CALLAGHAN James [CALLAGHAN Leonard James]

Né le 27 mars 1912 à Portsmouth, Hampshire ; homme d’État travailliste.

Fils d’un premier maître de la marine, James Callaghan fait ses études secondaires au lycée de Portsmouth et entre dans la fonction publique en 1929 en tant que commis du Service des Contributions. Il adhère au syndicat des Agents des Contributions (Inland Revenue Staff Federation) où il va prendre une importance croissante : d’abord secrétaire de section, il est élu membre du bureau national, puis en 1936 il quitte la fonction publique pour devenir permanent syndical. Il gardera le poste de secrétaire général adjoint de sa fédération jusqu’en 1947, bien qu’il entre en 1942 dans la marine, soit nommé officier de la Royal Navy Volunteer Reserve et affecté à l’Amirauté.

Membre du Parti travailliste depuis 1931, Callaghan commence réellement dans la carrière politique en 1944 lorsqu’il est choisi comme candidat travailliste pour la circonscription de Cardiff-Sud où il est élu l’année suivante. Nommé secrétaire privé (parliamentary private secretary) du sous-secrétaire d’État aux Dominions dans le gouvernement travailliste de 1945, il démissionne de ce poste au bout de quelques mois pour mieux préserver sa liberté de critique à l’égard de la politique gouvernementale. De 1945 à 1947, il est président du Comité travailliste de la Défense (Parliamentary Labour Party’s Defence and Services Committee) et joue un rôle important dans la réduction de la durée du service militaire. Pendant l’hiver 1945-1946, il visite l’URSS et en 1947 fait partie d’une délégation parlementaire en Afrique Occidentale. Il est nommé à un poste ministériel pour la première fois en octobre 1947 comme secrétaire parlementaire du ministre des Transports, puis il devient secrétaire parlementaire et financier de l’Amirauté (1950-1951). Entre 1951 et 1964 les conservateurs sont au pouvoir mais Callaghan continue de s’élever dans le parti. Il accède ainsi au « cabinet fantôme » (Shadow Cabinet) et devient le porte-parole du parti en matière coloniale. Pendant toute cette période il voyage beaucoup, se rendant au Moyen-Orient, en Extrême-Orient, en Australasie et en Afrique.

Après la mort de Gaitskell* en janvier 1963, Callaghan brigue le poste de leader du parti en même temps qu’Harold Wilson* et George Brown* mais le résultat du vote donne 115 voix à Wilson, 88 à Brown et 41 seulement à Callaghan. En 1964, dans le gouvernement travailliste formé par Wilson il est nommé chancelier de l’Echiquier mais il enregistre une série de déboires entre la crise économique récurrente et la dévaluation de la livre à laquelle il doit se résigner en novembre 1967. Peu après, à la suite d’un remaniement ministériel, il succède à Roy Jenkins* comme ministre de l’Intérieur et pratique une politique relativement libérale, en particulier en faisant abolir la peine de mort en 1969 ; en même temps il s’oppose avec détermination à la tentative de réglementation des relations industrielles conduite par Harold Wilson et Barbara Castle* (c’est le projet baptisé « In place of Strife »). La défaite travailliste de juin 1970 le ramène dans les rangs de l’opposition, mais après les élections de février 1974, il est nommé ministre des Affaires étrangères. Lorsqu’en mars 1976, Harold Wilson annonce soudain sa décision d’abandonner la charge de Premier ministre, Callaghan apparaît comme le candidat favori pour la succession à la tête du parti et du gouvernement. Soutenu par les députés du centre du Labour, il recueille, lors du premier tour pour l’élection au poste de leader 84 voix, arrivant immédiatement derrière Michael Foot* — principal candidat de la gauche (90 voix), et devançant largement les quatre autres candidats : Roy Jenkins* (56 voix), Tony Benn* (37 voix), Denis Healey* (30 voix), Anthony Crosland* (17 voix). Au second tour, Callaghan arrive nettement en tête avec 141 voix (Foot et Healey en reçoivent respectivement 133 et 38). Si bien qu’au troisième tour Callaghan l’emporte sans difficulté sur Foot (176 voix contre 137). Le scrutin n’a pas seulement traduit l’état des forces respectives à l’intérieur du parti travailliste, il a fait apparaître la supériorité de Callaghan, à qui sa position et sa personnalité permettent à la fois de maintenir l’unité du mouvement travailliste et de diriger un gouvernement dont la position parlementaire est en vérité très précaire. Devenu Premier ministre, Callaghan adopte un style d’efficacité bonhomme et pragmatique, quoique non dénué de fermeté. Il a réussi de la sorte à gouverner pendant plus de deux ans, en évitant les questions les plus brûlantes et en faisant accord avec les libéraux (1977-1978). Sur le plan économique et social, Callaghan parvient à poursuivre la politique d’entente avec les syndicats connue sous le nom de « contrat social » et à réduire considérablement l’inflation, démontrant ainsi des qualités de sang-froid et d’habileté dans des situations délicates. Mais à partir de l’automne 1978 les échecs s’accumulent : rupture du « contrat social » ; explosion de grèves que le gouvernement ne parvient point à contrôler et qui atteignent durement la cote du parti travailliste et celle du Premier ministre ; rejet par l’électorat gallois et écossais, lors du référendum du 1er mars 1979, de la loi de dévolution laborieusement échafaudée de 1976 à 1978. Mis en minorité à la Chambre des Communes, Callaghan doit dissoudre la Chambre et procéder impromptu à des élections qui aboutissent à une sévère défaite travailliste (3 mai 1979). Devenu leader de l’opposition, il s’efforce de préserver son autorité à la tête du Labour Party et d’y faire prévaloir une orientation centre-droit. Il abandonne en octobre 1980 la direction du parti travailliste qui est confiée à Michael Foot*. À partir de 1983, Callaghan est le doyen de la Chambre des Communes (Father of the House).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75343, notice CALLAGHAN James [CALLAGHAN Leonard James], version mise en ligne le 12 décembre 2009, dernière modification le 12 décembre 2009.

ŒUVRE : Whitleyism, Fabian Publications, Londres, 1935. — A House Divided : the dilemma of Northern Ireland (Un pays déchiré : le dilemne de l’Irlande du Nord), Londres, 1973.

BIBLIOGRAPHIE : B. Lapping, Labour Government 1964-1970, Harmondsworth, 1970. — H. Wilson, The Labour Government 1964-1970 : a personal record, Londres, 1971. — G. Brown, In My Way, Londres, 1971, traduction française Lord George-Brown, Mémoires de Choc, Paris 1976. — R.H.S. Grossman, The Diaries of a Cabinet Minister, 3 vol., Londres, 1975-1977. — P. Kellner et G. Hitchens, Callaghan : the road to Number Ten, Londres, 1976. — « A Sailor for his Times », Spectator, 5 mai 1979. — Who’s Who.

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