HAGE Georges, Edmond, Louis

Par Jacques Girault

Né le 11 septembre 1921 à Douai (Nord), mort le 21 janvier 2015 à Douai ; professeur d’éducation physique et sportive ; militant syndicaliste du SNEP ; militant communiste ; député du Nord (1973-2007).

Georges Hage
Georges Hage
Assemblée nationale, Notices et portraits

Fils d’un artisan coiffeur d’opinions républicaines, vice-président des coiffeurs de l’arrondissement, qui avait quatre enfants, Georges Hage reçut les premiers sacrements catholiques. Élève de l’école primaire supérieure, titulaire du brevet supérieur, devenu « agnostique », il commença à enseigner comme instituteur intérimaire en 1940 dans le Nord (Guesnain, puis Dorignies où il fut titularisé en 1944-1945). Adepte du scoutisme, il encadra des colonies de vacances pendant la guerre. Après avoir été versé pour son service militaire dans l’aviation (octobre 1945-février 1946), il devint enseignant intérimaire d’éducation physique à Douai. Inscrit à la Faculté des Lettres de Lille, il obtint deux certificats de la licence de psychologie. Inscrit à la Faculté de Médecine de Lille, il prépara l’École normale supérieure d’éducation physique et y entra en 1947-1948. Il fit partie de l’équipe de hand-ball à onze de l’ENSEP qui fut deux fois championne de France universitaire. Sélectionné dans l’équipe de France universitaire, il joua ensuite pendant six ans dans l’équipe de Billy-Montigny. Il devint professeur d’EPS au collège d’Avesnes-sur-Helpe (1949-1951) puis à l’École normale d’instituteurs de Douai où il enseigna jusqu’en 1973.

Membre du Syndicat national des instituteurs puis du syndicat national des professeurs d’éducation physique, Hage, élu à la commission administrative nationale du SNEP à la fin des années 1950 et au début des années 1960, lutta contre les orientations de la majorité « autonome ». Il fut élu à la commission administrative paritaire académique. Il était toujours membre du SNEP en 2009.

Georges Hage se maria exclusivement civilement en janvier 1972 à Douai avec un professeur d’éducation physique et sportive. Le couple eut un fils.

Hage adhéra au Parti communiste français en novembre 1957. Membre du secrétariat de la section communiste de Douai, responsable de la propagande, il entra au comité de la fédération communiste du Nord en 1963, au bureau fédéral en 1968, revint au seul comité fédéral en 1977 et en faisait toujours partie à la fin des années 1990. Il fut le responsable de la commission « sports et santé » créée en 1968. Il suivit le stage central organisé par le PCF pour les enseignants d’EPS (septembre 1965).

Arthur Ramette ne se représentant pas, Hage fut le candidat communiste aux élections législatives de 1973 dans la 16e circonscription (Douai-sud-Marchiennes). Sur 61 493 inscrits, il arriva en tête au premier tour avec 23 224 voix et fut élu le dimanche suivant avec 30 881 voix. Réélu en 1978 (69 772inscrits , 27 885, puis 37 470 voix), il conserva le siège en 1981 (secrétaire du bureau de l’assemblée), en 1986, en 1988, en 1993. Il fut entre 1973 et 1994 membre de la Commission des affaires familiales, culturelles et sociales. Rapporteur pour avis du budget de la Jeunesse et des Sports, rapporteur de la loi Avice (juillet 1984), il présida l’intergroupe parlementaire chargé d’examiner les questions des personnes handicapées. Il fut aussi membre de la commission consultative des radios libres au début des années 1980.

Il fut réélu en 1997 (au deuxième tour, seul candidat) et en 2002. Confirmé comme membre de la Haute Cour de Justice, il devint alors membre de la Commission des Affaires étrangères dont il fut le vice-président. Il fut aussi le vice-président de l’Assemblée de 1988 à 1993 puis d’avril 1994 à janvier 1995. Pendant ces mandats, il fut membre de divers conseils d’administration (Antenne 2, TF1, Institut national audiovisuel). Il présida la délégation du bureau chargé de l’informatique parlementaire et fut le rapporteur de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques. De mars à juillet 1998, il présida la mission d’information sur la lutte contre les exclusions. Ses propositions contre le harcèlement moral dans les entreprises furent inscrites dans la loi sur la modernisation de la vie sociale en 2001.

