GLON Henriette [née BELLUROT Henriette]

Par Alain Prigent, François Prigent

Née le 8 septembre 1908 à Tourcoing (Nord) [ncec], morte le 8 janvier 1994 à Champcueil (Essonne) ; institutrice à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor)) ; syndicaliste du SNI et de la FEN (courant FO), membre de la commission exécutive de l’UD-FO, responsable de la SFIO, du PSU puis du PS ; conseillère municipale SFIO (1945-1947) puis PSU (1965-1977) de Saint-Brieuc.

Henriette Glon
Henriette Glon

Fille d’un employé des contributions indirectes, Henriette Bellurot, future institutrice, se maria en septembre 1928 à Chaumont-en-Vexin (Oise) avec Robert, Fernand Glon, rédacteur à la direction départementale de l’Oise des contributions indirectes.

Institutrice briochine, Henriette Glon figurait à la Libération sur la liste socialiste aux municipales de Saint-Brieuc au titre de ses responsabilités locales à l’Union des femmes françaises aux côtés de Jeanne Mazier* notamment. Adhérente au Parti socialiste SFIO, elle prit ses distances en mars 1946 avec le réseau UFF contrôlé par des militantes communistes, après un échange de lettres avec la direction parisienne de son parti. Pour les élections municipales de 1947, seule femme avec Germaine Nicolas* sur une liste de 31 noms, elle n’était pas en position éligible en 1947, faisant le choix de se consacrer à ses activités syndicales.

Syndiquée au SNI, Henriette Glon fut élue déléguée du personnel à la commission de réforme sur la liste de la section départementale du SNI des Côtes-du-Nord, en 1946. Faisant partie du courant Laithier*-Collobert* dans la section départementale de la FEN, opposé à la direction de la CGT, elle intervint lors d’une réunion de la commission administrative de l’UD-CGT, le 21 septembre 1947, pour fustiger les conditions d’organisation du meeting de la CGT du 12 septembre à Saint-Brieuc où des pancartes montrant Ramadier au bout d’une potence étaient brandies par des manifestants. Cette intervention fut le point de départ du processus de rupture avec la majorité communisante dirigée par Jean Le Bars* dans les Côtes-du-Nord. Après la scission de 1948, la FEN et le SNI s’installèrent dans l’autonomie.

Cependant, la double appartenance FEN-CGT ou FEN-FO continuait d’être la règle dans la section départementale des Côtes-d’Armor. Dans ce cadre, Henriette Glon fut présentée comme candidate sur la liste FO à l’élection du conseil d’administration de la caisse primaire de Sécurité sociale des Côtes-du-Nord le 8 juin 1950 conduite par André Laithier, ancien secrétaire de la FEN et secrétaire de l’UD-FO, qui obtint 3 des 27 sièges à pourvoir. Elle fut élue à la Commission administrative paritaire départementale en 1951. En cinquième position sur la liste FO emmenée par Louis Petiot*, elle fut élue au conseil syndical de la section départementale du SNI jusqu’en 1953, à la suite de la démission de deux de ses camarades, la liste ayant obtenu 3 sièges sur 24. En 1954, elle emmena la liste FO lors de l’élection au conseil syndical du SNI mais sans mettre en cause la majorité « cégétiste » dirigée par Georges Hélloco*. Membre de la commission exécutive de l’UD-FO en janvier 1954, elle faisait partie du conseil départemental de l’enseignement primaire à ces mêmes dates.
Dès l’automne 1959, Henriette Glon suivit Antoine Mazier* au PSU, comme la majorité de la section socialiste de Saint-Brieuc. En 1962, elle était trésorière adjointe de la section, menée par Yves Dollo*, dont elle était très proche. Les listes d’adhérents mentionnaient également une Maryvonne Glon parmi les militants de Saint-Brieuc.

Membre de la direction fédérale du PSU, Henriette Glon intégra l’équipe municipale de Yves Le Foll* en 1965 (en 13e position), avant d’être réélue en 1971 (en 21e position). Pilier de la section, elle effectuait également de nombreuses tâches administratives au siège du PSU. Retraitée, elle faisait office de secrétaire à la fédération (menée par Yves Dollo puis André Le Milinaire*), dépourvue de véritable permanent. En juillet 1974, son mari, à la trajectoire militante similaire, décéda.

A l’instar des autres élus du PSU dans les Côtes-du-Nord, Henriette Glon fit le choix du PS au moment des Assises du Socialisme. Très active dans le comité de rédaction du journal fédéral, elle devint secrétaire de section jusqu’en 1979 (remplacée par Jean-Luc Bommert, directeur du Foyer des jeunes travailleurs, conseiller général entre 1982 et 1994). Responsable influente du courant rocardien, elle demeura une militante de base jusqu’à son décès.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75216, notice GLON Henriette [née BELLUROT Henriette] par Alain Prigent, François Prigent, version mise en ligne le 29 novembre 2009, dernière modification le 22 août 2010.

Par Alain Prigent, François Prigent

Henriette Glon
Henriette Glon

SOURCES : ADCA, 146 J (fonds PSU), 110 J 49, 1043 W 36, ADCA 1192 W 1, ADCA 20 W 93. - Archives de l’OURS, dossiers Côtes-du-Nord. — Archives fédérales du PS des Côtes d’Armor. — Archives de la FSU des Côtes-du-Nord. — Fichiers des adhérents PSU en 1965 transmis par Gilles Morin et Christian Bougeard. — Archives privées Yves Dollo. — Le Combat Socialiste puis Le Combat Hebdo, 1945-1994. — Entretiens avec Yves Dollo, Marie-France Bommert, Monique Le Minter, André Le Milinaire. — François Prigent et Jacqueline Sainclivier, « Les réseaux socialistes PSU en Bretagne (1959-1981) : milieux partisans, passerelles vers le PS, rôle des chrétiens de gauche », in Tudi Kernalegenn, François Prigent et alii, Le PSU vu d’en bas. Un parti dans les régions : réseaux sociaux, mouvement politique, laboratoire d’idées (années 50-années 80), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2008. — François Prigent, « Les femmes dans les milieux de gauche dans les Côtes-du-Nord de la Libération aux années 1968 : prosopographie, réseaux, militances », in Les femmes dans l’action militante (1945-1968), à paraître dans les actes du colloque (Lyon, 2008). — Notes de Jacques Girault.

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