DEAKIN Arthur

Né le 11 novembre 1890 à Sutton Coldfield, Warwickshire ; mort le 1er mai 1955 à Leicester ; dirigeant syndicaliste.

La mère d’Arthur Deakin était domestique et l’on ne sait rien du tout sur son père. Quand son fils a dix ans, Annie Deakin se marie et la famille s’installe en Galles du Sud, à Merthyr Tydfil. C’est là qu’à l’âge de treize ans Deakin commence à travailler dans une aciérie ; c’est là aussi qu’il assiste à des meetings où parle Keir Hardie*, alors député de la circonscription et qu’il s’affilie au syndicat local.

En 1910, Deakin part pour Shotton, dans le Flintshire, où il s’embauche en tant que tourneur de cylindres. L’année suivante, il entre au syndicat des Manœuvres, le Dock, Wharf, Riverside and General Workers’ Union de Ben Tillett*. Très vite il y démontre ses capacités de militant et d’organisateur. Il quitte alors l’usine en 1919 pour devenir permanent syndical. Il continue d’ailleurs d’habiter Shotton où il est très actif dans la politique locale : élu alderman (échevin) du conseil de comté en 1919, il le présidera en 1932.

Cette année-là, Deakin est élu secrétaire national du secteur General Workers du puissant syndicat Transport and General Workers’ Union, TGWU (en 1922 le syndicat de Ben Tillett avait fusionné avec le TGWU) et il s’installe alors à Londres où sa carrière de dirigeant syndical va se dérouler dans le sillage d’Ernest Bevin*, secrétaire général du TGWU. Bevin décide de prendre comme adjoint Deakin dont il a reconnu les qualités de négociateur et d’administrateur. Aussi en 1935, Deakin devient-il secrétaire général adjoint du TGWU, et en 1940, lorsque Bevin entre dans le gouvernement Churchill comme ministre du Travail, c’est Deakin qui remplit les fonctions de secrétaire général. Finalement lorsque Bevin démissionne de ses responsabilités syndicales en 1946, Deakin est élu à sa place à la tête du plus puissant des syndicats britanniques.

À partir de son arrivée à Londres Deakin avait singulièrement tempéré ses vues. Devenu un modéré, il se retrouve en 1945 le plus fidèle collaborateur du gouvernement travailliste parmi les dirigeants du TUC. Rallié à la politique de bloquage des salaires, il fait figure d’adversaire de choc du communisme, tant en politique intérieure qu’en matière de relations internationales. Lors de la scission intervenue en 1948 au sein de la Fédération syndicale mondiale, il joue un rôle déterminant.

De 1945 jusqu’à sa mort, Deakin a exercé une énorme influence sur l’orientation du mouvement syndical britannique, en particulier à l’intérieur du T.U.C. Son pouvoir, il le devait pour une part au système du block vote (qui régit les congrès du TUC et dont il pouvait bénéficier à tout moment), pour une part à la véhémence de son opposition à la gauche trade-unioniste. En toutes circonstances, il a soutenu la direction travailliste, et l’un de ses derniers actes politiques a consisté à peser de tout le poids de son syndicat dans l’élection de Gaitskell* comme leader du Labour Party en remplacement d’Attlee*.

On peut considérer Deakin comme une des figures dominantes du syndicalisme d’après la Seconde guerre mondiale. Réussissant jusqu’au bout à maintenir son pouvoir, il est mort un 1er mai, après avoir pris la parole à un meeting réuni à Leicester pour la fête du Travail.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75399, notice DEAKIN Arthur, version mise en ligne le 12 décembre 2009, dernière modification le 12 décembre 2009.

BIBLIOGRAPHIE : Times, 2 mai 1955. — V.L. Allen, Trade Union Leadership : based on a study of Arthur Deakin, Londres, 1957. — M. Harrison, Trade Unions and the Labour Party since 1945, Londres, 1960. — J. Bellamy et J. Saville (éd.), Dictionary of Labour Biography, t. II. — Dictionary of National Biography, 1951-1960.

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