Georges Hage fut présenté par les députés communistes comme candidat à la présidence de l’Assemblée nationale en 1988, 1991 et en 1993. Doyen de l’Assemblée nationale à partir de 1991, en juin 2002, victime d’un malaise, il ne put prononcer le discours inaugural de la législature.

Hage fut élu conseiller général du canton de Douai-Nord en 1970 au premier tour et réélu dans les mêmes conditions en 1973, en 1979. Vice-président du Conseil général, président du groupe communiste, il ne se représenta pas en 1982. Il siégea au Conseil régional de 1974 à 1982. Il y présida, pendant cette période, la commission de la santé et des affaires sociales qui s’engagea dans la création d’établissements pour handicapés, dans la rénovation des hospices et la modernisation des hôpitaux.

Il conduisit la liste communiste aux élections municipales de Douai en 1971, en 1977 et en 1983 où il fut un des cinq élus de la liste. Il fut renouvelé en 1989 et siégea jusqu’en 1995, année où il ne se représenta pas.

Dans une interview en juin 2002, Georges Hage se définissait comme « un député atypique de rupture ». En effet, il affichait son hostilité à la mutation du PCF engagée par Robert Hue. Il fut le seul député communiste en 1995 à s’opposer à l’entrée de communistes comme ministres du gouvernement dit « de la gauche plurielle » et, pendant la législature, s’opposa à l’Assemblée nationale aux projets de budgets présentés par le gouvernement présidé par Lionel Jospin. Il s’engagea dans la lutte pour un parti communiste affichant une voie révolutionnaire. Après avoir été un des organisateurs en 2000 d’une réunion à la Mutualité qui condamnait les « reniements » de la direction du PCF, il fut en mai 2001 un des dirigeants du Collectif national unitaire des communistes. En 2002, il fit partie du comité d’honneur du Comité internationaliste de solidarité de classe. Le 27 janvier 2002, considéré par les médias comme un « communiste orthodoxe », il participait au lancement de la Fédération nationale des associations « pour la renaissance communiste ». Après l’échec de Robert Hue aux élections présidentielles, dans l’Humanité du 18 juin 2002, lors de la préparation du congrès, il fut un des signataires d’un appel sous le titre « Pour un congrès extraordinaire de sortie de la mutation réformiste ». Depuis janvier 2004, il était le président d’honneur du Pôle de renaissance communiste en France. Après le nouvel échec de la candidature communiste en avril 2007, il fut le président fondateur du Collectif national unitaire des communistes créé notamment avec le soutien du Pôle de renaissance communiste en France dont le manifeste estimait « le communisme demeure le sens de l’histoire », proposait une « stratégie révolutionnaire », un « programme de rupture progressive avec l’Union européenne » et de commencer par « l’action commune ».

Le 9 février 2008, une réunion en son honneur fut organisée par ses camarades à Somain au cœur de son ancienne circonscription. Dans son allocution, il affirma avoir « placé depuis toujours mon engagement aux côtés des révolutionnaires de tous les pays sous la bannière de l’internationalisme prolétarien. » Il concluait par un raccourci de son itinéraire.

Le 20 juin 2009, lors de la remise de la Légion d’honneur à Douai, ses camarades et amis évoquèrent les diverses activités de celui qu’ils surnommaient « Geo le Bolcho ».

Outre cette activité politique, Georges Hage appartenait à diverses associations, dont la société des amis de Robespierre.

Ses obsèques civiles se déroulèrent à Douai le 26 janvier 2015. Les divers hommages rendus lors de son décès indiquaient sa vaste culture.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75620, notice HAGE Georges, Edmond, Louis par Jacques Girault, version mise en ligne le 3 janvier 2010, dernière modification le 16 février 2019.

Par Jacques Girault

Georges Hage
Georges Hage
Assemblée nationale, Notices et portraits

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Presse nationale. — Divers sites Internet.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément