VAYSSE Henri, Joseph

Par Claude Pennetier

Né le 5 janvier 1893 à Decazeville (Aveyron), mort le 16 avril 1960 à Paris (XXe arr.) ; employé municipal puis secrétaire de mairie à Bagnolet ; dirigeant du syndicat des communaux de la Seine ; communiste.

Fils d’un manœuvre et d’une ancienne cribleuse de charbon, Henri Vaysse décrivit son père comme socialiste et athée mais il “subissait bien plus l’influence de Jaurès que celle de Guesde” regrettera son fils (autobiographie citée).

Enfant « souffreteux », Henri Vaysse fut un très bon élève. Il obtint son Certificat d’études primaires à onze ans et demi, premier de son canton et quitta l’école à treize ans après un an et demi de cours complémentaires. Il travailla comme aide comptable à la Société de secours mutuels des mines de Decazeville mais la comptable ayant été licencié, il démissionna. Ce dernier le fit embaucher comme employé à la mairie de Decazeville.

« Patriote », Henri Vaysse fut mobilité en septembre 1914 et partit pour le front comme caporal-fourrier. L’armée l’envoya à Salonique. Blessé devant Monastir, il fut rapatrié en France en janvier 1918. En septembre on le renvoya au front où il prit part à l’offensive finale.
Démobilisé, il vint en région parisienne où il travailla chez Citroën, chez Renault, puis à la mairie de Boulogne, service comptabilité. Henri Vaysse adhéra à la section syndicale des communaux dont il devint le responsable dès la fin 1920, optant pour l’aile révolutionnaire, pour les CSR puis pour la CGTU. En 1925 et en 1929, il occupa la fonction de secrétaire général du syndicat. La Fédération des services publics le fit entrer à plusieurs reprises à sa commission exécutive et l’envoya à Moscou, en février 1928, pour participer au congrès des services publics. C’est au retour du “pays des Soviets” qu’il adhéra au Parti communiste, le 1er Mai 1928.

Nommé chef de service, Henri Vaysse n’en menait pas moins campagne contre la municipalité Morizet qui s’était éloignée du communisme. Mais, après les élections municipales de mai 1929, il offrit ses services à la nouvelle municipalité communiste de Bagnolet. L’année suivante, Auguste Havez le chargea de suivre le travail municipal dans les communes de la région parisienne, mission qu’il accomplit avec intensité mais sans souplesse ce qui lui valut une mise à l’écart de l’Union des municipalités ouvrières et paysannes en 1933. Son rapport de six pages du 11 avril 1932 sur la bolchevisation des municipalités témoignait des limites de sa méthode (RGASPI, 517 1 1327).

Secrétaire de mairie, Henri Vaysse fut élu le 12 mai 1935 conseiller municipal communiste de Montreuil-sous-Bois (Seine) sur la liste conduite par Fernand Soupé*. Il appartenait, en 1937, au comité de rédaction de L’Information municipale. Interné administrativement le 19 décembre 1939, déchu de son mandat le 31 mai 1940. Interné dans plusieurs camps en France, emprisonné à Grenoble et à Montluc, déporté en Algérie au camp de Bossuet, il fut libéré plusieurs mois après le débarquement des Alliés. Le comité local de Libération le nomma au conseil municipal provisoire (arrêté du 26 septembre 1944) de Montreuil mais c’est à Bagnolet qu’il poursuivit sa carrière politique en devenant, après les élections municipales de 1947, deuxième adjoint.

Henri Vaysse mourut le 16 avril 1960 à Paris (XXe arr.). Il s’était marié avec Suzanne Normand, employée de mairie à Boulogne, sympathisante communiste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75189, notice VAYSSE Henri, Joseph par Claude Pennetier, version mise en ligne le 20 novembre 2009, dernière modification le 17 avril 2016.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Paris, DM3 ; vers. 10451/76/1. — Arch. PPo. 101. — RGASPI, Moscou, 495 270 4963, dossier personnel d’Henri Vaysse, 19 mai 1933 (document de 12 pages d’une grande richesse). — Thomas Puijalon, Histoire et sociologie du personnel communal de Boulogne-sur-Seine puis Boulogne-Billancourt de 1919 à 1939, mémoire de maîtise, Paris I, 1998.

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