WATKINS John

Né en 1809 à Aislaby Hall, près de Whitby, Yorkshire (aujourd’hui North Yorkshire) ; mort le 22 septembre 1850 à Londres ; chartiste.

Dans sa jeunesse John Watkins rêvait de devenir écrivain. Clerc de notaire à quatorze ans, il n’achève pas son contrat d’apprentissage et fait paraître en 1830 son premier ouvrage dédié à un ami de classe mort prématurément. C’est en 1838 que Watkins commence à s’intéresser au chartisme et crée à Whitby une section chartiste. Accusé de sédition l’année suivante, il est arrêté, mais il est acquitté (à moins que l’accusation ait été retirée, ou encore, selon Watkins lui-même, que lord Normanby soit intervenu en sa faveur). Watkins fait également état de sa correspondance avec Ebenezer Elliott de Sheffield, lequel lui conseillait, en cas de procès, d’assurer sa propre défense et de ne jamais consentir à la « moindre plaidoirie déplacée ».

Watkins devient très vite un admirateur enthousiaste de Feargus O’Connor* et il publie, de 1839 à 1841, toute une série de brochures soutenant le programme du leader chartiste. La plupart de ces textes ont disparu mais on en conserve les titres annoncés dans la presse d’alors. On peut citer notamment : « Appel aux femmes d’Angleterre » (Address to the Women of England), « Faux frères » (False Brethren), « Sermon chartiste » (A Chartist Sermon) ; il s’agit probablement du sermon que William Lovett* mentionne dans ses souvenirs ; dans ce texte Watkins accusait la justice d’assassiner Lovett ; « Wat Tyler : pièce historique » (Wat Tyler : an historical play) et « Les cinq points cardinaux de la Charte du peuple » (The Five Cardinal Points of the People’s Charter). Il écrit également « John Frost, drame politique en cinq actes » (John Frost, a political drama in Five Acts), texte dont des extraits ont paru dans le Times de 1844.

En 1842, Watkins se sépare d’O’Connor dont il récuse la politique et mène campagne contre lui et les dirigeants chartistes ; l’année suivante il prend la parole au cours d’un meeting à Marylebone et il fait paraître ensuite le contenu de son intervention sous le titre « Le procès de Feargus O’Connor » (The Impeachment of Feargus O’Connor). Dans ce texte, Watkins lance quinze chefs d’accusation contre O’Connor. Entre autres, O’Connor a délaissé les cinq revendications de la Charte et les a remplacées par cinq acres (allusion au Land Plan), O’Connor vante les Irlandais au détriment des Anglais, enfin il a soutenu les tories lors des élections législatives de 1841. Déçu par le tribun et incapable d’ébranler la foi des militants chartistes, Watkins en arrive à considérer que les hommes ne sont pas mûrs pour le suffrage universel et lui préfère un droit de vote restreint.

Watkins épouse en 1849 la fille d’Ebenezer Elliott, le « rimeur de la Corn Law » qui meurt la même année et Watkins se fait le biographe de son beau-père. Il meurt lui-même l’année suivante, à l’âge de quarante et un ans, et on l’enterre à Sheffield dans le même cimetière qu’E. Elliott.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75876, notice WATKINS John, version mise en ligne le 11 janvier 2010, dernière modification le 11 janvier 2010.

BIBLIOGRAPHIE : F. O’Connor, Reply to Mr John Watkins’s Charges, 1843. — R.G. Gammage, History of the Chartist Movement, Newcastle, 1894. — J.T. Ward, Chartism, Londres, 1973. — J. Epstein, The Lion of Freedom : Feargus O’Connor and the Chartist Movement 1832-1842, Londres, 1982. — D. Goodway, London Chartism 1838-1848, Cambridge, 1982.

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