CLARKE William

Né le 22 octobre 1852 à Norwich, Norfolk ; mort le 8 mai 1901 à Mostar, Herzégovine ; fabien, journaliste.

William Clarke naît dans un milieu modeste. Son père, magasinier devenu représentant de commerce, s’établit à Cambridge quand le jeune William a quatorze ans. Après deux ou trois ans de scolarité dans une école privée, Clarke trouve une place d’employé de bureau. Il quitte cet emploi en 1872 pour devenir étudiant non résident à l’Université de Cambridge. Il obtient sa licence en 1876. A cette époque Clarke a des idées libérales et il est partisan de la tempérance (teetotaler).

En 1877, Clarke arrive à Londres où il travaille dans le journalisme et se met à fréquenter les cercles radicaux et positivistes. Il effectue son premier voyage aux États-Unis en 1881-1882. Il revient fasciné par ce pays où il a pu observer le développement du capitalisme moderne et ses conséquences morales.

Clarke se lie alors avec les jeunes intellectuels de la Société fabienne, mais ce n’est qu’en 1886 qu’il s’inscrit à la Société. En 1889, il collabore au fameux volume intitulé Fabian Essays en écrivant un article sur « Les bases industrielles du socialisme » (The Industrial Basis of Socialism). Le succès de cette contribution sert grandement la réputation de Clarke ; sans doute faut-il voir là l’une des raisons de sa promotion au rang d’éditorialiste du Daily Chronicle en 1890. Clarke et son collègue de travail Graham Wallas* utilisent le Chronicle pour véhiculer la propagande fabienne. Toutefois au cours de cette décennie Clarke se sent de plus en plus déçu tant par l’évolution politique du pays que par les propositions et la tactique de la Société fabienne.

Il se sépare des fabiens en 1897. Mais il continue de soutenir certaines causes avancées, notamment l’anticolonialisme (il s’élève contre la guerre des Boers), et il dénonce l’invasion du commercialisme qui pervertit tout (il est ici fortement influencé par Ruskin* et Emerson).

Les dernières années de Clarke, assombries par la maladie (il souffre du diabète), se déroulent dans un climat de pessimisme. Comme tant d’autres esprits lucides de la bourgeoisie intellectuelle vers la fin de l’ère victorienne, Clarke rejette les valeurs conventionnelles, mettant son espoir dans une sorte de socialisme éthique. Mais cette voie le déçoit à son tour, car il n’y trouve pas la réponse à sa quête d’idéal. Clarke meurt à quarante-neuf ans au cours d’un voyage dans les Balkans.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75361, notice CLARKE William, version mise en ligne le 12 décembre 2009, dernière modification le 12 décembre 2009.

ŒUVRES PRINCIPALES : Clarke a écrit de multiples articles de journaux et de revues. Certains se trouvent réunis dans : William Clarke, A Collection of his Writings (William Glarke, Série d’articles), éd. H. Burrows et J.A. Hobson, Londres, 1908.

BIBLIOGRAPHIE : S. Pierson, Marxism and the Origins of British Socialism, Cornell University Press, 1973. — P. Weiler, « William Clarke : the Making and Unmaking of a Fabian Socialist » dans Journal of British Studies, vol. 14 (1974). — W. Wolfe, From Radicalism to Socialism : Men and Ideas in the Formation of Fabian Socialist Doctrines, 1881-1889, Yale University Press, 1975. — J. Bellamy et J. Saville (éd.), Dictionary of Labour Biography, t. II.

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