GIRAUD Roger, Alphonse

Par Julian Mischi

Né le 20 novembre 1927 à Louroux-Bourbonnais (Allier) ; cultivateur puis permanent syndical ; militant communiste et syndicaliste agricole de l’Allier, secrétaire de la section du PCF de Hérisson, membre du comité fédéral du PCF de l’Allier, président du CDJA (1958-1965) puis de la FDSEA (1965-1985) de l’Allier, responsable du Réveil paysan de l’Allier puis du Bourbonnais rural ; conseiller municipal de Désertines (depuis 1971), conseiller général de Montluçon-Est (depuis 1994).

Roger Giraud naquit dans une famille modeste de métayers. Son père et son frère furent des militants du Parti communiste français, tandis que sa mère était sympathisante. Titulaire du certificat d’études primaires à douze ans, Roger Giraud fut ouvrier agricole et travailla la terre avec son père qui devint fermier en 1946. Le domaine familial de 52 hectares consistait en une exploitation de polyculture (céréales et élevage). Le frère de Roger Giraud, qui participa aux activités de la Résistance à l’occupant allemand, quitta la ferme lorsqu’il se maria et alla s’installer sur le domaine des parents de son épouse.

Influencé d’une part par son père, qui fut un militant paysan élu à la chambre d’agriculture de l’Allier et candidat communiste lors d’élections cantonales, et d’autre part par la volonté de compenser un bagage scolaire qu’il jugeait insuffisant, Roger Giraud adhéra aux Jeunesses communistes et au PCF en 1945. Il milita au sein de la cellule rurale de Louroux-Bourbonnais, puis s’occupa de la section du PCF du canton de Hérisson qu’il remit sur pied au début des années 1950. Secrétaire politique de cette section, il fut le candidat communiste lors des élections cantonales pour le canton de Hérisson à plusieurs reprises. En 1949, il obtint 1 857 voix soit 23,7 % des inscrits puis 2 373 voix soit 30,2 % des inscrits au 2e tour et fut battu par le candidat socialiste Robert Mallet. En 1955, il arriva en tête au premier tour en recueillant 1 504 voix (19,9 % des inscrits) mais fut distancé au second tour par le candidat socialiste sortant en obtenant 1 720 suffrages soit 22,8 % des inscrits. En 1961, avec 1 720 voix (22,8 % des inscrits), il ne passa pas le premier tour, tout comme en 1967, où son résultat fut encore plus faible : 1 551 voix et 21,8 %. À chaque fois, son concurrent Robert Mallet, qui rejoignit la Fédération de la gauche démocratique et socialiste (FGDS), fut réélu. Au décès de ce dernier, des élections partielles se déroulèrent en mars 1968 : Roger Giraud rassembla 1 695 voix (23,8 % des inscrits) et fut donc battu par un autre socialiste de la FGDS, Binon. Entré au comité fédéral du PCF de l’Allier en mai 1956, il fut membre du bureau fédéral à partir de mai 1957.

La vie publique de Roger Giraud fut surtout marquée par son engagement dans le mouvement paysan. Président départemental des jeunes de la Confédération générale de l’agriculture à partir de 1958, il fut également à la tête d’une coopérative laitière dans les années 1950. En 1963, il décida de ne pas rester exploitant et de quitter le domaine familial pour devenir permanent syndical. Il resta président du Comité de défense des jeunes agriculteurs (CDJA) pendant deux ans puis, en 1965, devint directeur de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles de l’Allier (FDSEA) qu’il dirigea pendant vingt années.

Aimant écrire, Roger Giraud était collaborateur au journal de la FDSEA Le Réveil Paysan de l’Allier sous la direction d’Albert Poncet* depuis la Libération. De mensuel, le journal syndical devint bimensuel et, en 1971, Roger Giraud s’occupa plus précisément de cette parution qui connaissait une érosion de ses abonnés et était enfermée dans une stricte ligne syndicale de défense des exploitants. Il œuvra alors à la mutation du journal qui changea au milieu des années 1970 de format et de titre. Le Bourbonnais Rural, qui s’adressait non plus seulement aux paysans mais aussi aux ruraux, contint plus d’informations paysannes générales et professionnelles, et pas seulement syndicales. Ce fut une réussite car le nombre des adhérents grossit. Albert Poncet en était toujours le directeur et Roger Giraud le rédacteur en chef. À la mort d’Albert Poncet, en 1976, Roger Giraud le remplaça à ce poste.

Albert Poncet avait été à plusieurs reprises candidat à la Fédération nationale de la presse agricole et rurale sans jamais être élu. Le seul communiste était Roger Roucaute* qui en avait été le co-fondateur . À son tour, Roger Giraud se présenta en 1977, dans le nouveau contexte d’union de la gauche, et fut alors élu administrateur national de la presse agricole et rurale. Il fut ensuite constamment réélu à l’unanimité pendant dix-sept ans. Il laissa en 1994 la fédération de la presse pour devenir membre du bureau de l’association nationale de la presse agricole et rurale qui regroupe les retraités de la fédération.

Roger Giraud fut membre du comité fédéral du PCF de l’Allier de la Libération à 1994, et fit partie du bureau fédéral pendant trente ans. Il était également membre de la commission agraire du comité central du PCF. En 1989, il fut candidat aux sénatoriales sur la liste du PCF : il recueillit 220 voix, puis 447 au second tour. En 1971, il entra comme adjoint au conseil municipal de Désertines, commune de la banlieue ouvrière de Montluçon. Il fut élu conseiller général du canton de Montluçon-est lors de sa première candidature, en 1994, en arrivant en tête au premier tour (1 838 voix soit 16,3 % des inscrits), puis 3 267 voix, soit 28,4 % des inscrits au second tour.

Marié en février 1941 avec Irène Boudet, séparé en 1977, Roger Giraud habitait Désertines avec Michéle Bourin, issue d’une famille paysanne de sensibilité communiste, qu’il avait épousée en avril 1993.

Le 23 avril 1990, il reçut les insignes d’Officier du Mérite agricole.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75199, notice GIRAUD Roger, Alphonse par Julian Mischi, version mise en ligne le 26 novembre 2009, dernière modification le 29 septembre 2010.

Par Julian Mischi

SOURCES : Arch. de la fédération de l’Allier du PCF. — Bourbonnais-Hebdo, 9-15 mai 1990. — Entretien avec l’intéressé. — État civil.

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