BONNEFOIX Jean, René

Par Daniel Grason, Michèle Rault

Né le 25 octobre 1898 à Paris (Ve arr.), fusillé comme otage le 11 août 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; chauffeur ; militant communiste d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) ; résistant.

Jean, René Bonnefoix
Jean, René Bonnefoix
Cliché fourni par sa famille

Jean Bonnefoix, fils d’Eugénie Puech, vingt-quatre ans, et d’Antoine Bonnefoix, brocanteur, fut reconnu le 23 avril 1899. Il fut légitimé par leur mariage le 22 juillet 1899 en mairie du Ve arrondissement de Paris. Jean Bonnefoix épousa Marthe Bonal le 15 novembre 1919 en mairie d’Ivry-sur-Seine. Le couple habita 41 rue Raspail dans cette ville et eut trois enfants. Jean Bonnefoix exerça la profession de chauffeur dans plusieurs entreprises ivryennes, notamment chez Turquetil, avant de devenir ambulancier au service de la mairie.
Militant du Parti communiste français (PCF), il fut interpellé par la gendarmerie le 3 août 1940 pour propagande communiste, mais l’affaire n’eut pas de suite. Le 1er avril 1942, un homme le dénonça au commissariat de police d’Ivry-sur-Seine comme communiste se livrant à la propagande clandestine. En fait, Jean Bonnefoix utilisait l’ambulance municipale pour transporter des tracts.
Le 23 juin 1942, des inspecteurs de la BS1 arrêtèrent Édouard Rodde. Lors de la perquisition de son domicile, un papier fut découvert sur lequel il était écrit : « Ambulance d’Ivry – demander M. Bonnefoix à 8 h 30 le matin – présenter passe Ambulance d’Ivry, derrière la mairie d’Ivry au début de la rue Raspail – déchirer ce papier ». Jean Bonnefoix fut interpellé le même jour, emmené dans les locaux des Brigades spéciales où il fut interrogé, puis emprisonné le jour même au dépôt de la préfecture de police. Le 10 août 1942, il fut livré aux Allemands au fort de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis).
Le lendemain 11 août, quatre-vingt-huit otages, dont Jean Bonnefoix, furent passés par les armes au Mont-Valérien. Le même jour, le journal collaborationniste Le Matin publia un « Avis » signé d’un responsable SS : « Malgré plusieurs avertissements, le calme a à nouveau été troublé sur certains points de la France occupée. Des attentats ont été perpétrés contre des soldats allemands par des terroristes communistes à la solde de l’Angleterre. [...] J’ai en conséquence fait fusiller 93 terroristes qui ont été convaincus d’avoir commis des actes de terrorisme ou d’en avoir été complices. »
Le corps de Jean Bonnefoix, incinéré au Père-Lachaise, fut inhumé dans le carré des corps restitués du cimetière d’Ivry-sur-Seine. Son nom figure sur une plaque apposée dans le hall de la mairie : « À la mémoire des employés de la ville d’Ivry-sur-Seine morts pour la France 1939-1945. » Le conseil municipal donna, le 27 juillet 1945, le nom de Jean-Bonnefoix à la rue de Beauvais. Marthe Bonnefoix, son épouse, fut entendue par la commission d’épuration de la police sur les circonstances de l’arrestation de son mari.
Sa fille aînée, Antoinette, militante au PCF, fut incarcérée à Châteaubriant de Noël 1940 au printemps 1942. Son fils, Jean, édita et distribua des tracts en 1940-1941 avec ses camarades du fort d’Ivry.
Un homme, Pierre Blain, soupçonné d’être l’auteur de la dénonciation de Jean Bonnefoix le 1er avril 1942 à la police, fut abattu comme traître le 2 février 1944 par le FTP Georges Ruet.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75016, notice BONNEFOIX Jean, René par Daniel Grason, Michèle Rault, version mise en ligne le 26 octobre 2009, dernière modification le 18 juin 2020.

Par Daniel Grason, Michèle Rault

Jean, René Bonnefoix
Jean, René Bonnefoix
Cliché fourni par sa famille
Jean Bonnefoix
Jean Bonnefoix
Fichier de l’Association des familles de fusillés, Musée de la résistance nationale
Jean Bonnefoix. (Arch. PPo.)
Jean Bonnefoix. (Arch. PPo.)

SOURCES : Arch. PPo., BA 2117, BA 2297, KB 30, PCF carton 13 rapports hebdomadaires sur l’activité communiste pendant l’Occupation. – DAVCC, Caen, otage B VIII dossier 3 (Notes Thomas Pouty). – Arch. com. Ivry-sur-Seine. – Notes Nicolas Bonnefoix. – Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit.Le Matin, 11 août 1942. – Site Internet Mémoire des Hommes. – Site Internet CDJC XLV-45. – Mémorial GenWeb. – État civil, Paris (Ve arr.).

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 143 cliché du 14 juillet 1942.

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