TOGLIATTI Palmiro. Pseudonymes : CORRENTO Mario, ERCOLI Ercole (DBK)

Par Aldo Agosti (traduit par Bruno Groppo)

Né le 26 mars 1893 à Gênes (Italie), mort le 21 août 1964 ; dirigeant communiste itatien et responsable du Komintern, un temps émissaire de l’Internationale communiste en France.

Né dans une famille de la petite bourgeoisie piémontaise (le père était employé), Togliatti fit ses études secondaires à Sassari, en Sardaigne, et ses études universitaires à Turin, en fréquentant, en plus des cours de la Faculté de droit, à laquelle il était inscrit, ceux de la Faculté de lettres et philosophie, où il connut Antonio Gramsci et noua avec lui une étroite amitié. Sa formation culturelle fut certainement marquée par le climat de réaction contre le positivisme qui avait trouvé son expression en Italie dans la revue La Voce, et fut directement influencée par la culture française d’orientation sorelienne et sa dure critique de la démocratie représentative. À travers la lecture des Cahiers de la Quinzaine de Charles Péguy, Togliatti découvrit aussi l’universalisme romantique de Romain Rolland, qui devait laisser une empreinte profonde sur de nombreux jeunes de sa génération. Il adhéra au Parti socialiste (PSI) dans les premiers mois de 1914 et, lorsque la guerre éclata, il se montra gêné, tout comme Gramsci, par le neutralisme du Parti, au point que, bien qu’ayant été déclaré inapte au service militaire, il s’enrôla néanmoins comme volontaire dans la Croix-Rouge.
La fin du conflit mondial le vit toutefois situé à l’extrême gauche du Parti socialiste à Turin et parmi les fondateurs, au printemps de 1919, avec Gramsci, Tasca et Terracini, de la revue L’Ordine Nuovo (« L’Ordre Nouveau »), qui devint rapidement l’organe des conseils d’usine, alors en plein développement dans la ville. Après l’occupation des usines (août-septembre 1920), en raison de l’attitude incertaine adoptée à cette occasion par le PSI et la Confédération Générale du Travail (CGL), il se convainquit de la nécessité de la scission et prit fermement position pour la fraction communiste. Après le congrès de Livourne, qui vit la naissance du PCdI (Parti communiste d’Italie), ses positions furent pendant longtemps impossibles à distinguer de celles d’Amadeo Bordiga, qui était devenu le secrétaire du Parti et qui entra rapidement en conflit avec l’Internationale communiste (IC), en refusant toute hypothèse de « front unique ». En juin 1923 le Troisième plénum de l’IC le désigna d’autorité membre du Bureau politique : peu enclin à accepter les indications du Komintern sur la fusion avec le PSI, après avoir été arrêté une première fois en septembre 1923 il commença à s’éloigner des positions de Bordiga et, sous l’influence de Gramsci, il joua un rôle non secondaire dans la formation du groupe dit « centriste » qui prit le contrôle du Parti en battant la gauche.

En juillet 1924 il participa comme délégué du PCdI aux travaux du Ve congrès du Komintern : relativement peu intéressé jusqu’alors par les questions internationales et surtout peu au courant des rudes divergences qui existaient au sein du Parti russe, Togliatti commença à cette occasion à se distinguer comme l’un des cadres les plus capables et les moins « provinciaux » du mouvement communiste international. Avec le pseudonyme de « Ercoli », sous lequel il sera surtout connu pendant presque vingt ans, il devint membre effectif du Comité exécutif de l’IC.

