MELLOR William

Né le 20 juillet 1888 à Crewe, Cheshire ; mort le 8 juin 1942 à Londres ; journaliste socialiste.

Fils d’un pasteur unitarien, William Mellor avait reçu une éducation classique et puritaine, mais à Oxford, où il avait été admis comme étudiant d’Exeter College, il était devenu rapidement agnostique et socialiste. Avec G.D.H. Cole*, son contemporain à l’université, il fait partie du groupe d’intellectuels qui lance le socialisme de guilde (Guild Socialist Movement). La collaboration des deux hommes s’avère particulièrement efficace pour l’élaboration des thèses de ce socialisme à la fois libertaire et révolutionnaire, la contribution majeure de Mellor sur le plan doctrinal étant constituée par son livre « Action directe » (Direct Action).

En 1913 Mellor occupe, pendant une période très brève, le poste de secrétaire du Comité d’études fabiennes (Fabian Research Department) institué par les Webb*. La même année, il entre au quotidien de gauche Daily Herald pour y tenir la rubrique des problèmes du travail.

De 1914 à 1918 comme Mellor refuse de servir dans l’armée, il doit interrompre ses activités et mener une vie plus ou moins clandestine — il fait même un bref séjour en prison. À la fin des hostilités, George Lans-bury*, qui dirige le Daily Herald, réintègre Mellor à la rédaction et en 1926 Mellor devient rédacteur en chef du quotidien ; mais le journal subit le contrecoup du reflux du mouvement ouvrier et son tirage diminue. À la suite de négociations entre Odhams Press et le TUC, un « nouveau » Daily Herald naît en mars 1930 dont Mellor conserve encore quelques mois la direction. Puis il devient gérant adjoint de Odhams Press.

Ses convictions politiques à la gauche du Labour n’ont pas changé (en 1920, lors de la création du Communist Party of Great Britain, il avait adhéré au parti mais s’en était retiré très rapidement). Il s’allie en 1932 à Stafford Cripps* pour fonder la Socialist League : cette ligue socialiste rassemble des socialistes de gauche dont l’objectif est de réveiller la flamme militante du Labour Party. Les mêmes militants fondent en 1937 l’hebdomadaire Tribune dont Mellor est rédacteur en chef. C’est cette année-là que se déclenche la fameuse campagne pour l’unité d’action (Unity Campaign) et Mellor participe à la tentative qui rassemble trois forces principales : la Ligue socialiste, le CPGB et l’ILP. Cependant Mellor ne tarde pas à s’écarter de ses amis et à se désolidariser de la politique de « Front populaire » de Stafford Cripps. Par ailleurs le conseil d’administration de Tribune, ayant décidé d’associer étroitement l’hebdomadaire avec le Left Book Club, il semble opportun de changer de rédacteur en chef. L’opération s’effectue sans ménagement en 1938 : Stafford Cripps écarte brutalement Mellor, non sans choquer plusieurs de ses collaborateurs.

De tempérament ardent, Mellor avait un caractère difficile. Michael Foot* écrit à son sujet : « Travailler avec William Mellor, c’était vivre sous la menace d’une éruption volcanique. La moindre provocation faisait jaillir une coulée de lave sous forme de protestations véhémentes, stigmatisant à la fois la bêtise humaine en général et celle de l’interlocuteur qui s’était hasardé à le contredire. » Néanmoins, ce militant enthousiaste et actif, à la personnalité de feu, a été toute sa vie un propagandiste vigoureux au service du Labour Movement.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75718, notice MELLOR William, version mise en ligne le 5 janvier 2010, dernière modification le 5 janvier 2010.

ŒUVRE : The Meaning of Industrial Freedom (La liberté industrielle), en col. avec G.D.H. Cole, Londres, 1918. — Direct Action (L’action directe), Londres, 1920.

BIBLIOGRAPHIE : M. Foot, Aneurin Bevan, vol. 1, Londres, 1962. — M. Cole, The Life of G.D.H. Cole, Londres, 1971. — B. Pimlott, Labour and the Left in the 1930s, Cambridge, 1977. — Joyce Bellamy, John Saville (éd.), Dictionary of Labour Biography, t. IV.

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