GICQUEL Emmanuel, Théophile, Julien, Marie

Par Jacques Girault

Né le 9 décembre 1908 à Plumelec (Morbihan), mort le 22 mars 1984 à Lorient (Morbihan) ; instituteur ; militant syndicaliste ; militant socialiste SFIO puis communiste dans le Morbihan ; conseiller municipal et adjoint au maire de Lorient.

Fils d’un aubergiste, devenu buraliste et d’une future épicière, Emmanuel Gicquel, titulaire du brevet supérieur, devint instituteur en 1929. Il effectua son service militaire dans l’infanterie comme soldat de 2e classe. Il se maria en août 1945 à Vannes (Morbihan) avec la fille d’un douanier qui avait eu un fils d’un premier mariage. Le couple eut trois enfants. Il enseigna à Colpo et au début des années 1950, fut muté à Lorient-Keryado et, à la fin des années 1950, présidait le Foyer laïque de Keryado. Dans les filières associatives de ce quartier populaire, contrôlées par les militants socialistes SFIO dans les années 1930, les communistes, après 1945, se trouvaient en position dominante.

Militant syndical depuis 1929, Gicquel entra au conseil syndical de la section départementale du Syndicat national des instituteurs en 1934 et y resta jusqu’en 1940, responsable de la publicité. Il retrouva le conseil syndical du SNI à partir de 1944-1945, entra au bureau en 1949, et redevint simple responsable cantonal au milieu des années 1950 avec la responsabilité de la trésorerie. Jusqu’en 1954, il était aussi membre du bureau de la section départementale de la FEN-CGT. À la fin des années 1950, il assura la collecte dans le canton pour le Comité départemental d’action laïque.

Militant socialiste SFIO depuis 1932, trésorier de la section de Bubry où il enseignait, dès 1932, Gicquel fut le responsable adulte des jeunes à partir de 1937. Il présida le meeting en avril 1937 à Keryado avec Marceau Pivert, en compagnie du maire Jean le Maux. Il quitta le Parti socialiste en 1938 lors de la scission du Parti socialiste ouvrier paysan contre la ligne pacifiste du député L’Hévéder, la plupart des cadres des Jeunesses socialistes passant au PSOP puis au PCF après la guerre. Parallèlement, membre de la Ligue des droits de l’homme, il adhéra en 1936 au Secours populaire et aux Amis de l’Union soviétique.

Gicquel indiquait dans sa « biographie » avoir adhéré au Parti communiste en septembre 1939. D’autres sources indiquaient qu’il avait demandé son adhésion en 1942, ce qui fut accordé en 1942. Après sa démobilisation dans l’été 1940, en contact avec les communistes, il s’engagea dans les Francs-Tireurs Partisans en 1944. Il fut le secrétaire de la section communiste de Colpo à la fin des années 1940 puis membre du comité de la section communiste de Lorient au début des années 1950. Il fit partie de la commission de contrôle financier de la fédération communiste de 1957 à 1962.

Secrétaire du comité des sinistrés en baraques de Lorient, Gicquel fut conseiller municipal minoritaire de 1947 à 1959. En 1951-1953, il anima le groupe communiste municipal, relais du maire Le Samedy et des dirigeants politiques Le Hyaric et Guillemot père, lors des fortes tensions avec les militants socialistes SFIO déchirés depuis la scission de Le Pan-Le Coutaller. Il fut pendant cette période membre du bureau de Keryado de l’Union française des anciens combattants. En mars 1965, candidat en 8e position aux élections municipales sur la liste d’union démocratique et sociale conduite par le socialiste Yves Allainmat qui fut élue, il devint troisième adjoint. Membre des commissions du Plan, de l’aménagement et de la reconstruction, du jumelage, des affaires culturelles, de l’expansion économique, de la dénomination des rues, il était le vice-président des commissions des régies municipales, des foires et marchés, d’attribution, des baraquements, des sports et de l’Office des sports, de la commission consultative de la gare routière et de la commission paritaire d’attribution des emplacements. En mars 1971, à nouveau élu, il devint cinquième adjoint, membre des commissions des travaux (adjudication et réception), du plan, de l’urbanisme, du logement (commission mixte), de l’environnement (commission mixte), de la Jeunesse, des sports. Il était le vice-président de la commission des régies, des foires, des marchés et de la commission consultative de la gare routière. Après avoir été le suppléant du candidat communiste aux élections législatives de 1962, il prit du recul à partir de 1967 et se retira de la vie politique locale en 1977, période d’émergence d’une autre génération communiste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75368, notice GICQUEL Emmanuel, Théophile, Julien, Marie par Jacques Girault, version mise en ligne le 12 décembre 2009, dernière modification le 12 décembre 2009.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Dép. du Morbihan. — Arch. Mun. Lorient, 1 D 187, 1 D 193, 1 K 202. — Archives du Comité national du PCF. — Presse syndicale. — Presse régionale. — Notes d’Armand Guillemot et de François Prigent.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément