielle, Dutronc. Il était titulaire de la Légion d’honneur, de la Médaille de la Résistance et de la Médaille de Guerre avec étoile.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article74970, notice VIGNE Fernand, Henri par Michèle Rault, version mise en ligne le 21 octobre 2009, dernière modification le 6 juin 2021.

Par Michèle Rault

ŒUVRES : Assises nationales du peuple français pour la paix et la liberté, La France devant le désarmement allemand ; Désarmement et la bombe atomique. Rapports et comptes rendus des collèges [par Louis Martin-Chauffier, Pierre Bicquard, le général Petit]. - Le Conseil communal, extraits du discours prononcé par Fernand Vigne à Vieux-Condé (Nord), le 30 janvier 1949. [Avant-propos, par Jean Cassou], Paris, les Combattants de la liberté et de la paix, 1949.

SOURCES : Arch. Dép. Vaucluse, 1 M 817, 823, 831, 842, 10 M 35, 36, 37. — Arch. dép. Bouches-du-Rhône 5 W 202 (dossier Morin). — Rens. M. Dijon et M. Mothes. — S. Courtois, Th., op. cit. — Notes de J.-P. Besse. — Arch. Com. Ivry-sur-Seine. — Notes de Jean-Marie Guillon et de F. Roux.

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