GUÉRIT Paul

Par Jean-Pierre Besse, Michel Thébault

Né le 27 janvier 1921 à La Rochelle (Charente-Inférieure, Charente-Maritime), fusillé après condamnation à mort le 15 novembre 1941 à Chef-de-Baie, La Rochelle-La Pallice (Charente-Inférieure, Charente-Maritime) ; ouvrier métallurgiste ; militant communiste de Charente-Inférieure ; résistant, membre de l’Organisation spéciale (OS).

Paul Guérit
Paul Guérit
Mémorial GenWeb.

Fils d’un forgeron, Paul Guérit était ouvrier tourneur aux Ateliers Delmas à La Rochelle. Militant du parti communiste, il était en 1939, trésorier des Jeunesses communistes de La Rochelle. Sportif, pratiquant l’athlétisme, il participa à la création de l’AOR (Athlétique ouvrier rochelais). Club fondé en septembre 1938 par la fusion de l’Avenir prolétarien de La Pallice et de l’Amicale prolétarienne de Saint-Maurice, il était affilié à la FSGT (Fédération sportive et gymnique du Travail). Paul Guérit y pratiqua la course à pied et le cross-country, et devint (encore junior) champion départemental senior du 400 mètres en juin 1939.
Il participa avec plusieurs camarades dès novembre 1939 à la reconstitution d’une cellule clandestine du parti communiste. Brisant les scellés apposés sur leur permanence, le groupe put récupérer archives et matériel, et installer une imprimerie clandestine à La Pallice. A l’automne 1940 après l’occupation en juin de la ville par les troupes allemandes, il contribua à la création de l’OS (organisation spéciale de sabotage). Il participa alors à la confection et à la distribution de tracts anti allemands, à la reproduction de l’Humanité clandestine et aux premiers sabotages. Dans le même temps eut lieu une relance de l’activité de l’AOR : le club participa le 24 novembre 1940 au 1er cross-country de l’occupation, remporté chez les seniors par Eugène Rollant, ex secrétaire des jeunesses communistes. Et surtout le club servit aux jeunes communistes de paravent à leurs activités clandestines, les déplacements sportifs permettant de diffuser les tracts et de constituer des réseaux, tandis que les entraînements permettaient des regroupements inaperçus.
Le 20 septembre 1941 Paul Guérit accompagné d’un camarade se rendit, en possession d’une clé reçue par voie postale, à la consigne de la gare de La Rochelle pour y récupérer une valise contenant des tracts. Attendu par la SIPO-SD, Paul Guérit réussit à s’échapper et à se cacher tandis que son camarade était arrêté. Le lendemain 21 septembre craignant des représailles sur sa famille, menacée, il se rendit à la Kommandantur. Devant le tribunal militaire allemand (tribunal de la Feldkommandantur 540) qui le jugea le 7 novembre 1941, il insista pour disculper son compagnon, finalement innocenté et libéré. Il fut condamné à mort et fusillé à Chef-de-Baie, le 15 novembre 1941.
Déclaré Mort pour la France, son nom figure sur le monument aux morts de La Rochelle ainsi que sur la plaque commémorative apposée au Fort de Chef de baie « Aux victimes de la barbarie nazie exécutées en ce lieu ». En 1944, une compagnie FTP prit son nom.
Une rue de La Rochelle porte également son nom.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75255, notice GUÉRIT Paul par Jean-Pierre Besse, Michel Thébault, version mise en ligne le 4 décembre 2009, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Jean-Pierre Besse, Michel Thébault

Paul Guérit
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Mémorial GenWeb.

SOURCES : CD-Rom AERI, La Résistance en Charente-Maritime, 2010. — Notes Thomas Pouty. — Jean Michel Blaizeau L’AOR du stade à la clandestinité in La Rochelle 1939 -1945 ouvrage collectif sous la direction d’Annick Notter, accompagnant l’exposition du musée des Beaux-Arts de La Rochelle de mai à novembre 2015, Geste Ed. 2015 — État civil.

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