LAPORTE Maurice, Marcel. Pseudonymes : MORISS Marcel, ROCHARD J.-M. (version DBK)

Par Michel Dreyfus

Né le 28 janvier 1901 à Courbevoie (Seine), mort à une date inconnue ; ouvrier tourneur sur métaux puis journaliste ; secrétaire général des Jeunesses communistes (1921-1923), délégué des JC au comité directeur du Parti communiste (19221923) ; secrétaire du Comité de l’Internationale communiste des jeunes (1921 et 1922).

Issu d’une famille catholique, Maurice Laporte qui fréquentait en 1914 des militants socialistes au restaurant coopératif « Chez nous » à Puteaux, travailla en usine à partir de l’année suivante et ce jus-qu’en 1920. Selon son témoignage, il serait entré au Parti socialiste après 1916 et y aurait défendu des positions pacifistes. Son influence au sein des Jeunesses socialistes progressa rapidement. Lors de la conférence nationale des JS tenue à Troyes en avril 1920, il s’affirma en faveur de l’adhésion immédiate à l’Internationale communiste alors que la direction sortante, soucieuse de ne pas rompre avec la SFIO, se prononçait pour l’autonomie et l’adhésion avec réserves.

Laporte tenta de se rendre à la conférence des Jeunesses socialistes occidentales tenue à Milan le 21 mai 1920 mais il fut interpellé par la police alors qu’il s’efforçait de franchir la frontière italienne.
Avec d’autres dirigeants des JS, Laporte organisa, en juillet 1920, une conférence de la minorité de la Jeunesse socialiste ; ayant conquis la majorité au sein des JS, cette tendance décida de ne pas faire scission mais de convoquer un congrès. Elle créa un Comité pour l’autonomie des jeunes qui, suite à son adhésion à l’IC, se transforma en Comité de l’Internationale communiste des jeunes dont Laporte assura le Secrétariat. En septembre, il aurait été approché par S. Bamatter* et Vujovic* afin de faire adhérer les JS à l’IC. Le congrès, qui s’ouvrit le 3 octobre 1920 à la Bellevilloise à Paris, vit l’adoption de la motion d’adhésion sans réserves à l’IC par 5443 mandats contre 1958 aux reconstructeurs et 350 abstentions. Laporte fut élu secrétaire de la Fédération nationale des jeunesses socialistes-communistes qui, en 1921 devait prendre le nom de Fédération des jeunesses communistes, et directeur de son journal, L’Avant-garde ouvrière et communiste, créé en septembre comme organe du Comité de l’Internationale communiste des jeunes.

Laporte représenta les Jeunesses au congrès de Tours. Principal dirigeant des Jeunesses, permanent appointé à 800 F par mois, il fut secrétaire général jusqu’en mai 1923. Il participa aux congrès du Parti communiste en 1921 et 1922, date à laquelle il soutint la Gauche. Sans être membre à part entière du comité directeur, le 21 octobre 1922 il siégea avec G. Péri et David, à la première réunion du comité directeur tenue suite au 2e congrès du PC (1519 octobre 1922) ; au sein de cette instance, il lui arriva encore de représenter les JC. Il fut également membre du conseil d’administration de l’Humanité.

Le 19 mai 1921, il partit clandestinement — il n’avait pas demandé de passeport — à Moscou pour assister au IIIe congrès de l’IC ainsi qu’au congrès de l’Internationale communiste des jeunes où il se fit remarquer par son extrême assurance. Il participa également au IVe congrès de l’IC (novembredécembre 1922) ainsi qu’au IIIe congrès de l’Internationale communiste des jeunes où le travail fait par les JC en France fut couvert d’éloges par l’Exécutif de l’IC. Laporte semble avoir été présent, en janvier 1923, à la conférence internationale d’Essen (Allemagne) où communistes allemands et français cherchèrent à organiser la lutte contre le « diktat de Versailles ». De 1921 à 1923, selon son témoignage, il aurait fait de nombreux voyages à Berlin.
Plusieurs fois arrêté de 1921 à 1923 pour ses activités, Laporte fut réélu au conseil d’administration de l’Humanité lors de la conférence nationale de Boulogne, le 21 janvier 1923. Rien n’annonçait son éloignement des postes de responsabilité. Toutefois, bien que son rapport moral et administratif ait été adopté lors du 3e congrès des JC tenu les 20 et 21 mai à Lyon, il ne sollicita pas le renouvellement de ses mandats — il se serait trouvé alors à Moscou et aurait été ébranlé par la disparition de son ami Gino di Marchi, délégué italien au Comité exécutif des Jeunes. Ce fut alors J. Doriot* qui lui succéda à la tête des JC. Quelles raisons poussèrent Laporte à prendre cette décision ? Toutefois, sa décision ne signifiait pas une rupture politique puisqu’il fut chargé de l’organisation du PC dans l’Est de la France, tout particulièrement à Belfort où les amis de Frossard* qui avait rompu en janvier 1923 étaient nombreux. Laporte fut-il alors en rapport avec Frossard* ?

Il rompit définitivement avec le PC en 1925 et s’engagea alors dans la publication d’ouvrages anticommunistes et antisoviétiques où il dénonçait l’intervention des Soviétiques dans la vie politique des pays occidentaux. Il écrivit dans plusieurs journaux de droite et d’extrême droite et, durant la Seconde Guerre mondiale, donna des articles à la presse collaborationniste.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75605, notice LAPORTE Maurice, Marcel. Pseudonymes : MORISS Marcel, ROCHARD J.-M. (version DBK) par Michel Dreyfus, version mise en ligne le 31 décembre 2009, dernière modification le 31 décembre 2009.

Par Michel Dreyfus

SOURCES : Notice par J. Maitron et Cl. Pennetier, DBMOF, t. 33. — M. Laporte, Les mystères du Kremlin. Dans les coulisses de la IIIe Internationale, Paris, La Renaissance moderne, 1928, 256 p. — Espions rouges, Paris, 1929.

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