COWEN Joseph

Né le 9 juillet 1829 à Blaydon, Durham ; mort le 18 février 1900 à Blaydon ; réformateur radical.

Fils aîné d’un industriel du Nord, personnage aux idées avancées qui a représenté Newcastle au Parlement de 1865 à 1873, Joseph Cowen a été élevé dans un milieu familial de tradition libérale et même radicale. Après un an d’études à l’Université d’Edimbourg, le jeune homme est entré dans la fabrique paternelle.

De bonne heure, il s’était intéressé aux mouvements révolutionnaires qui secouaient le continent, n’hésitant pas à accueillir chez lui les dirigeants de ces mouvements avec qui il noue alors des liens d’amitié : tels Mazzini, Kossuth, Louis Blanc, Ledru-Rollin, Herzen, Bakounine, etc.

Sur le plan local, Cowen a soutenu activement le mouvement chartiste (jusque vers la fin de sa vie ses prises de position sont restées très radicales). Au milieu des années 1850, il lance un mensuel régional, le Northern Tribune, dont il confie la rédaction à Harney*, le dirigeant chartiste. Au cours de la décennie suivante, Cowen se jette dans la lutte pour le droit de suffrage : il milite au sein de l’Union du Nord pour la Réforme (Northern Reform Union) qui est réorganisée en 1866 sous sa présidence. Après avoir acquis l’hebdomadaire Newcastle Weekly Chronicle, Cowen en fait le journal de province le plus lu d’Angleterre pendant le dernier quart de siècle. A la mort de son père en 1873, Joseph Cowen lui succède au Parlement comme député de Newcastle. Il abandonne son mandat en 1886. Cowen a toujours encouragé l’action ouvrière. Il s’est intéressé au mouvement coopérateur et quand le cinquième congrès national des coopérateurs se tient à Newcastle upon Tyne en 1873, il en est le président et prononce le discours d’ouverture.

Pendant la plus grande partie de sa vie, et bien qu’il fût un industriel prospère (il laissera à sa mort une fortune de 502 000 livres sterling), Cowen a voulu s’identifier aux ouvriers du Nord-Est. Il portait d’ordinaire un costume semblable à ceux que portaient le dimanche les mineurs du Northumberland, et il a toujours gardé un fort accent local. Toutefois, en vieillissant, son caractère s’est aigri et son humeur est devenue batailleuse. Rompant avec le parti libéral aussi bien qu’avec les syndicats de mineurs, il en est venu à dénoncer — dans un interview accordé au Figaro — la coopération comme un engagement à la mesquinerie, sinon à la malhonnêteté. L’année de sa mort Cowen, gagné aux thèses impérialistes, se trouvait soutenir à fond la guerre des Boers.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75378, notice COWEN Joseph, version mise en ligne le 12 décembre 2009, dernière modification le 12 décembre 2009.

ŒUVRE : Plusieurs des discours de Cowen ont été édités en plaquettes. Sa fille, Jane Cowen, a publié une sélection des discours sur les Affaires étrangères : Joseph Cowen’s Speeches on the Near Eastern Question, Newcastle, 1909.

BIBLIOGRAPHIE : M. Ostrogorski, La démocratie et l’organisation des partis politiques, t. I, Paris, 1903. — W.E. Adams, Memoirs of a Social Atom, 2 vol ; Londres, 1903. — T. Burt, Lecture on the Life and Work of Joseph Cowen, Newcastle, 1911. — A.R. Schoyen, The Chartist Challenge, Londres, 1958. — T. Tholfsen, Working-Class Radicalism in Victorian England, Londres, 1976.

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