GRIVEL Joseph, René

Par Alain Dalançon

Né le 15 janvier 1933 à Arlanc (Puy-de-Dôme), mort le 5 juin 2007 à Saint-Benoît (Vienne) ; professeur ; militant communiste, militant syndicaliste du SNES, co-secrétaire de la section académique (S3) de Poitiers (Vienne) (1967-1976).

Joseph Grivel au congrès national du SNES de 1971
Joseph Grivel au congrès national du SNES de 1971
Arch. IRHSES.

Joseph Grivel ne connut pas son père qui mourut neuf mois après sa naissance. Gravement blessé et mutilé d’un bras lors de la bataille de la Somme en 1916, ce dernier avait obtenu un emploi de facteur qu’il ne pouvait plus assurer depuis 1929 en raison de la maladie. Invalide à 100 %, il fut reconnu « mort pour la France », de sorte que son fils devint pupille de la Nation. Joseph Grivel fut donc élevé avec ses trois sœurs aînées par sa mère qui tenait un petit café-restaurant dont le couple était propriétaire.

Après le cours complémentaire d’Arlanc, Joseph Grivel fréquenta l’école nationale professionnelle de Thiers (Puy-de-Dôme), y obtint son baccalauréat puis décida d’entrer dans les Postes à Paris. Il y rencontra Georgette Guirado, une bordelaise, élève de l’École normale supérieure de l’enseignement technique (section D, 1953-1954) qu’il épousa en août 1954 à Paris (XIIIe arr.) et avec laquelle il eut deux enfants.

Joseph Grivel suivit son épouse nommée professeur certifiée de sciences et techniques économiques (STE) au collège commercial de jeunes filles de Poitiers et décida alors d’entreprendre des études de Droit, tout en étant maître d’internat au collège Alfred de Vigny de Loches (Indre-et-Loire). À la rentrée 1955, il fut affecté comme instituteur remplaçant dans la Vienne et fut titularisé en 1958. Il commença alors à militer au Syndicat national des instituteurs (SNI) dans une section départementale à majorité « ex-cégétiste » dirigée par René Bibault. À cette époque, il adhéra au Parti communiste français et participa notamment aux campagnes contre la guerre d’Algérie.

En septembre 1958, son sursis arrivé à expiration, Joseph Grivel partit au service militaire à Bordeaux (Gironde) puis, à partir de janvier 1959 et durant deux années, à la base de Bizerte (Tunisie) où il était infirmier. Son opposition à la guerre coloniale en fut renforcée, il devint plus tard un militant de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie-Maroc-Tunisie.

Après deux années d’enseignement dans la Vienne en tant qu’instituteur à Châtellerault puis à Buxerolles, Lusignan et Mignaloux-Beauvoir, Grivel reprit des études de Droit, termina sa licence et, avec l’aide de son épouse, prépara le CAPET de STE auquel il fut admis en 1964, ce qui lui permit d’être nommé professeur certifié au lycée commercial de la Cathédrale de Poitiers où il rejoignit son épouse. Le couple enseigna ensuite au nouveau lycée Aliénor d’Aquitaine de Poitiers jusqu’à la retraite, l’une et l’autre ayant été promus au grade d’agrégé par liste d’aptitude.

Joseph Grivel milita à partir de 1964 au Syndicat national de l’enseignement technique (SNET) dans le courant « Union pour une action syndicale efficace » avec son camarade Michel Bloch. Lorsque la fusion du SNET et du SNES eut lieu en 1966, il fit partie de la nouvelle commission administrative de la section académique (S3) de Poitiers du syndicat national des enseignements de second degré à majorité « Unité et Action », dirigée par André Dufour. Il ne tarda pas à remplacer Raymond Jean, militant du courant « autonome » de l’ex-SNET comme secrétaire académique adjoint en 1967.

À la rentrée 1968, André Dufour ayant décidé d’enseigner à l’École normale d’instituteurs, Joseph Grivel devint co-secrétaire académique avec Jacques Maneuf, professeur de lettres classiques. Le tandem fonctionna à cette responsabilité jusqu’en 1976, date à laquelle le témoin fut transmis à Alain Dalançon. Il resta cependant membre de la CA académique jusqu’à sa retraite.

Au cours de ses mandats de secrétaire académique, la syndicalisation progressa considérablement et dépassa les 3 000 adhérents. L’importance du traitement des affaires personnelles auxquelles il se consacra n’y était pas étrangère. En 1973, Édouard Patard, responsable national du SNES des commissions paritaires, l’appela dans son équipe. Il fut ainsi membre de la commission administrative paritaire nationale des certifiés durant deux mandats. Également commissaire paritaire académique, il était très connu dans toute l’académie pour les innombrables cas personnels qu’il défendit auprès de l’administration.

Affecté depuis longtemps par la maladie, Joseph Grivel militait cependant toujours activement jusqu’à son décès dans son parti et son syndicat en tant que retraité.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75540, notice GRIVEL Joseph, René par Alain Dalançon , version mise en ligne le 23 décembre 2009, dernière modification le 14 janvier 2018.

Par Alain Dalançon

Joseph Grivel au congrès national du SNES de 1971
Joseph Grivel au congrès national du SNES de 1971
Arch. IRHSES.

SOURCES : Documentation IRHSES. — Archives de la section académique du SNES de Poitiers. — Témoignages oraux.

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