En février 1926, après le congrès de Lyon, où le nouveau groupe dirigeant gramscien s’affirma et la gauche de Bordiga fut marginalisée, il fut envoyé à Moscou comme délégué du PCdI auprès de l’Exécutif et il y resta pendant plus d’un an. En octobre 1926, immédiatement avant l’arrestation de Gramsci, il ne partagea pas les réticences de ce dernier sur les méthodes avec lesquelles la majorité du Parti russe était en train de liquider l’opposition. Il se lia étroitement à Humbert-Droz* et fit partie avec lui du groupe restreint de cadres dont Boukharine, qui avait succédé de facto à Zinoviev* dans la direction du Komintern, s’entoura pour assurer une plus grande participation des partis membres à la direction de l’organisation. Dans cette fonction il commença à s’occuper assidûment des problèmes des autres partis et spécialement duPCF. À l’égard de ce dernier il nourrit pendant longtemps des réserves liées aux modalités de son processus de formation, comme résultat d’un compromis entre les différents courants existants à son origine et d’une rupture insuffisamment nette avec la social-démocratie, qui se reflétaient, à son avis, dans une succession de groupes dirigeants non accompagnée par une clarification réelle de la ligne politique. Malgré cela, au 6e plénum il appuya Semard* et s’affirma en faveur de sa confirmation à la tête du PCF, tout en formulant certaines critiques à son égard. Plus tard, tout en consacrant une grande partie de son travail au PCI, dont il était devenu le principal dirigeant après l’arrestation de Gramsci, il eut l’opportunité, à plusieurs occasions, de croiser son chemin avec celui du PCF. Surtout après que le Centre étranger du PCI se déplaça à Paris et qu’il s’y installa lui-même de manière stable au début de 1929, il eut avec les dirigeants du PCF des frictions qui reflétaient les difficultés de coordonner l’organisation des communistes italiens émigrés en France, mais qui témoignaient surtout d’un jugement critique sur l’orientation du Parti français. Dans sa correspondance avec Jules Humbert-Droz*, il critiqua ouvertement le légalitarisme du PCF, qui dans l’été 1927 avait conduit certains de ses députés à s’abstenir à propos de la demande d’abolition de l’immunité parlementaire de certains de leurs camarades et qui avait induit certains militants condamnés à se présenter spontanément à la prison. Avec Boukharine et Humbert-Droz*, il fut parmi ceux qui recommandèrent au Parti français la tactique « classe contre classe » aux élections législatives de 1928. D’après le témoignage de Humbert-Droz*, Thorez aurait mis son veto, au nom du PCF, à la nomination de Togliatti comme représentant de l’Internationale auprès du PCF. En janvier 1928, au 9e plénum de l’Exécutif élargi, il fit partie de la commission française. À cette occasion il formula des réserves sur la manière dans laquelle l’IC était intervenue dans les questions du PCF et critiqua en même temps la façon dans laquelle ce dernier était passé du légalitarisme à une application extrême de la tactique « classe contre classe » (« la position qui consiste à laisser à la démocratie la tâche de lutter contre la réaction est une position complètement erronée »). En ramenant encore une fois l’oscillation de la ligne du PCF entre « opportunisme de droite » et « opportunisme de gauche » aux vices d’origine de sa formation, Togliatti signalait la nécessité, pour le PCF, de mettre en œuvre une politique nouvelle en direction des couches intermédiaires de la population, surtout en élargissant sa base parmi les paysans.

Le tournant à gauche de l’IC après le 10e plénum et les dures accusations formulées à l’égard du groupe dirigeant du PCI à cause de ses hésitations à s’y aligner firent que pendant quelques années Togliatti s’occupa exclusivement des questions du Parti italien, en limitant au minimum son implication dans les vicissitudes des autres sections du Komintern. Face au changement de ligne qui commença à s’amorcer dans l’Internationale au printemps de 1934, Togliatti se montra au début très prudent, craignant de compromettre par des initiatives inconsidérées son Parti, qui avait été constamment objet de critiques à cause des maigres résultats de son action en Italie. Son commentaire sur les événements de février 1934 fut d’une extrême prudence : l’article publié en mars et intitulé « La marche du fascisme en France » se distinguait par une analyse pénétrante du processus de « fascisation » de la IIIe République, mais il ne contenait encore aucune reconnaissance de la nouveauté de la situation et insistait sur la fonction contre-révolutionnaire de la social-démocratie. Appelé à Moscou en juillet 1934 pour participer aux travaux des commissions préparatoires du VIIe congrès, Togliatti modifia toutefois graduellement sa position, se rapprochant de celle de Dimitrov* et de Manouilski, désormais favorables à l’application du « front unique par le haut ». En octobre 1934, il fut envoyé à Paris pour organiser la solidarité internationale avec le prolétariat espagnol frappé par la répression mise en œuvre par le gouvernement de centre-droit. Mais sa mission incluait aussi, évidemment, une évaluation attentive de la situation politique française, sur laquelle il envoya des rapports détaillés à Manouilski et à Dimitrov. Par rapport à la question qui se posait à ce moment-là

— la transformation du front unique en front populaire, poursuivie avec détermination par une partie du groupe dirigeant du PCF — l’attitude de Togliatti apparaissait dominée par une incertitude de fond. D’une manière générale, il n’était pas hostile à élargir à d’autres groupes sociaux la politique d’alliances de la classe ouvrière ; mais il craignait que cet élargissement puisse engluer le PCF dans une manoeuvre au sommet qui aurait pu affaiblir sa capacité de mobilisation et d’initiative politique. Cette attitude était dictée probablement tant par la prudence à laquelle s’en tenaient encore les dirigeants du Komintern que par sa méfiance personnelle à l’égard des tendances « à faire bloc » des communistes français. Il est certain que Togliatti, transmettant un message de l’Exécutif, déconseilla à Thorez* de lancer sa proposition d’élargissement du front unique antifasciste au Parti radical. En revanche l’affirmation de Giulio Ceretti*, dans son témoignage publié beaucoup d’années plus tard, selon laquelle Togliatti l’aurait sollicité en privé à faire pression sur Thorez* afin qu’il n’abandonnât pas son initiative, apparaît moins crédible. Sa préoccupation dominante, telle qu’elle s’exprime dans les rapports envoyés à Moscou le 19 novembre, semble être en réalité celle de « faire ressortir plus nettement, publiquement, la différence entre la politique de notre Parti et la politique des socialistes », et d’insister sur la nécessité que le front populaire ne soit pas une simple coalition de partis, mais qu’il donne naissance d’en bas à de nouveaux organismes unitaires, « sous la forme de comités élus, et qu’en même temps on développe largement un mouvement d’autodéfense de masse. Voilà ce que le PCF oublie toujours, et qui est la clé de tout développement révolutionnaire de notre politique ».

