MOSLEY Oswald Ernald

Né le 16 novembre 1896 à Londres ; mort le 3 décembre 1980 à Orsay, Essonne ; ex-socialiste, leader fasciste.

Issu d’une famille de grande bourgeoisie, Oswald Mosley fait ses études dans la célèbre public school de Winchester. Pendant la Première Guerre mondiale, il combat sur le front et cette expérience le marque profondément. En 1918, il entre à la Chambre des Communes comme député conservateur de Harrow mais, en 1922, il se déclare indépendant et en 1924 adhère au parti travailliste. En dépit de son allure aristocratique et de sa hauteur naturelle, c’est un orateur remarquable dans les réunions populaires et le gouvernement travailliste de 1929 reconnaît ses talents en lui confiant un poste dans le Cabinet (chancelier du duché de Lancastre). Fortement préoccupé par la montée du chômage, Mosley propose des mesures audacieuses de type keynésien, mais le chancelier de l’Échiquier, Philip Snowden*, repousse ces propositions novatrices. Mosley démissionne en mai 1930 (il est remplacé par Attlee*).

Mosley abandonne alors le Labour et crée sa propre formation, le New Party, où trois députés travaillistes le rejoignent (dont sa femme Cynthia Mosley et John Strachey*) ainsi que deux députés conservateurs. Lors des élections législatives de 1931, Mosley brigue le siège de sa femme, Stoke-on-Trent (en 1929, il avait été élu à Smethwick), mais il est battu. Cependant le New Party évolue rapidement et devient en 1932 la British Union of Fascists (Union des fascistes britanniques), inspirée très directement des modèles allemand et italien. Sous l’impulsion de Mosley, le mouvement fasciste britannique, qui s’affirme à la fois nationaliste, anticommuniste et antisémite, suscite, bien que très minoritaire, de nombreuses manifestations de rues au cours desquelles les adhérents et les hommes de main n’hésitent pas à employer la violence. A la fin de 1936, le gouvernement doit introduire une législation interdisant ces manifestations qui troublent l’ordre public, et à la veille de la Seconde Guerre mondiale, le BUF a pratiquement disparu. Mosley, pour sa part, est emprisonné pendant tout le temps du conflit et lorsqu’il sort de prison en 1945, il n’a plus le moindre crédit dans les milieux politiques. Pourtant il se dit toujours prêt à jouer un rôle dans la vie publique de son pays et continue de proclamer son patriotisme en dépit du caractère équivoque de certaines de ses relations. Cependant, c’est en France qu’il réside essentiellement.

La première femme d’Oswald Mosley, qui était la fille de Lord Curzon, était très attirée par le socialisme, mais semble n’avoir guère suivi son mari dans son adhésion au fascisme. Après sa mort, à l’âge de trente-quatre ans, Mosley épouse en secondes noces une autre fille d’aristocrate, Diana Mitford.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75729, notice MOSLEY Oswald Ernald, version mise en ligne le 5 janvier 2010, dernière modification le 5 janvier 2010.

ŒUVRE : The Greater Britain (La grande Angleterre), Londres, 1932. — My Answer (Ma solution), Ramsbury, 1946. — My Life (Ma vie), Londres, 1968. — Pour une bibliographie plus détaillée, voir P. Rees, Fascism in Britain, Hassocks, 1979.

BIBLIOGRAPHIE : C. Cross, The Fascists in Britain, Londres, 1961. — R. Skidelsky, Oswald Mosley, Londres, 1975. — K. Lunn et R.C. Thurlow eds, Bristish Fascism : essays on the radical right in inter-war Britain, Londres, 1980. — N. Mosley, vol. I, Rules of the Game : Sir Oswald and Lady Cynthia Mosley, 1896-1933, Londres, 1982 ; vol. II, Beyond the Pale : Sir Oswald Mosley, 1933-1980, Londres, 1983. — Who Was Who, 1971-1980.

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