MAXTON James

Né le 22 juin 1885 à Pollockshaws, Glasgow ; mort le 23 juillet 1946 à Largs, Ecosse ; leader de l’Independent Labour Party.

Né dans une famille d’instituteurs, James Maxton entre à l’Université de Glasgow à dix-sept ans. Rien ne semble l’orienter vers la gauche et même, à l’université, il se proclame ardent unioniste et adhère aux Fusiliers volontaires du Lanarkshire. L’année suivante, en 1903, il est séduit par le socialisme de John Maclean* sans cependant entrer à la Social Democratic Federation. Il quitte l’université en 1904, prend un poste d’enseignement à Pollockshaws et prépare une maîtrise qu’il obtient en 1910, tout en s’efforçant, sans grand succès d’ailleurs, d’organiser les instituteurs.

1904 est l’année de son adhésion à l’Independent Labour Party. Militant actif, bon orateur, Maxton se fait peu à peu connaître, ce qui lui vaut d’être élu en 1912 représentant de l’Ecosse au Conseil national administratif du parti. Jusqu’à sa mort, il siégera à ce conseil et il le présidera à plusieurs reprises. Lorsque la guerre éclate, il publie avec les autres membres du Conseil national un manifeste condamnant « ce crime contre les nations », mais contrairement à ses camarades du Conseil et d’accord avec la majorité de l’I.P.L. écossais, il ne récuse pas la guerre par principe, considérant qu’il serait légitime de défendre par les armes un pays socialiste. Il est du reste encouragé dans cette attitude par son ami et confident John Wheatley* dont l’influence sur lui va aller croissant.

Pendant la guerre, Maxton participe à l’agitation ouvrière à Glasgow, en particulier lors des troubles provoqués en 1916 par l’interdiction des journaux socialistes, Forward, l’hebdomadaire de l’ILP et Clyde Worker, l’organe du Comité des ouvriers de la Clyde. Condamné à douze mois de prison à Edimbourg, Maxton reprend dès sa libération en février 1917 ses activités contre la guerre.

En novembre 1918, Maxton se présente aux élections législatives et obtient, grâce à sa popularité, 7 860 voix, mais son adversaire l’emporte avec 10 887 voix (par la suite Maxton le convertira au socialisme !). En 1919, Maxton épouse Sarah Whitehead McCallum et devient l’organisateur de la fédération écossaise de l’ILP. Continuant de se dépenser sans compter, il voit couronner ses efforts aux élections de novembre 1922 : grand succès pour l’ILP qui recueille 166 000 voix dans l’ouest de l’Ecosse et fait élire au Parlement tous les leaders de la Clyde.

Aux Communes, Maxton supporte mal la modération du leader parlementaire du Labour, Ramsay MacDonald* et il fait de fréquentes interventions pour critiquer la politique timorée du premier gouvernement travailliste (1924). Incapable de dissimuler son mépris pour les compromis boiteux d’un Labour Party prisonnier du « labourisme », Maxton, de 1924 à 1929, œuvre avec Wheatley, Clifford Allen* et J.A. Hobson*, pour proposer une alternative politique à la gauche travailliste. Leur stratégie s’appuie à la fois sur la théorie d’Hobson de la sous-consommation ouvrière, sur les idées de Clifford Allen réclamant le vote de lois réellement socialistes par le prochain gouvernement travailliste, et sur la conviction intime de Maxton selon laquelle l’effondrement du capitalisme est imminent et le seul choix étant désormais entre le socialisme ou le fascisme. A partir de 1926, l’ILP, qui a adopté ces thèses, tente de les faire accepter par le parti travailliste, et Maxton — devenu entre-temps président de l’ILP — joue un rôle de premier plan dans ces efforts. Mais les résistances sont trop fortes et la pression exercée par l’ILP peu efficace, car le parti, où se retrouvent pêle-mêle tous les éléments de gauche et d’extrême gauche, est gêné par sa position équivoque à mi-chemin entre le communisme et le travaillisme. Très déçu, Maxton publie quand même en 1928 avec Cook* un manifeste destiné à revigorer la gauche du Labour (c’est la campagne Cook-Maxton).

Les mauvaises relations entre l’ILP et le Labour empirent encore lors du deuxième gouvernement travailliste (1929-1931) et conformément à l’avis de Maxton l’ILP finit par se désaffilier du Labour en juillet 1932 à l’issue de longues négociations conduites entre Maxton et Lansbury*.

Au cours des années 1930, Maxton prend part avec la même ardeur à toutes les campagnes de la gauche : marches de la faim, condamnation de l’agression italienne contre l’Ethiopie, soutien aux républicains espagnols. Néanmoins, son influence a considérablement baissé et on l’accuse parfois de passivité. En réalité, si son crédit a diminué, c’est dû beaucoup moins à une insuffisance à la tête de l’ILP (il est réélu président sans interruption de 1934 à 1939) qu’à la concurrence du Parti communiste, mieux placé que l’ILP pour défendre des positions révolutionnaires, et bénéficiant au surplus du prestige de l’URSS.

Partisan de l’union d’action, Maxton soutient le « Front uni » en 1936 ; cependant il entame des pourparlers pour la réadmission de l’ILP au sein du Labour à condition que celui-ci modifie sa réglementation parlementaire. Mais les négociations sont rompues en septembre 1939 lorsque le Labour approuve l’entrée en guerre de la Grande-Bretagne. Maxton au contraire prend position contre la guerre — attitude qui s’avère désastreuse pour l’ILP dont les effectifs tombent en chute libre. En 1945 Maxton sera le seul député de l’ILP à garder son siège, mais il meurt dès l’année suivante, à l’âge de soixante et un ans, après une longue maladie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75715, notice MAXTON James, version mise en ligne le 5 janvier 2010, dernière modification le 5 janvier 2010.

ŒUVRE : Our Case for a Socialist Revival (Comment réveiller le socialisme), en coll. avec A.J. Cook, Londres, 1928. — Lenin, Londres, 1932.

BIBLIOGRAPHIE : G. McAllister, James Maxton, Londres, 1935. — T. Johnston, Memories, Londres, 1952. — J. McNair, James Maxton : the Beloved Rebel, Londres, 1955. — A. Marwick, « James Maxton : his place in Scottish Labour History », Scottish Historical Review, vol. 43 (1964). — R.E. Dowse, Left in the Centre, Londres, 1966. — F. Brockway, Towards Tomorrow, Londres, 1977. — Dictionary of National Biography, 1941-1950.

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