WEDGWOOD Josiah Clement

Né le 16 mars 1872 à Barlaston, Staffordshire ; mort le 26 juillet 1943 à Londres ; député travailliste.

Le père de Josiah Wedgwood, Clement Francis Wedgwood, descendait directement du fondateur de la célèbre fabrique de porcelaine. L’enfant reçoit d’abord une éducation à domicile puis à dix ans il est inscrit dans une école privée et à treize ans, il entre au collège de Clifton. Il poursuit ensuite ses études en Allemagne avant de commencer un apprentissage au chantier naval d’Elswick, Northumberland, en 1890. Il obtient alors une bourse pour le collège naval royal de Greenwich et en 1896, il retourne à Elswick comme architecte naval. Pendant la guerre des Boers, Wedgwood sert dans l’armée et, de 1902 à 1904, il fait fonction de magistrat résident à Ermelo au Transvaal.

De retour en Angleterre, il découvre l’ouvrage d’Henry George, Progrès et Pauvreté (Progress and Poverty) dont il fait siennes les idées maîtresses. L’œuvre de George le marque pour la vie et désormais il s’affirme un ardent partisan de la taxation du sol. Wedgwood se présente aux élections législatives de 1906 et il est élu sous l’étiquette libérale comme député de Newcastle under Lyme, circonscription qu’il représentera sans interruption au Parlement jusqu’en 1942. A cette date, il quitte la Chambre des Communes pour la Chambre des Lords après avoir été anobli.

Cependant Wedgwood perd très vite confiance dans la politique menée par le parti libéral et se rapproche du mouvement ouvrier. En 1908 il adresse au Premier ministre libéral une pétition signée de tous les députés travaillistes, qui demande l’instauration d’un budget à base de taxation foncière. L’année suivante il devient président de l’Association anglaise pour la taxe foncière. Il défend aussi la liberté de la presse et s’élève en 1912 contre les poursuites dont Tom Mann* fait l’objet à la suite de ses articles parus dans Syndicalist.

Dès le début de la Première Guerre mondiale Wedgwood est envoyé en Belgique où il est blessé en 1915 ; réformé, il est affecté au ministère de l’Armement. En 1916 il fait partie de la Commission royale sur la Mésopotamie : se séparant avec éclat de la majorité, il rédige un rapport audacieux dans lequel il préconise pour l’Inde un régime de self-government.

Aux élections législatives de novembre 1918, Wedgwood se présente comme radical indépendant et l’année suivante il adhère au parti travailliste. Dans le premier gouvernement travailliste de 1924, il est nommé chancelier du Duché de Lancastre et fait partie du Cabinet. Cependant, avec son tempérament très individualiste, Wedgwood accepte mal la discipline du groupe parlementaire travailliste et pendant toute sa carrière à Westminster, il se rend célèbre par son non-conformisme. La taxation du sol demeure son objectif majeur et jusqu’à la fin de ses jours il continuera d’œuvrer pour y parvenir, car pour lui, là était la clef de la question sociale. En même temps il lutte pour l’indépendance de l’Inde et soutient le mouvement sioniste. Sur ces thèmes — et sur bien d’autres encore — Wedgwood écrit un nombre considérable d’articles dans la presse travailliste, mais ce journaliste fécond fait aussi connaître ses idées dans plusieurs ouvrages, notamment « L’avenir du Commonwealth » (1921) et le « Septième Dominion » (1928), livre où il aborde le problème juif. Dans « Péripéties d’un député travailliste » (1924) et « Souvenirs d’une vie de combat » (1940), il raconte sa vie : deux récits complétés et commentés par sa nièce C.V. Wedgwood, qui a publié en 1951 « Le dernier des radicaux ».

Wedgwood, qui s’intéressait à la fois à l’histoire locale, à l’histoire de la famille et à l’histoire parlementaire, est à l’origine, en 1928, de l’Histoire du Parlement ; le projet, qui visait à établir un dictionnaire biographique des députés depuis le XIIIe siècle, verra le jour en 1951. Par ailleurs Wedgwood a été un membre actif de l’Association des noms de lieu (English Place-Name Society).

Dans son dernier ouvrage « Testament politique pour la démocratie », Wedgwood réunit ses idées de toujours sur le rôle du Parlement, organe de contrôle de l’exécutif plutôt qu’instrument de législation. Jusqu’à son dernier souffle il s’est dressé en champion des droits individuels.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75881, notice WEDGWOOD Josiah Clement, version mise en ligne le 11 janvier 2010, dernière modification le 11 janvier 2010.

ŒUVRE : On peut citer parmi ses nombreux ouvrages, The Future of the Indo-British Commonwealth (L’avenir du Commonwealth), Adyar, 1921. — The Seventh Dominion (Le septième dominion), Londres, 1928. — Essays and Adventures of a Labour M.P. (Péripéties d’un député travailliste), Londres, 1924. — Memoirs of a Fighting Life (Souvenirs d’une vie de combat), Londres, 1940.

BIBLIOGRAPHIE : S.V. Bracher, The Herald Book of Labour Members, 1923. — C.V. Wedgwood, The Last of the Radicals : Josiah Wedgwood M.P., Londres, 1951. — C.A. Cline, Recruits to Labour, New York, 1963. — Dictionary of National Biography, 1941-1950.

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