GOSNAT Georges, Raoul (version DBK)

Par Claude Pennetier

Né le 3 décembre 1914 à Bourges (Cher), mort le 22 mai 1982 à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) ; fils de Venise Gosnat ; secrétaire général de la Compagnie maritime France-Navigation en 1937 ; député communiste de Charente-Maritime puis d’Ivry-Vitry ; membre du comité central de 1954 à 1982 ; trésorier du Parti communiste français.

Georges Gosnat passa les neuf premières années de son enfance à Bourges puis partit avec ses parents dans la région parisienne, en particulier à Ivry-sur-Seine qui resta sa ville d’attache et dont il fut député jusqu’à sa mort. Adhérent des Jeunesses communistes en 1930, il devint secrétaire des JC d’Ivry en 1933. Son père, ouvrier forgeron à Bourges, licencié pour ses activités syndicales, était devenu le très influent concierge-gérant d’une cité d’HBM à Ivry, et, avait été chargé de cacher des militants communistes clandestins. Georges eut ainsi la chance de connaître, dès l’âge de quatorze ans, Maurice Thorez*, puis Eugen Fried*, représentant de l’Internationale communiste. Le secrétaire du PC s’attacha à cet adolescent qui partageait les idées de son père et disposait des qualités humaines et intellectuelles nécessaires à un cadre communiste.

Sur les conseils de Maurice Thorez*, il accéda pendant son service militaire au grade d’aspirant de la Marine, qui fit de lui un des premiers officiers communistes de cette arme. Avant même sa libération, Thorez* avait décidé de son avenir en proposant à Giulio Cerretti* de le faire entrer à la Compagnie maritime France-Navigation, compagnie créée en avril 1937 avec des capitaux communistes. Il fut donc nommé secrétaire général. Un rapport signé Allard (Guilio Ceretti*) et rédigé à Moscou en mars 1941, témoigne de la confiance que lui faisait l’IC : « Sa culture générale est assez étendue et il possède une formation théorique relativement solide. Il est actif, dynamique même, et doué d’une intelligence remarquable. En toute circonstance, il a fait preuve de fermeté, de droiture et de dévouement. Georges Gosnat doit être placé [considéré comme] au premier rang de mes collaborateurs pour la direction quotidienne de France-Navigation : à la compagnie il était vraiment l’homme du Parti. [...] Georges Gosnat est sans doute un des camarades qu’il convient de suivre attentivement pour le pousser aux postes responsables. » (extrait d’un rapport de trois pages intitulé « Caractéristiques de Georges Gosnat », RGASPI).

Georges Gosnat fit preuve dans ses fonctions de dévouement au Parti comme d’habileté et d’autorité avec les interlocuteurs non-communistes. Même si le véritable responsable était Ceretti*, il eut un rôle important dans le ravitaillement en armes soviétiques de la République espagnole. Ces activités lui donnèrent l’occasion de séjourner en URSS courant août 1938.

Mobilisé comme lieutenant en septembre 1939, prisonnier au cours des premiers combats de mai 1940 en Belgique, il fit plusieurs tentatives d’évasion, fut blessé et transféré au camp disciplinaire de Lübeck où l’Armée rouge le libéra. Son épouse fut arrêtée le 31 janvier 1942 puis déportée à Ravensbrück. Son père avait été résistant et dans la clandestinité responsable aux cadres du PCF.

De retour en France, Georges Gosnat connut une très rapide promotion dans le Parti communiste français. Député de Charente-Maritime de 1945à 1958, il fut sous-secrétaire d’État à l’Armement, en 1946, au côté du ministre Charles Tillon*. Le congrès national d’Ivry (avril 1954) l’élut membre suppléant du comité central puis le congrès du Havre (1956) le titularisa. Georges Gosnat était, avec Jean Jérôme*, un des principaux responsables des activités commerciales et financières du Parti communiste français. La promotion de Georges Marchais au secrétariat général en 1972 correspondit à un renforcement de son rôle. Le 22e congrès (1976) lui attribua les fonctions d’administrateur du comité central, de trésorier du Parti et de responsable du bureau de presse. Georges Gosnat conservait une grande facilité de contacts qui en faisait un habile ambassadeur du PCF dans les milieux de la presse, des affaires ou de la haute administration.

Son fils, Pierre Gosnat, devint maire d’Ivry-sur-Seine en décembre 1998.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75577, notice GOSNAT Georges, Raoul (version DBK) par Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 décembre 2009, dernière modification le 30 décembre 2009.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, Moscou, 495 270 307 et495 270 999 (dossier personnel de son père, Venise Gosnat). — Notice par Jean Maitron et Claude Pennetier dans le DBMOF.

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