JONAS Jean. Pseudonyme : VAN DAM Jean

Par José Gotovitch

Né le 2 février 1909 à Liège, mort en février 1992 à Bruxelles ; ouvrier ajusteurqualifié ; secrétaire de la Jeunesse communiste belge (JCB) ; membre du bureau politique du PCB ; élève de l’École léniniste internationale ; délégué au VIIe congrès de l’IC.

Le bureau exécutif de la JCB en 1934 :
Le bureau exécutif de la JCB en 1934 :
Debout de g à dr :
André HOULLEZ, X, Buntea CRUPNIC, Jean JONAS, X, Pierre BOSSON, René BEELEN

Né dans une famille ouvrière non politisée (père ouvrier métallurgiste, mère ménagère) Jean Jonas suivit les cours de l’école professionnelle et entra dans un atelier mécanique à 16 ans. Il travailla ensuite pendant six ans dans une grande entreprise de la région liégeoise. Il était alors membre du syndicat socialiste. Jonas adhéra à la Jeunesse Communiste en février 1929. Après un service militaire de 13 mois, le 3e congrès de la JCB le désigna comme secrétaire national en janvier 1931. Passé dès lors dans le cadre permanent (payé deux mois sur neuf…), il adhéra au PC et fut très rapidement élu au comité central, lors du 5e congrès du Parti (mai 1931). Cette promotion pour le moins rapide était significative de l’extrême faiblesse du PCB pendant cette période, laminé par une scission trotskyste et les effets de la politique « classe contre classe ». Jonas vint combler les vides de la direction de la JC happée par le Parti. En 1931, il s’exerça sur le terrain en participant activement à une grande grève du textile dans le Nord de la France, où travaillaient de nombreux Belges.

Il arriva en URSS en septembre 1931, porteur d’un passeport suisse pour suivre les cours de l’École léniniste internationale sous le pseudonyme de Jean Van Dam. Comme l’indique le questionnaire biographique qu’il remplit à Moscou, sa culture politique demeurait limitée. Il y suivit deux sessions successives de l’ELI : la première dura 14 mois, la seconde fut interrompue en avril 1933 par un ordre de rappel militaire.

Affecté à son retour à la direction de la Fédération liégeoise du Parti, il participa à la signature du pacte d’unité d’action avec les Jeunesses socialistes et trotskystes. Son autobiographie de1935 mentionne : « Élevé à l’école du travail sectaire du Parti communiste belge, j’ai été parmi les partisans [...] parmi les responsables directs de la conclusion du Pacte [...] Après avoir fait accepter ce pacte au sein de la fédération (de Liège) j’ai travaillé à la correction de la faute commise… ». Il y réussit tant et si bien qu’en novembre 1934, il fut à nouveau désigné à la tête des JC, les responsables précédents ayant été écartés et/ou appelés à Moscou (Henri Laurent ; Henri De Boeck, Marc Willems). Le même mois, le comité central du PC élargit le bureau politique et l’y désigna.

Confirmé à son poste et ses fonctions par la conférence nationale d’avril 1935 qui assura le tournant vers la nouvelle politique, Jonas participa au VIe congrès de l’Internationale communiste des jeunes et fit partie de la délégation belge au VIIe congrès de l’IC. Dès son retour, il entama et mena à bien avec la Jeune garde socialiste les négociations qui conduisirent à l’unification des deux organisations sous le nom de « Jeune garde socialiste unifiée ». Appelé à Moscou en juin 1936 par le Secrétariat du Comité exécutif de l’Internationale communiste, il y présenta la politique d’unité conçue par le PCB et en discuta, principalement avec Raymond Guyot et Tchémodanov. Il reçut le feu vert pour l’appliquer. L’unification intervenue en décembre 1936, cas unique dans l’IC, après le modèle espagnol, dut beaucoup à l’élan unitaire né de la solidarité avec la République. Devenu alors permanent (enfin) payé, Jean Jonas assura la rédaction en chef du mensuel de la Jeune garde socialiste unifiée (JGSU), Jeunesse Nouvelle. En mars 1937, cédant à l’obligation de quitter le PCB, imposée par les socialistes, il quitta également le BP où il fut cependant fréquemment « invité ». En avril, il mena une délégation JGSU en Espagne.

Mais la rupture de l’unité en mai 1939 le ramena au PC où l’ancien ajusteur se vit confier la diffusion de la littérature. Réélu au comité central en 1939, mobilisé, prisonnier de guerre libéré parce que « flamand » au début de 1941, il refusa la clandestinité et se retrouva en dehors du PC, sans bruit ni désaccord. Sa demande de réadmission fut acceptée par le Secrétariat national le 4 octobre 1944 avec remise à la base.

Devenu fonctionnaire de haut niveau dans une administration dirigée par un ministre communiste entre 1945 et 1947 il fut mis à la porte par son successeur. Il accomplit ensuite une carrière administrative qui le porta de commis à secrétaire d’administration dans un organisme parastatal (semi-public), sans plus se signaler par une activité militante. Son avis nécrologique ne portait cependant qu’une seule mention « Ancien secrétaire national des Jeunesses communistes ». Il avait épousé après-guerre Léa Gilis, ancienne compagne d’un journaliste, volontaire des Brigades tombé en Espagne, Piet De Moor.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75581, notice JONAS Jean. Pseudonyme : VAN DAM Jean par José Gotovitch, version mise en ligne le 30 décembre 2009, dernière modification le 4 octobre 2010.

Par José Gotovitch

Le bureau exécutif de la JCB en 1934 :
Le bureau exécutif de la JCB en 1934 :
Debout de g à dr :
André HOULLEZ, X, Buntea CRUPNIC, Jean JONAS, X, Pierre BOSSON, René BEELEN

SOURCES : RGASPI, 495 193 469. — CARCOB, microfilms IML, PV du bureau politique et du comité central du PCB ; Archives de l’ICJ, Section belge. — CEGES, Entretien avec R. Van Doorslaer, 1978.

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