GURFINKIEL Reine [épouse LANDAIS , compagne LACAZETTE Régine, épouse LERICHE dite Régine LACAZETTE-LERICHE]

Par Claude Pennetier

Née le 28 juillet 1909 à Varsovie (Pologne) ; morte le 10 novembre 1973 à Paris (VIIe arr.) ; militante communiste domiciliée à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) ; permanente syndicale puis documentaliste à l’Éducation nationale ; résistante.

Élevée dans le ghetto de Varsovie, Régine Gurfinkiel eut une action politique, dans le milieu lycéen, en faveur du communisme dès l’âge de seize ans. La police l’arrêta deux fois l’année suivante.

Après le baccalauréat, l’absence de perspectives de travail la conduisit à partir, en 1927, pour Paris où elle s’inscrivit à l’École des sciences politiques. C’est après l’obtention de son diplôme qu’elle apporta son aide au mouvement syndical. Elle débuta au bureau de la documentation de la CGTU avec Georges Politzer. En 1932, elle travaillait à la coopérative ouvrière La Bellevilloise, où elle fit la connaissance de René Landais qu’elle épousa en mai 1932 et dont elle se sépara quelques mois plus tard après un voyage romantique à Majorque. Elle divorça de René Landais en juillet 1939. Dans son autobiographie, René Landais ne donne jamais son nom. Il se contente de la nommer "Régine". Quand il était en Espagne, aux Brigades internationales, elle lui envoyait des livres (comme, par exemple, L’Espoir de Malraux qu’il lisait en 1938 pendant la bataille de l’Èbre). Après avoir quitté La Bellevilloise pour la Grange aux Belles sous la direction de Georges Politzer*. En 1936, elle travaillait à la rédaction des publications du syndicat des Métaux de la région parisienne avec Jean-Pierre Timbaud, Henri Gauthier et Maurice Lacazette. La rencontre avec ce dernier, qui avait le même âge, marqua sa vie. Elle devint sa compagne (seules les circonstances de la guerre – il ne put obtenir son divorce que le 19 juin 1942 – les empêchèrent de légitimer leur union).

Militants du Parti communiste clandestin, ils durent quitter leur logement du XVe arr. à l’automne 1940 et vivre sous des noms d’emprunt dans des « planques » diverses. Elle aida activement Maurice Lacazette dans son activité de résistance et organisa son évasion après son arrestation du 16 mai 1942. À partir d’août 1942, ils reprirent leur action dans la région parisienne puis à Nantes. Lorsque Maurice fut à nouveau arrêté le 19 janvier 1943, elle réussit à s’échapper et put, par la suite, prendre contact avec son compagnon emprisonné. Celui-ci, condamné à mort, lui fit parvenir, avant d’être fusillé, plusieurs lettres bouleversantes. Elle reprit son action résistante aux cotés du commandant FTPF Gilles (Joseph Epstein) et eut ainsi l’occasion de rencontrer Manouchian. Au début de l’année 1944, on lui confia la confection du journal France d’abord, fonction difficile et dangereuse qu’elle mena à bien jusqu’à la libération de Paris.

La rédaction de France d’abord l’envoya comme correspondante sur le front. À son retour, Laurent Casanova lui laissa le choix entre une intégration dans la fonction publique et un poste de permanent. Ayant retenu cette dernière solution, elle travailla à la Vie ouvrière avec Fernand Leriche qui devint son mari le 6 janvier 1951, puis à la Fédération syndicale mondiale (rédaction de la revue Le Mouvement syndical mondial), à Paris puis Bruxelles et Vienne. Elle finit sa carrière de permanente au service de documentation de la Fédération des travailleurs de la Métallurgie avant d’entrer, en 1959, comme documentaliste à l’Éducation nationale. Très affectée par la guerre (outre les événements cités plus haut, elle avait appris la mort de sa famille au camp de concentration de Tréblinka), Régine Lacazette-Leriche mourut tragiquement à l’âge de soixante-quatre ans.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75040, notice GURFINKIEL Reine [épouse LANDAIS , compagne LACAZETTE Régine, épouse LERICHE dite Régine LACAZETTE-LERICHE] par Claude Pennetier, version mise en ligne le 28 octobre 2009, dernière modification le 16 décembre 2021.

Par Claude Pennetier

SOURCES : L’Humanité, novembre 1973. – Henri Jourdain, Comprendre pour accomplir, Éditions sociales, 1982, p. 59. – Lettres des fusillés, préface de Jacques Duclos, Paris, 1958. — Archives privées de Renée Olive, fille de René Landais, Thuir, Pyrénées-Orientales. —René Landais, Autobiographie inédite, tapuscrit, 1978, 127 p. – Souvenirs écrits de Régine Lacazette-Leriche communiqués par Fernand Leriche (documents déposés au Musée de la Résistance). – Témoignage de Fernand Leriche. – Paul Louis Rossi, Régine, Julliard, 1990. – Notes d’André Balent (liaison et mariage avec René Landais).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément