PURMAN Léon. Pseudonymes :ANDRÈS, CERVANTÈS, KAZIK, KAZIMIERZ, PORAJ, BRUNO, LÉON, MANN

Par Michel Dreyfus

Né à Wroclawek dans la Pologne russe en 1892, se suicide à Moscou, fin 1934 ou début 1935 ; un des fondateurs du Parti communiste polonais ; nombreux séjours à Moscou à partir de 1923 où il participe aux Ve et VIe congrès de l’Internationale communiste ; nommé suppléant au Présidium de l’IC (février 1928), réélu à ce poste le 3 septembre 1928, élu suppléant au Comité exécutif de l’IC à la suite du VIe congrès (19281931) ; membre du Bureau exécutif de l’Internationale syndicale rouge ; chargé de nombreuses missions, notamment en Allemagne, en Espagne et en Suède ; membre de la délégation de l’IC dirigée par Eugen Fried* qui arrive en France fin 1930.

Issu d’une famille bourgeoise d’origine juive — son père était un gros négociant en grains et possédait une épicerie — Léon Purman, fut attiré aux idéaux socialistes par la Révolution de 1905 ; il milita au sein du Parti socialiste polonais où il appartint à la gauche luxembourgiste.
Il participa à la fondation du Parti communiste polonais en 1920 et vécut dans la clandestinité ; dans les trois ans qui suivirent son militantisme lui valut la prison à plusieurs reprises. En 1926, il fut nommé à la direction clandestine du PC polonais ; à nouveau arrêté cette année, il fut emprisonné jus-qu’en 1927. En avril 1929, il fut confirmé dans ses fonctions à la direction du PC polonais avec Amsterdam Szaul Samoilovitch, dit Henrykowski, et Alfred Lampe.

À partir de 1923, il représenta le PC polonais à l’Internationale communiste et il participa à ses Ve et VIe congrès (1924 et 1928). Nommé à l’exécutif de l’Internationale syndicale rouge, sans doute fin 1927 ou début 1928, il accomplit plusieurs missions à l’étranger, notamment en Suède où il lutta contre des oppositions.

Entré comme suppléant au Présidium de l’IC en février 1928, il fut réélu à cette fonction en septembre 1928, et également élu suppléant au Comité exécutif de l’IC à la suite de son VIe congrès. Peu après, il soutint Staline lorsque ce dernier intervint en faveur du dirigeant du Parti communiste allemand (KPD), Ernst Thälmann : ce dernier était compromis dans le scandale de l’affaire Wittorf, du nom d’un responsable du KPD qui s’était rendu coupable de malversations financières. Ernst Thälman, qui tenta de « couvrir » Wittorff, fut désavoué par le bureau politique du KPD : cette décision provoqua la colère de Staline qui n’admettait pas qu’un Parti communiste puisse décider, indépendamment de l’IC, de la composition de ses instances dirigeantes. Début octobre 1928, le Présidium de l’IC condamna la décision du comité central du KPD et réhabilita Thälmann à la tête de ce Parti. Cette décision provoqua des remous au sein de l’Internationale communiste, notamment de la part de Boukharine et de Jules Humbert-Droz*. Le 19 décembre 1928, lors d’une séance du Présidium, Staline dénonça les « droitiers » qui avaient enfreint la discipline, combattu l’Internationale et demanda leur exclusion : il visait ainsi les proches de Boukharine, absent à cette réunion : Humbert-Droz, Tasca qui maintint son opposition et Togliatti* qui se rallia à Staline. Lors de cette réunion, Staline fut soutenu par Léon Purman ainsi que Molotov, Piatnitsky, Lozovsky* et Qiu Qiubo.

En septembre 1930, alors que Léon Purman se trouvait à Berlin où il travaillait au Bureau pour l’Europe de l’Ouest de l’IC (WEB), fut posée la question de son envoi en France comme instructeur pour épauler Eugen Fried* : ce dernier vint peu après encadrer le PCF avec la collaboration de Adam Witkowski, Georges Kagan*, Mauno Heimo, Yablonski ainsi qu’ultérieurement Anna Pauker et Matyas Rakosi*. Un autre dirigeant du PC polonais, Henryk Walecki, alors adjoint de Bela Kun au Secrétariat balkanique, se prononça de façon chaleureuse en faveur de l’envoi de Léon Purman en France. Arrivé à Paris, Léon Purman retrouva Victor Fay*, avec qui il s’était lié durant son action clandestine en Pologne au début des années 1920. Léon Purman milita en France où il semble avoir plus spécialement suivi les questions syndicales.

Sous le nom d’Andrès, Léon Purman partit en Espagne au début de l’année 1932 pour remplacer Jacques Duclos qui y représentait alors le Komintern.

Il semble que comme d’autres délégués du Komintern venus en France avec Eugen Fried ou qui en avaient été proches, tels que Victor Fay* et Georges Kagan*, Léon Purman ait commencé à éprouver des doutes sur le bien-fondé de l’orientation de l’Internationale communiste à la suite de l’arrivée de Hitler au pouvoir et de la destruction, sans combat, du KPD. Avec Georges Kagan*, il se lia au petit groupe organisé clandestinement autour d’André Ferrat*. Il leur fallut un an pour arriver à publier une petite revue oppositionnelle, Que faire ?, dont le premier numéro sortit en novembre 1934. Rappelé au même moment à Moscou, Léon Purman prit la mesure du climat de suspicion et derépression qui existait alors en URSS. À la suite d’une longue discussion avec Ossip Piatnitski, alors déjà en disgrâce, il se suicida dans sa chambre de l’hôtel Lux d’une balle dans la tête. Pour son ami Victor Fay*, ce choc accéléra son processus de rupture avec le Komintern.

L’épouse de Léon Purman, Bronislawa Hibnerova, née en 1888, fut fusillée en 1937.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article75963, notice PURMAN Léon. Pseudonymes :ANDRÈS, CERVANTÈS, KAZIK, KAZIMIERZ, PORAJ, BRUNO, LÉON, MANN par Michel Dreyfus, version mise en ligne le 18 janvier 2010, dernière modification le 4 octobre 2010.

Par Michel Dreyfus

SOURCES : RGASPI 495/252/6/485. — Polski Slownik Biograficzny, sous la direction de Félix Tych. — A. Kriegel, S. Courtois, Eugen Fried…, op. cit. — P. Broué, Histoire de l’Internationale…, op. cit. — Notes de Mikhaïl Pantéleiev.

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