PAURIOL Fernand, Baptistin [Pseudonyme : DUVAL]

Par René Lemarquis, Claude Pennetier

Né le 13 septembre 1913 à Mallemort (Bouches-du-Rhône), fusillé le 12 août 1944 à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne) ; responsable national du Parti communiste (PCF) pour les émissions radio clandestines sous l’Occupation, membre de l’Orchestre rouge.

Fils d’un charpentier communiste, Fernand Pauriol obtint son brevet de matelot radiotélégraphiste. Il fut radiotélégraphiste quelques mois à l’administration des Eaux et Forêts puis matelot radiotélégraphiste côtier de 1932 à 1935 à la Compagnie Paquet. Il avait effectué de 1935 à 1935 son service national dans la marine à Toulon. Mais il ne fut pas repris chez Paquet à sa libération. Il avait adhéré en 1930 aux Jeunesses communistes (JC) à Marseille et l’année suivante au PCF. D’octobre 1931 à octobre 1934, il fut secrétaire du rayon de Mallemort bien que navigant.
Membre du comité directeur du Secours rouge international (SRI), il fut appelé au début de 1936 à Marseille pour donner au SRI une nouvelle orientation dans le cadre du Front populaire et fut l’« instructeur » pour le Sud-Est (les Bouches-du-Rhône, le Var et les Alpes-Maritimes). Directeur de Rouge-Midi, il fut condamné en 1937, pour délit de presse. Fernand Pauriol fut tête de liste aux élections municipales complémentaires de février 1939 contre Sabiani dans le 3e secteur de Marseille. Marié, il eut un enfant en 1938. Sa femme, membre du Parti communiste, était sténodactylo à l’UD-CGT à Marseille.

En 1938, la commission des cadres signala et souligna dans deux évaluations sa qualité de radiotélégraphiste. Il est possible qu’il ait commencé alors à travailler de cette époque pour Tréand et pour le Komintern.

Lors du Pacte germano-soviétique, il publia le 25 août 1939 un éditorial approuvant la politique de l’URSS.

Mobilisé dans le service de détection des émissions radio, Pauriol, sitôt démobilisé, il prit le pseudonyme de Duval et devint le responsable national du Parti communiste pour les émissions clandestines. Il installa des stations et forma des radios.

Sa compétence et son expérience conduisirent le PCF clandestin à le mettre à la disposition de Léopold Trepper qui avait un besoin urgent d’émetteurs radios en France. Après une première entrevue, Pauriol fabriqua lui-même en février 1942 un appareil émetteur suffisamment puissant pour diffuser jusqu’à Londres et de là, par le relais de l’ambassade soviétique, pour communiquer avec Moscou. Peu après, il installa un autre émetteur dans la région parisienne. Ainsi Fernand Pauriol se trouva être le seul lien entre l’Orchestre rouge de Trepper et la direction nationale clandestine du PCF, c’est-à-dire Jacques Duclos dont il connaissait la résidence secrète et à qui il transmettait les messages reçus d’URSS par Trepper.
Traqué, il finit par être arrêté le 13 août 1943 à Pierrefitte (Seine-et-Oise). Pauriol feignit de passer pour un agent subalterne mais fut identifié. Interrogé, torturé, il fut incarcéré à Fresnes. Condamné à mort le 19 janvier 1944 par un Tribunal de la Luftwaffe, il a été fusillé à Fresnes le 12 août 1944 et enterré anonymement au cimetière de Bagneux aux côtés de Suzanne Spaak. Son corps fut identifié le 14 novembre 1944 par sa femme Hélène.

Il est parfois présenté comme mort au Mont-Valérien, notamment par la famille. Son nom ne figure pas dans la publication de Serge Klarsfeld et Léon Tsévrey, Les 1007 fusillés du Mont-Valérien. Leur liste chronologique s’arrête au 2 juin 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75920, notice PAURIOL Fernand, Baptistin [Pseudonyme : DUVAL] par René Lemarquis, Claude Pennetier, version mise en ligne le 16 janvier 2010, dernière modification le 5 octobre 2019.

Par René Lemarquis, Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI 495 270 2777 : autobiographie du 22 octobre 1937, autobiographie du 10 mai 1938. – Notice par A. Olivesi, R. Lemarquis, DBMOF, t. 44. — Guillaume Bourgeois , La Véritable histoire de l’Orchestre rouge, Nouveau Monde, 2015. — Serge Klarsfeld, Léon Tsévery, Les 1007 fusillés du Mont-Valérien parmi lesquels 174 juifs, Édité et publié par l’Association "Les fils et filles des déportés juifs de France", 2010 (les listes ne comprennent pas le nom de Pauriol. Leur liste s’arrête à Jean-Bapiste Morvan, fusillé le 15 juin 1994, mais en fait celui-ci à été fusillé au stand de tir du Ministère de l’Air, le dernier nom de leur liste est donc Jean Calvet*).

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