KINGSLEY Charles

Né le 12 juin 1819 à Holne, Devonshire ; mort le 23 janvier 1875 à Eversley, Hampshire ; écrivain et socialiste chrétien.

Fils de pasteur anglican, Charles Kingsley se destine lui aussi à l’Église et il est ordonné en 1842 à la fin de ses études à Cambridge. D’abord nommé vicaire, il devient en 1844 curé de la paroisse rurale d’Eversley, dans le Hampshire, charge qu’il conservera jusqu’à sa mort. Quelques années plus tard, en 1848, il fonde avec Maurice* et Ludlow* le mouvement du « socialisme chrétien ». Tous trois (bientôt rejoints par Thomas Hughes*) lancent un hebdomadaire, « Une politique pour le peuple » (Politics for the People) afin de faire connaître leurs idées. Kingsley signe ses articles du pseudonyme de « Parson Lot ».

C’est la même année que Kingsley fait paraître en feuilleton, dans le Fraser’s Magazine, son premier roman, Yeast, description passionnée de la misère des ouvriers agricoles anglais. En 1850, il écrit son deuxième roman à thèse, « Alton Locke, tailleur et poète » (Alton Locke : Tailor and Poet). Librement inspiré de la vie de Thomas Cooper, ce récit fait écho à l’aventure chartiste et décrit le sweating system qui prévaut chez les ouvriers du vêtement.

Mais au cours des années 1850, l’enthousiasme de Kingsley pour les réformes sociales faiblit et lui-même cherche plutôt son inspiration dans l’histoire, comme c’est le cas pour son plus célèbre roman, Westward Ho ! (1855), récit d’aventures patriotiques. En 1860, Kingsley est nommé professeur d’histoire moderne à l’Université de Cambridge. A la même époque la reine Victoria, qui admire son œuvre, fait de lui l’un de ses chapelains. Sa carrière est dès lors assurée.

Avec les années, Kingsley est devenu de plus en plus nationaliste et à l’occasion de la guerre de Crimée, il écrit une « Adresse aux Braves » (Brave Words for Brave Soldiers), qui connaît un grand succès. Mais surtout, lorsqu’en 1865 le gouverneur de la Jamaïque, Eyre, réprime avec brutalité une rébellion indigène, Kinsgley prend aussitôt sa défense : le débat fait rage pendant plusieurs années, avec d’un côté, parmi les partisans d’Eyre, Ruskin, Carlyle, Dickens, de l’autre, Stuart Mill, Darwin, John Bright et d’autres contemporains éminents, qui réclament qu’il soit traduit en jugement.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75685, notice KINGSLEY Charles, version mise en ligne le 5 janvier 2010, dernière modification le 13 décembre 2010.

ŒUVRE : La production littéraire de Charles Kingsley est très importante et comprend notamment plusieurs romans et des poèmes. Les deux romans Yeast et Alton Locke ont été écrits pendant la période d’adhésion au socialisme chrétien. C’est à la même époque que Kingsley collabore aux journaux Politics for the People, le Co-operator et le Christian Socialist. La femme de Kingsley a édité, en 1877, deux volumes de « Lettres et Souvenirs », Letters and Memorials, Londres.

BIBLIOGRAPHIE : L. Cazamian, Kingsley et Thomas Cooper : étude sur une source d’Alton Locke, Paris, 1903. — CE. Raven, Christian Socialism, 1848-1854, Londres, 1920. — J. Saville, « The Christian Socialists of 1848 », Democracy & the Labour Movement, J. Saville éd., Londres, 1954. — T. Christensen, Origin & History of Christian Socialism, 1848-1854, Aarhus, 1962. — B. Semmel, The Governor Eyre Controversy, Londres, 1962. — M. Reboul, Charles Kingsley : la formation d’une personnalité et son affirmation littéraire (1812-1850), Paris, 1973. — S. Chitty, The Beast and the Monk : A Life of Charles Kingsley, Londres, 1974.

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