TOULZA André

Par Claude Pennetier

Né le 3 février 1900 à Albi (Tarn), mort le 21 juin 1950 à Notre-Dame-de-Sanilhac (Dordogne) ; mécanicien ; secrétaire de la fédération communiste de Dordogne écarté en 1937 ; rejoint le PPF ; résistant et militant gaulliste.

André Toulza est le fils d’un cheminot révoqué en 1920. Ouvrier mécanicien, il accomplit son service militaire en Allemagne occupée. En 1936, Toulza fut candidat communiste aux élections législatives en Dordogne, en concurrence avec le socialiste Jean Worms, et recueillit 3 727 voix sur 24 396 inscrits au premier tour et 56 voix sur 24 403 au second. Il s’était désisté en faveur du radical socialiste Yvon Delbos qui fut élu.

Il était responsable du rayon de Périgueux qui gérait un certain nombre de municipalités, de coopératives, de syndicats, organismes remis en cause par suite de la perte de municipalités. Ces différents échecs électoraux provoquèrent de graves dissensions au sein de la fédération, et des démissions, en particulier celle du responsable du rayon de Bergerac, Roger Broussou*. Secrétaire de la fédération de la Dordogne, Toulza fut aussi contraint de démissionner en 1937.

En février 1938, Guilleminot, membre de la commission des cadres, dépêché par la direction nationale, le déclara coupable d’avoir « des liaisons avec la police, de fréquenter des maisons clauses (sic) » et d’avoir commis des « irrégularités dans la gestion de la coopérative de Planification du PO (...) s’élevant à 21 000 F ». Toutes ces accusations sont naturellement à prendre avec beaucoup de prudence. Il fut semble-t-il exclu.

Il rejoignit le PPF de Jacques Doriot, dirigé localement par Paul Lapuyade. Selon Jean-Jacques Gillot, "l’inspecteur principal de police spéciale Louis Bourgoin, devenu commissaire des RG à Périgueux, attestera que la « conversion » de Toulza s’était faite à sa demande pour pénétrer le PPF".

En 1940, Toulza proposa sa candidature aux services de renseignements militaires. Opposé au STO, en liaison avec Bourgoin, il participa à la de résistance dans le cadre de l’AS et au NAP. Il garda des liens avec le PPF ; on en trouve trace dans les papiers du militant PPF Lapuyade, appointé par la police allemande, qui se félicite des services rendus par Toulza (AD Dordogne, 14 J 9). Toulza affirma ensuite que c’était dans le cadre d’un double jeu.
Le PCF refusa sa demande de réintégration en 1945.
En 1947, André Toulza se lia aux milieux gaullistes et milita à RPF.

Marié avec Françoise Lacoste, il avait un fils, René Toulza, directeur d’une caisse de retraite de commerçants, né le 17 mars 1923 à Saint-Germainmont (Ardennes), mort le 10 décembre 2008 à Périgueux, qui fut résistant à l’AS.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75854, notice TOULZA André par Claude Pennetier, version mise en ligne le 9 janvier 2010, dernière modification le 5 février 2018.

Par Claude Pennetier

SOURCES : G. Lachapelle, Les élections législatives, 1919-1936. — Max Lagarrigue, « Le PCF de la France rurale : l’exemple du Sud-Ouest », Communisme, n° 51/52, avril 1998. — Notes de Jean-Jacques Gillot [sur la base des Archives du PCF (microfilms ex.BMP) des AD24 série 1.592 W et des entretiens avec deux proches du militant]. — Pas de dossier à son nom dans les archives du Komintern. — Note de J.-M. Lahieyre.

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