De Paris, dans la première moitié de décembre 1934, Togliatti se rendit aussi à Bruxelles et y rencontra, en plus des dirigeants du Parti communiste belge, deux représentants de la gauche du Parti ouvrier belge (POB), Paul-Henri Spaak et Albert Marteaux. Une connaissance plus approfondie de la situation belge, où le débat sur le « Plan du Travail » d’Henri De Man était vif, l’incita — bien qu’il prît fermement position contre le caractère « réactionnaire » de ce dernier — à regretter le retard du mouvement communiste dans l’élaboration d’ » objectifs transitoires » et de politiques concrètes de gouvernement.

Dans l’ensemble, même s’ils contenaient quelques critiques à l’égard de la ligne adoptée concrètement par le PCF, les rapports envoyés à Moscou par Togliatti de France et de Belgique influèrent probablement sur la décision du Présidium de l’IC, qui approuva le 19 décembre 1934 le rapport de Thorez* sur la politique du PCF et officialisa l’appui sans réserve à la ligne du front populaire. À partir de ce moment, même la position de Togliatti en faveur de cette ligne devint plus nette, tandis que son autorité était consacrée, immédiatement après le VIIe congrès, par sa nomination au Secrétariat du Komintern ; toutefois il ne manqua pas d’exprimer dans certaines occasions ses réserves à propos de la politique du PCF, par exemple en critiquant, dans une lettre du 2 avril 1935 aux camarades italiens, le discours de Thorez contre le projet du gouvernement de porter à deux ans la durée du service militaire, discours qu’il considérait en contradiction avec la nécessité de tout subordonner à la lutte contre l’ » ennemi principal », c’est-à -dire le fascisme allemand qui menaçait la sécurité de l’URSS. Plus tard il se montra hostile à l’entrée des communistes français dans le gouvernement de front populaire, et il ne manqua jamais de souligner qu’en Italie la capacité des communistes de pénétrer dans les organisations de masse du régime en s’appuyant sur ses contradictions internes était non moins et peut-être plus importante que l’accord avec les partis antifascistes.

Dans les années de la « grande terreur » Togliatti unit énergiquement sa voix au choeur des dénonciations contre les « bandits trotskistes », et, comme les autres dirigeants du Secrétariat, put faire bien peu ou rien contre la vague de répression qui s’abattit aussi sur les cadres du Komintern, bien que son intervention pour permettre à Willy Münzenberg* de sortir d’URSS soit significative.

En juin 1937, Togliatti se rendit de nouveau en France, pour préparer et suivre la rencontre qui eut lieu à Annemasse entre les délégations des deux Internationales en vue d’organiser des actions communes en faveur de l’Espagne républicaine. En cette fonction, il transmit à Thorez* les instructions de l’IC et informa quotidiennement Moscou sur l’avancement des pourparlers. Immédiatement après, il partit pour l’Espagne, où il devint de facto le principal responsable politique de l’Internationale communiste, en se distinguant — non sans se heurter à ses prédécesseurs, parmi lesquels André Marty* — par son engagement à promouvoir au sein du Parti espagnol un groupe dirigeant à la hauteur de la situation. Ses rapports, envoyés d’Espagne à Moscou, restent l’un des documents les plus intéressants pour comprendre la politique de l’IC pendant la guerre civile.

