COCKS Seymour [COCKS Frederick Seymour]

Né le 25 octobre 1882 à Plymouth, Devonshire ; mort le 28 mai 1953 à Londres ; publiciste, député travailliste.

Fils d’un inspecteur mécanicien de la marine, Cocks fait ses études secondaires au collège municipal de Plymouth, puis à Mannamead School. Tout comme son futur ami Snowden*, c’est un infirme qui ne marche qu’avec l’aide de deux cannes et ce handicap va le contraindre à limiter ses activités en même temps qu’il le détourne d’occuper des fonctions élevées. A dix-sept ans, il débute dans le journalisme au Bath Herald (1899-1903), puis il passe au Daily Mirror (1905-1906) ; mais à compter de 1907, il s’oriente vers la publicité et en 1912, il devient membre (fellow) de la société des experts en publicité (Incorporated Society of Advertising Consultants).

A l’origine Cocks était un libéral, d’esprit libre-échangiste et pacifiste. Son intérêt pour la paix internationale l’avait amené à adhérer à l’Union civile (Civil Union), organisme qui vise à propager les idées de Norman Angell* dans son célèbre ouvrage « La grande illusion » (The Great Illusion). Lorsque le conflit mondial éclate, l’Union civile (dont Cocks avait été élu président en 1914) fusionne avec l’Union pour le contrôle démocratique (Union of Democratie Control, UDC) que préside Ramsay MacDonald* et dont le principal animateur est Edmund Morel*. L’UDC compte parmi ses membres Ponsonby*, Trevelyan*, Snowden et Angell. Cocks assume le secrétariat de la fédération londonienne de l’UDC (1914-1919) tout en exerçant des responsabilités au comité londonien pour la prévention des guerres. A deux reprises (1918-1919 et 1924-1930) il fait partie du comité exécutif de l’UDC. Entre autres brochures de propagande pacifiste, il publie en 1918 « Les Traités secrets » (The Secret Treaties), publication prémonitoire qui constitue sans doute le texte le plus significatif de l’UDC. Dans un autre ouvrage, consacré celui-là à E.D. Morel et intitulé E.D. Morel, the Man and his Work (1920), Cocks justifie à nouveau les positions soutenues par l’U.D.C. durant la guerre, et défend son secrétaire contre l’accusation de germanophilie. Par ailleurs, en même temps que l’UDC approuvait les quatorze points du président Wilson, Cocks avait pris position en faveur de la création d’une société des nations, et un peu plus tard il avait condamné toute intervention armée en Russie (comme en témoigne le livre qu’il publie en 1919 : « Que se passe-t-il en Russie ? » What is happening in Russia ?).

C’est donc avant tout la guerre qui a fait glisser Cocks vers la gauche. Membre du Club 1917 où se rencontrent libéraux et adhérents de l’lndependent Labour Party (ILP), il rejoint peu à peu le camp socialiste et adhère à l’ILP. De 1919 à 1927, il fait partie de l’exécutif du secteur Information de l’ILP, puis de 1927 à 1929 de l’exécutif du Labour Party londonien ; enfin, à partir de 1928 du comité consultatif du Parti travailliste pour les affaires étrangères (Labour Party Advisory Committee on Foreign Affairs). D’autre part, avec son tempérament de propagandiste, Cocks donne fréquemment des articles au Daily Herald, au New Leader, à Forward, à Foreign Affairs, à la Socialist Review.

Par deux fois, en 1923 et en 1924, il se présente aux élections législatives comme candidat travailliste à Maidstone (Kent), mais c’est seulement en 1929 qu’il entre au Parlement comme député de Nottingham (circonscription de Broxtowe), un siège qu’il va occuper jusqu’à sa mort. Pendant la brève période de gouvernement travailliste de 1929 à 1931, Cocks collabore avec Noel Buxton* et Geoffrey Garratt pour la préparation de l’Agricultural Marketing Act, l’une des rares mesures d’inspiration socialiste adoptées au Parlement. En 1930, il s’en prend à la direction travailliste à laquelle il reproche à la fois son inertie et son manque de conviction socialiste. Il propose quant à lui de lancer un emprunt d’État afin de redresser l’économie nationale, d’autre part, comme le libre-échange lui paraît désormais condamné, il prône une politique de contrôle des importations. Après la double défection de MacDonald et de Snowden en 1931, il rompt bruyamment et définitivement avec ses anciens amis.

