CALMUS Charles

Par Madeleine Leveau-Fernandez

Né en 1843 à Paris, mort le 2 septembre 1908 à Gentilly (Seine, Val-de-Marne) ; ouvrier corroyeur ; socialiste guesdiste ; membre du Parti ouvrier (PO) ; élu conseiller municipal de Gentilly en 1898 ; maire de Gentilly de 1904 à 1908.

On trouve la première trace de Charles Calmus à Gentilly en 1891, date à laquelle il était inscrit sur les listes électorales. Il était alors âgé de quarante-huit ans, était ouvrier corroyeur et habitait, avec sa femme et son fils, au n° 13 de l’impasse Thiberville.

Dans la mouvance socialiste, Charles Calmus intégra le Parti ouvrier (PO) de Gentilly dès son arrivée dans la commune. En 1897, il devenait président de son groupe et, l’année suivante, lors des municipales de 1898, il fut présenté en tête de liste du PO La municipalité resta à droite, mais, sur les 23 conseillers municipaux, neuf membres du Parti ouvrier étaient élus, dont Charles Calmus.

Lors de l’installation du nouveau conseil municipal, le 12 novembre 1898, Charles Calmus demanda la parole pour une motion d’ordre. Le maire, Alexandre Legrain, lui fit remarquer l’inopportunité de son intervention mais, face à l’insistance de Calmus, force a été de lui donner la parole. Après avoir lu la motion contestant les choix budgétaires de la municipalité, Charles Calmus et les huit autres nouveaux élus du PO se levèrent et quittèrent la salle. Au cours de la séance du 21 février 1899, il proposa au nom de son groupe d’instituer un impôt sur le cheval vapeur : « Considérant que le développement du machinisme en régime capitaliste jette tous les jours un nombre plus considérable d’ouvriers au chômage, émet le vœu d’établir une taxe de 5 centimes par cheval vapeur sur toutes les machines à vapeur, hydrauliques, moteurs à gaz et à pétrole, afin de permettre la création d’une caisse nationale contre le chômage et l’alimentation des caisses de retraite des ouvriers. »

Les municipales de 1904 confirmèrent l’implantation du PO à Gentilly et Charles Calmus était élu premier magistrat de la Ville avec 22 voix sur 23 conseillers, devenant ainsi le premier maire ouvrier de Gentilly. Il a pratiqué une politique sociale avec, par exemple, la mise en place d’un secours mensuel pour les vieillards indigents. Considérant le logement ouvrier comme un véritable problème, il proposa la création d’une société d’HBM., ce qu’il ne pût réaliser car les offices municipaux d’HBM. ne seront autorisés qu’à partir de 1912.

Sous son mandat, la municipalité multiplia les déclarations affirmant son orientation politique. Ainsi, en 1905, le conseil municipal adopta le vœu présenté par le nouveau maire demandant que « l’armée ne soit plus réquisitionnée dans les conflits pouvant intervenir entre les travailleurs et les capitalistes. » La municipalité protesta « énergiquement contre les fusillades du 17 avril 1905 qui ont été dirigées contre la classe ouvrière de Limoges ». Calmus fit aussi voter, à plusieurs reprises, des secours pour différents mouvements de grèves.

Lors des élections municipales de 1908, Charles Calmus fut conforté dans son poste malgré une protestation émise auprès de la préfecture par les adjoints de l’opposition. Son mandat a été interrompu brutalement quelques mois plus tard, le 2 septembre 1908, suite à son décès à l’âge de soixante-quatre ans.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75162, notice CALMUS Charles par Madeleine Leveau-Fernandez, version mise en ligne le 11 novembre 2009, dernière modification le 9 novembre 2009.

Par Madeleine Leveau-Fernandez

SOURCES : Arch. Dép. Val-de-Marne. — Arch. Com. de Gentilly.

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