Après avoir quitté aventureusement l’Espagne dans les derniers jours de la défaite républicaine, il retourna à Moscou, où il ne resta que quelques semaines, parce que le Secrétariat l’envoya de nouveau à Paris en juillet 1939 tant pour s’occuper des questions du PCI que, surtout, pour superviser la formation d’un centre clandestin du Komintern en Europe occidentale à la veille d’une guerre considérée désormais comme imminente. Il fut surpris à Paris par l’annonce du pacte Molotov-Ribbentrop. Au début son attitude à l’égard du pacte ne fut pas différente de celle des communistes français, supposant qu’on pouvait le concilier avec la continuation d’une politique antifasciste (il aurait déclaré à un camarade italien que le PCF aurait dû prendre, dans la guerre imminente contre l’Allemagne, une position comparable à celle de Clemenceau pendant le premier conflit mondial). Le 1er septembre il fut arrêté rue Charlot, dans un local mis à disposition des camarades italiens par le PCF : interrogé et probablement non reconnu immédiatement dans sa véritable identité, il fut écroué à la prison de Fresnes et puis à la Santé, où il resta jusqu’à février 1940, lorsque le second Tribunal militaire permanent le condamna à six mois de réclusion (déjà purgés) pour usage de faux documents. Beaucoup d’indices laissent supposer que toute l’affaire fut suivie attentivement par l’ambassade soviétique et ses agents, qui réussirent probablement à utiliser les leviers justes (entre autre en déboursant, paraît-il, la somme de 4 000 F) pour obtenir sa libération et surtout pour lui éviter l’internement dans le camp du Vernet auquel il aurait été destiné dès sa sortie de prison. Resté caché en France pendant quelques semaines, au cours desquelles il s’activa pour réorganiser le Parti italien, il passa en Belgique et à Anvers il s’embarqua pour l’URSS, où il arriva en mai 1940. Sa position politique et personnelle était probablement devenue assez difficile après son arrestation, attribuée aussi à son imprudence, mais l’appui de Dimitrov* lui permit de surmonter indemne ce moment critique et de conserver ses fonctions au sein du Secrétariat. Après l’agression allemande contre l’URSS, Togliatti continua à remplir des fonctions de direction de la propagande politique, s’occupant en particulier des émissions radio en direction de l’Europe occupée. Son nom figure parmi ceux des signataires de la résolution de dissolution du Komintern.

Ayant enfin obtenu l’assentiment des Soviétiques et l’autorisation des autorités alliées à rentrer en Italie, Togliatti eut, à la veille de son départ le 4 mars 1944, un entretien avec Staline* au cours duquel fut définie la ligne du PCI face au gouvernement Badoglio : depuis déjà plusieurs mois Togliatti avait montré qu’il considérait nécessaire la participation du PCI à ce gouvernement. Après son arrivée à Naples le 27 mars 1944, Togliatti fut sans interruption, jusqu’à sa mort, le secrétaire et le chef reconnu du Parti communiste italien, qu’il guida, avec une politique habile et souple, vers la conquête du rôle de parti majoritaire au sein de la gauche en Italie. Comme on sait, l’approche du PCI ne fut pas significativement différente, au début, de celle du PCF pour ce qui concerne la stratégie de la « démocratie progressive », mais s’en écarta plutôt dans la conception du Parti (qu’il voulut ouvertement plus « de masse » que son homologue français), et dans une certaine mesure dans la politique des alliances. Les chemins pris par les deux partis se différencièrent plus profondément après 1956, lorsque la revendication par Togliatti d’une direction polycentrique du mouvement communiste international et sa conception des « réformes de structure » se heurtèrent aux critiques du PCF. L’attention de Togliatti pour la situation française resta toujours vive, se réveillant en particulier à l’occasion de la crise finale de la IVe République, qui l’incita dans un premier temps à dénoncer avec force le danger d’une dictature fasciste en France. Les réflexions formulées dans le « mémorial de Yalta », rédigé à la veille de sa mort survenue dans cette localité le 21 août 1964, contenaient aussi, toutefois, en même temps qu’une évaluation plus critique de la réalité des pays socialistes, l’incitation à approfondir au-delà des schémas traditionnels l’analyse des mutations intervenues dans les pays capitalistes avancés.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75000, notice TOGLIATTI Palmiro. Pseudonymes : CORRENTO Mario, ERCOLI Ercole (DBK) par Aldo Agosti (traduit par Bruno Groppo), version mise en ligne le 25 octobre 2009, dernière modification le 27 janvier 2010.

Par Aldo Agosti (traduit par Bruno Groppo)

SOURCES : Archivio centrale dello Stato, Roma. — Archivio del Pci, Fondazione istituto Gramsci, Roma (1917-1940) : Archivio Palmiro Togliatti, Carte dellascrivania, Fondazione Istituto Gramsci ; Archivio Palmiro Togliatti, Carte raccolte da Ferri e Amadesi. — RGASPI : Fonds concernant particulièrement l’activité de Togliatti : 495/221/1 : dossier personnel495/10a/376 (Secrétariat du Secrétaire IKKI D.Manouilski), 495/12, d. 1-173 (Secrétariat du Secrétaire IKKI M. Ercoli), 495/73-77 (Secrétariat du Secrétaire général de l’IKKI Georges Dimitrov), 494/1/434 (Septième congrès du Komintern).

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