Cocks s’intéresse au sort de l’Inde pour qui il souhaite un statut complet et immédiat de Dominion, et fait partie, en 1933-1934, du Comité d’enquête sur la réforme de la constitution de l’Inde (Select Committee on Indian Constitutional Reform). A cette époque, il fait campagne contre le réarmement, car il mise sur la Société des Nations pour garantir la sécurité collective. Pendant la guerre d’Espagne, il se prononce vigoureusement pour les républicains et proteste aux côtés de Cripps* et de Bevan* quand la direction travailliste approuve la politique de non-intervention, car à ses yeux une telle politique ne fait que favoriser le camp fasciste. En 1938, il dénonce au Parlement la reconnaissance par le gouvernement Chamberlain du régime franquiste.

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, Cocks suit généralement Bevan dans ses critiques contre la politique gouvernementale. En 1944, considérant que dans les territoires de l’Europe libérée il convient de laisser la volonté populaire s’exprimer librement, il condamne en même temps que Bevan et Driberg l’intervention britannique en Grèce et le soutien apporté par Londres à la monarchie hellène. Il propose même un amendement au discours du trône, amendement selon lequel les forces armées britanniques ne doivent en aucune circonstance être utilisées contre un mouvement populaire. De 1945 à 1947, Cocks préside le groupe travailliste des Affaires étrangères à la Chambre des Communes. En 1946, il conduit une délégation en Grèce et en 1949 une autre en Italie. En 1946, il réclame le retrait de l’ambassadeur britannique à Madrid en raison de la nature fasciste du régime espagnol. Face au développement de la guerre froide, Cocks estime que la politique soviétique s’explique en large partie par la peur et que les États-Unis abusent de leur pouvoir pour étendre leur sphère d’influence. Cependant il approuve l’intervention des Nations Unies en Corée.

En 1951, Cocks critique la politique de réarmement et tout particulièrement le réarmement allemand. Pour lui, l’argent des dépenses militaires devrait être affecté à aider les pays sous-développés. Mais au même moment, il demandait aux membres de l’OTAN de garantir la Yougoslavie contre toute attaque de la part du bloc communiste. Favorable à l’unité européenne (au point qu’il se met à apprendre le français), Cocks est en 1949 l’un des membres fondateurs de l’Assemblée consultative du Conseil de l’Europe de Strasbourg.

Caractère idéaliste et désintéressé, Cocks a ainsi voulu toute sa vie rester fidèle aux principes qui l’animaient.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75366, notice COCKS Seymour [COCKS Frederick Seymour], version mise en ligne le 12 décembre 2009, dernière modification le 12 décembre 2009.

ŒUVRE : Cocks a écrit d’innombrables articles dans des périodiques. Il a également publié plusieurs livres parmi lesquels on peut citer What is happening in Russia ? (Que se passe-t-il en Russie ?), Londres, 1919. — E.D. Morel, the Man and his Work (Edmond Morel, l’homme et l’œuvre), Londres, 1920.

BIBLIOGRAPHIE : H.M. Swanwick, Builders of Peace, Londres, 1924 ; I have been young, Londres, 1935. — E.J. Meehan, The British Left Wing and Foreign Policy, New Jersey, 1960. — M. Foot, Aneurin Bevan : 1895-1945, Londres, 1962. — G.A. Gline, Recruits to Labour, New York, 1963. — M. Swartz, The Union of Democratic Control in British Politics during the First World War, Oxford, 1971. — Writers and Rebels, éd. M. Katanka, Londres, 1976.

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