CLERVILLE Édouard

Par Michèle Rault

Né le 4 mars 1898 à Pandrigues (Corrèze), mort en action le 23 août 1944 à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) ; tourneur, parqueteur puis commerçant ; secrétaire de l’Union sportive du Travail d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) ; résistant FTPF.

Édouard Clerville en 1930
Édouard Clerville en 1930
[Arch. Com. Ivry-sur-Seine]

Fils de Jeanne Poujade, cuisinière, Édouard Clerville fut légitimé par sa mère et Léon Clerville à Saumur (Maine-et-Loire). Au lendemain de la Première Guerre mondiale, Il habitait le quartier d’Ivry-Port (Seine, Val-de-Marne). Tourneur, il travailla avec son père à la Compagnie française de matériel de chemin de fer puis dans un magasin de papiers peints du Faubourg Saint-Antoine dont il fut renvoyé pour avoir fait grève le 1er mai 1922. L’année suivante, il fonda aux établissements André Kolle, le premier syndicat du papier peint. Mis à pied à nouveau pour son action syndicale, il devint parqueteur puis ouvrit un commerce de fruits et légumes.

Sportif – il pratiquait lui-même la course à pied et le football –, Édouard Clerville participa à la création de l’Union sportive du Travail d’Ivry-sur-Seine (USTI) dont il fut le secrétaire de 1921 à 1933 et où il se maria le 11 février 1922 avec Lucienne Richard. Il était aussi un des Ivryens à militer aux Jeunesses socialistes. Avec sa femme, il fut à l’origine du « Groupe libre d’études sociales d’Ivry-sur-Seine » qui organisait des rencontres entre ouvriers et étudiants, notamment protestants et libertaires. Ce fut à ce titre qu’il créa une colonie de vacances en Suisse puis dans le Jura qui fonctionna jusqu’en 1939.

Les Clerville accueillirent de nombreux réfugiés, allemands et espagnols qui fuyaient soit la montée du fascisme soit le général Franco, dans leur épicerie située rue Jules Coutant (aujourd’hui rue Danielle Casanova).

En 1943, Édouard Clerville entra dans les FTPF. Chef de groupe, responsable du ravitaillement de la ville, il trouva la mort au cours d’une mission que lui avait confiée le Comité local de Libération le 22 août 1944, dans le cadre des combats de la libération. Il fut déclaré mort le 23.
Il a été inhumé dans le carré des fusillés du nouveau cimetière communal.
Reconnu Mort pour la France, il a été homologué FFI.

À la Libération, une plaque commémorative fut apposée devant la mairie et le nom d’ Édouard Clerville fut donné à un stade d’Ivry, rue Lucien Selva, construit en 1952.

Sa femme avait été trésorière de l’USTI qu’elle avait contribué à créer, notamment avec son frère Gaston Richard, conseiller municipal d’Ivry-sur-Seine de 1925 à 1929.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75020, notice CLERVILLE Édouard par Michèle Rault, version mise en ligne le 7 mars 2016, dernière modification le 14 décembre 2019.

Par Michèle Rault

Édouard Clerville en 1930
Édouard Clerville en 1930
[Arch. Com. Ivry-sur-Seine]

SOURCES : Arch. Com. Ivry-sur-Seine. — SHD Vincennes GR 16 P 133899. — AVCC Caen AC 21 P 46315. — Notes de Jean-Pierre Besse. — État civil en ligne cote 2E_158_10, vue 121.

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