MACARTHUR Mary

Née le 13 août 1880 à Glasgow ; morte le 1er janvier 1921 à Londres ; syndicaliste et socialiste.

Née dans une famille aisée et conservatrice, Mary Macarthur commence à travailler comme comptable dans l’entreprise de tissus de son père. Mais en 1901, après avoir assisté à une réunion organisée par le syndicat des employés de magasin (Shop Assistants’ Union) elle rompt avec les opinions de son milieu et se convertit au syndicalisme ; quelques mois plus tard, elle adhère au Shop Assistants’ Union, au service duquel elle met toute son ardeur et son dynamisme. En 1902, Mary Macarthur participe au congrès annuel du SAU à Newcastle, où elle se fait remarquer par la dirigeante Margaret Bondfield*. C’est le début d’une longue amitié. Élue un an plus tard au Comité exécutif national, elle s’installe à Londres comme secrétaire générale de la Ligue syndicaliste des femmes (Women ‘s Trade Union League). Désormais toute son activité se concentre sur la promotion des femmes au travail.

En 1906 Mary Macarthur fonde la Fédération nationale des travailleuses (National Federation of Women Workers) qui fait fonction de syndicat général ouvert à toutes les ouvrières quelle que soit leur qualification. Le nombre des adhérentes n’a jamais été très élevé, mais l’organisation permet de faire connaître et de soutenir les revendications des ouvrières et des employées. En 1907, Mary Macarthur lance un journal bon marché, le Woman Worker (La Prolétaire), qu’elle anime jusqu’à la fin de 1908. Mary Macarthur se consacre également à la campagne qui dénonce l’exploitation des femmes par le sweating system dans certains métiers et elle dépose en 1908 devant la Commission d’enquête sur le travail à domicile. Lorsque sont créées en 1910 des commissions de contrôle pour l’emploi (trade boards), elle se dépense pour que les contrôles soient réellement effectués.

L’engagement syndical de Mary Macarthur l’entraîne vers le socialisme. Dès 1901, elle avait secondé Robert Smillie* dans sa compagne à l’occasion d’une élection partielle, mais c’est en 1909 qu’elle entre au conseil national de l’Independent Labour Party. A cette époque, elle a rencontré William Anderson* qu’elle épouse en 1911 et qui exerce sur elle une grande influence. Anderson est un des dirigeants de l’ILP et lorsque éclate la Première Guerre mondiale, il se range au côté des pacifistes. Mary Macarthur proclame elle aussi son hostilité à l’entrée en guerre de la Grande-Bretagne ; néanmoins elle ne mène pas campagne contre la guerre, mais préfère lutter pour le maintien du niveau de vie de la classe ouvrière. En 1918, elle se présente sans succès aux élections législatives.

La mort prématurée d’Anderson en 1919 atteint profondément Mary Macarthur. Elle tombe malade peu de temps après la disparition de son mari et meurt d’un cancer le 1er janvier 1921, le jour même où la Fédération nationale des travailleuses fusionne avec la section féminine du Syndicat général des travailleurs (National Union of General Workers).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75700, notice MACARTHUR Mary, version mise en ligne le 5 janvier 2010, dernière modification le 5 janvier 2010.

ŒUVRE : Nombreux articles de journaux et revues. — Collaboration à Problems of Reconstruction, éd. marquis de Crewe, Londres, 1918. — Women and the Labour Party (Les femmes et le Labour), éd. Marion Phillips, Londres, 1918. — etc.

BIBLIOGRAPHIE : M.A. Hamilton, Mary Macarthur, Londres, 1925. — Lucy Middelon éd., Women in the Labour Movement : the British Experience, Londres, 1977. — S. Boston, Women Workers and the Trade Union Movement, Londres, 1980. — G. Braylon, Women Workers in the First World War, Londres, 1981. — Dictionary of National Biography, 1912-1922. — Joyce Bellamy, John Saville (éd.), Dictionary of Labour Biography, t. II.

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