LEEMANS Joseph

Par José Gotovitch

Né le 31 janvier 1901 à Verviers (Prov. De Liège), mort en 1976 à Bruxelles ; ajusteur ; représentant du Parti communiste belge (PCB) à l’IC en 1931 ; membre du bureau politique ; commissaire politique à l’état-major des Brigades en Espagne ; commandant national des Partisans armés.

Joseph Leemans et Antoine Laurent  devant un stand du Centre de Diffusion de la Littérature en 1939
Joseph Leemans et Antoine Laurent devant un stand du Centre de Diffusion de la Littérature en 1939

Né de parents ouvriers du textile, Joseph Leemans suivit les cours de l’école professionnelle mécanique pendant trois ans et acquit ensuite une formation supérieure textile à l’école du soir. Ouvrier chaudronnier, cheminot révoqué pour son action politique, ouvrier ajusteur puis technicien de 1923 à 1930, il fut mis au chômage pour raisons politiques. De 1931 à 1935, exclu du chômage, il survivra par l’assistance publique alors qu’il a en réalité entamé à partir de 1930, le parcours d’un révolutionnaire professionnel.

Dès 1919, il adhéra au groupe communiste de Verviers et participa au congrès de fondation du PCB en 1921. Secrétaire des Jeunesses communistes de Verviers, puis de 1924 à 1935, Secrétaire politique de la Fédération de Verviers, il fut membre du comité central de 1928 à 1935.

Conseiller communal communiste de Verviers dès 1925, (il le demeure jusqu’en 1940) il s’engagea totalement dans les multiples luttes ouvrières sans crainte d’affronter les forces de l’ordre. Dès lors il subit de nombreux emprisonnements et condamnations (1929, 1932, 1934) pour faits de grève. Il fut aussi condamné à trois mois de prison pour une question de passeport utilisé par l’appareil international et subit encore un mois de prison militaire à son retour d’Espagne en 1937. En 1924, il avait épousé une ouvrière textile ( Félicie Ariens , 1902- 1945), une militante communiste. Ils eurent deux enfants.
Il fut conseiller communal de Verviers de 1925 à 1940.

En 1930, Leemans suivit une formation pendant deux mois à la CGTU à Paris et Lyon. À partir de février 1931, il travailla sept mois à Moscou au Secrétariat latin comme représentant du PCB. À son retour, exclu des emplois en métallurgie, il vécut du chômage et de divers emplois dans le bâtiment. Considéré par les cadres de l’Internationale communiste comme un excellent agitateur et propagandiste et comme un « homme de masse », sa formation théorique était jugée faible mais sa détermination et sa fidélité soulignées.

Remis à la base en 1935 pour travail fractionnel et sectarisme - en fait plus une question d’oppositions de personnes que de politique- il fut réélu en 1936 au comité central et au bureau politique dont il avait été déjà membre de 1929 à 1931. Son rôle dans l’action unitaire en 1936 fut mis en exergue à cette occasion. En octobre 1936, le BP le désigna comme délégué en Espagne. Après avoir exercé comme commissaire politique de Brigade, il fut appelé au commissariat général à Albacète où il travailla directement aux côtés de Marty et Vidal. Le délégué de l’IC en Belgique souligna à son retour en mai 1937 les progrès politiques accomplis et les capacités de direction acquises.

Parmi d’autres tâches, (responsable de la diffusion de la littérature) il devint alors le premier Responsable national des cadres et comme tel assura l’organisation clandestine du PCB , mais aussi de l’appareil français et international en Belgique en 1939-1941, en liaison directe avec Tréand.

En 1941, sur injonction de Berei et en contact permanent avec lui, il mit sur pied les Partisans armés dont il devint le Commandant national jusqu’en avril 1943. Il fut alors secrétaire national d’organisation jusqu’à son arrestation le 23 juillet 1943. Il fut déporté à Sachsenhausen et Mauthausen. Sa première épouse, Félicie Ariens fut également arrêtée et mourut en déportation. Remis à la base au retour, pour avoir participé au marché passé avec la SIPO-SD (Sicherheitspolizei und Sicherheitsdienst, police secrète SS) par les quatre dirigeants du PCB arrêtés en juillet 1943, afin de sauver les cadres, il retourna à l’usine. Ajusteur à Bruxelles, il devint en 1946 inspecteur au ministère du Ravitaillement, dirigé par un ministre communiste Repris dans le cadre en 1947 comme secrétaire politique de la Fédération du Centre, puis du Borinage, il fut réélu au CC en 1948, éliminé en 1954, et finalement réélu de 1957 à 1963. Retraité, il assura la présidence de l’Amicale des Vétérans jusqu’à sa mort. Il avait épousé en seconde noce Simone Philippe, veuve d’un militant verviétois décédé en captivité.

Joseph Leemans présente la caractéristique rare en Belgique d’un parcours communiste total incarnant tous les traits emblématiques : ouvrier, militant syndical, adhérant de la première à la dernière heure, charismatique, affrontant la répression, assumant les responsabilités locales, nationales et internationales, homme de confiance de l’IC, apte au travail illégal, cumulant l’aura des Brigades à celle des Partisans Armés. Assombri par l’épisode tragique de juillet 1943, son chemin repasse sans barguigner par la base pour reconquérir son honneur de militant et finir par assurer la mémoire du parti .

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75627, notice LEEMANS Joseph par José Gotovitch, version mise en ligne le 1er août 2010, dernière modification le 10 août 2010.

Par José Gotovitch

Joseph Leemans et Antoine Laurent devant un stand du Centre de Diffusion de la Littérature en 1939
Joseph Leemans et Antoine Laurent devant un stand du Centre de Diffusion de la Littérature en 1939

SOURCES : RGASPI, 495-193-32 ; Fonds Dimitrov, 495-10a-153. — Interviews par l’auteur, juin 1967et 2 juin 1975. — Botterman Xavier, Histoire du mouvement communiste à Verviers (1919-1940), Carcob Archives communistes, Bruxelles, 2009. — CARCOB, Dossier CCP.

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