SMILLIE Robert

Né le 17 mars 1857 à Belfast, Irlande ; mort le 16 février 1940 à Dumfries, Ecosse ; dirigeant syndicaliste, socialiste.

Né dans une famille ouvrière d’origine écossaise, « Bob » Smillie passe son enfance à Belfast où il est élevé, en compagnie de son frère aîné, par une grand-mère, ses parents étant morts peu de temps après sa naissance. A neuf ans, il est obligé de travailler à mi-temps, mais jusqu’à douze ans consacre l’autre moitié de ses journées à l’école. A l’âge de quinze ans, Bob quitte définitivement l’Irlande pour rejoindre son frère, d’abord à Glasgow, où il reste deux ans, puis à Larkhall où il entre aux houillères de Summerlee comme manipulateur de pompe à main. Désormais toute sa vie va se dérouler parmi les mineurs. Bien qu’il soit considéré comme un parfait Écossais, Bob Smillie gardera toujours l’accent de Belfast.

Après la crise de 1873, il ne subsistait plus guère d’activité syndicale dans les charbonnages écossais et les mineurs avaient beaucoup de mal à freiner la dégradation inexorable de leurs salaires. Vers le milieu des années 1880, Smillie entreprend de réorganiser les mineurs du Lanark-shire, et, de concert avec d’autres pionniers — dont le plus important est Keir Hardie* — il commence par s’efforcer de créer une Fédération des mineurs écossais : effort qui aboutit en 1886-1887. A cette date Smillie poursuit le travail à l’échelon national et il joue un rôle déterminant dans la constitution de la Miners’ Federation of Great Britain (syndicat des mineurs) en 1888. Président de la Scottish Miners’ Federation (syndicat des mineurs écossais) de 1894 à 1918, il a maintenant une stature nationale parmi les mineurs et, en 1912, il sera élu président de la MFGB.

Mais pour Smillie l’action ouvrière ne saurait se limiter à l’action syndicale. Il faut lui adjoindre une action politique des travailleurs qui doivent s’organiser pour obtenir une représentation propre au Parlement. Aussi Smillie participe-t-il activement aux campagnes électorales de Keir Hardie ; en 1888, il est l’un des membres fondateurs du Scottish Labour Party (parti ouvrier écossais) et en 1893 de l’Independent Labour Party (parti indépendant du travail). C’est à l’ILP que Smillie va donner sa pleine mesure. Là se révèle son tempérament chaleureux, sincère, ennemi de l’injustice et pourtant plein de réalisme.

Au cours de la Première Guerre mondiale, Smillie fait sien le néo-pacifisme de l’ILP. Lorsqu’au lendemain du conflit le gouvernement, pour résoudre le problème des mines nomme une commission d’enquête que préside le juge Sankey, Smillie, convoqué comme témoin représentant la MFGB, y fait une intervention mémorable — la plus remarquable sans doute de ses prises de position publiques. Tous les membres de la commission sont frappés en effet par l’habileté et la compétence dont il fait preuve au cours de son exposé et dans les réponses aux questions qui lui sont posées.

En fait les recommandations de la Commission Sankey n’ont pas de suite, et Smillie, qui redouble d’efforts au service des mineurs, subit le contrecoup du surmenage : sa santé gravement altérée le contraint à renoncer en 1921 à la présidence de la MFGB. Par contre, il accepte de redevenir président de la SMF, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort. Lors de la formation du premier gouvernement travailliste en 1924, Smillie refuse tout poste ministériel. C’est d’ailleurs à partir de là qu’il commence à se retirer de la vie active.

La vie de famille de Smillie a été une vie heureuse et paisible. Marié en 1878, il a eu six garçons et deux filles. En 1924, il publie ses mémoires, « Au service des travailleurs ». Sur bien des points Smillie ressemble à Keir Hardie, mais sans avoir les mêmes capacités de calcul ni de manœuvre. Sa vision politique, plus simple et plus directe, était celle d’un militant intègre et désintéressé, qui n’a jamais cherché ni la gloire ni le pouvoir.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75803, notice SMILLIE Robert, version mise en ligne le 7 janvier 2010, dernière modification le 7 janvier 2010.

ŒUVRE : My Life for Labour (Au service des travailleurs), Londres, 1924.

BIBLIOGRAPHIE : R. Page Arnot, The Miners… 1889-1910, Londres, 1949. — Idem, The Miners… 1910-1930, Londres, 1953. — Idem, History of the Scottish Miners, Londres, 1955. — Dictionary of National Biography, 1931-1940. — Joyce Bellamy, John Saville (éd.), Dictionary of Labour Biography, t. III.

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