COWEY Edward

Né le 9 avril 1839 à Long Benton, Northumberland ; mort le 16 décembre 1903 à Wakefield, Yorkshire (aujourd’hui West Yorkshire) ; leader syndicaliste.

Mineur depuis l’âge de dix ans, « Ned » Cowey perd son emploi en 1858 à la suite d’une grève à laquelle il avait pris part pour lutter contre le système du « contrat annuel » (le yearly bond liait le travailleur à une mine déterminée pour douze mois). Gomme désormais, victime des représailles patronales, il ne plus peut trouver d’embauché, il s’engage dans la marine pour quatre ans. A son retour il reprend du travail à la mine, mais il est derechef placé sur les listes noires à l’occasion d’une nouvelle grève. Finalement il s’installe en 1871 dans le Yorkshire, à Sharleston. Deux ans plus tard il est élu président du syndicat des Mineurs du West Yorkshire. Lorsqu’en 1881 est fondée la Fédération des mineurs du Yorkshire (Yorkshire Miners’ Federation), Cowey en devient le premier président, poste qu’il gardera jusqu’à la fin de sa vie.

Pendant dix ans, Cowey fait partie de l’exécutif de l’Union nationale des mineurs (Miners’ National Union). Puis à la création de la Miners’ Federation of Great Britain en 1889, il est élu membre du conseil exécutif. En 1893 il entre au comité parlementaire du Trades Union Congress où il reste jusqu’à sa mort. Cowey, qui appartenait à la secte des Méthodistes primitifs, était un être profondément religieux. Comme tant de militants mineurs, c’était un « prédicateur laïque » (lay preacher). Son rayonnement était d’ailleurs servi par une voix grave et profonde et une éloquence chaleureuse. Si Cowey a fait campagne avec vigueur pour la journée de huit heures dans les mines (en cela il s’opposait, en compagnie de ses camarades du Yorkshire, aux mineurs des comtés de Durham et du Northumberland qui refusaient toute idée d’intervention du Parlement en matière de salaires et de conditions de travail), Cowey, en bon partisan de l’alliance Lib-Lab, était farouchement hostile aux doctrines socialistes. Pour lui le progrès social devait venir de réformes obtenues grâce à une entente étroite entre les syndicats et le parti libéral. Aussi, lorsque vers la fin de sa vie, le mouvement socialiste commence à battre sérieusement en brèche ces vues, Cowey, comme bien d’autres dirigeants trade-unionistes (en particulier dans les mines) tente de s’y opposer de toutes ses forces.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75379, notice COWEY Edward, version mise en ligne le 12 décembre 2009, dernière modification le 12 décembre 2009.

BIBLIOGRAPHIE : W. Hallam, Miners’ Leaders, Londres, 1894. — R.P. Arnot, The Miners… 1889-1910, Londres, 1949. — F. Machin, The Yorkshire Miners, Barnsley, 1958. — J.E. Williams, The Derbijshire Miners, Londres, 1962. — J. Bellamy et J. Saville (éd.), Dictionary of Labour Biography, t. I, 1972.

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