VILLON Pierre [GINSBURGER Roger, Salomon dit] (version DBK)

Par Claude Pennetier

Né le 27 août 1901 à Soultz (Alsace allemande, actuel Haut-Rhin), mort le 6 novembre 1981 à Vallauris (Alpes-Maritimes) ; architecte ; dirigeant de l’Internationale des marins et dockers ; dirigeant communiste français.

Roger Ginsburger, photographie de sa fiche de police sous l’Occupation
Roger Ginsburger, photographie de sa fiche de police sous l’Occupation

Roger Ginsburger était le fils d’un rabbin. Il fit ses études, en allemand, aux lycées de Guebwiller, puis de Colmar. Après le baccalauréat, il étudia l’architecture et la décoration à Paris, Strasbourg, Stuttgart, Munich et Düsseldorf. D’abord commis architecte, il s’installa à son compte dans un atelier, au 63 de la rue de Seine (Paris VIe arr.). En mars 1932, ses premières activités militantes eurent, semble-t-il, pour cadre l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires (AEAR), dont il fut aussitôt secrétaire de la section architecture. En octobre 1932, il adhéra au Parti communiste et fut promu rapidement secrétaire de rayon. Ses connaissances en langue le mirent en contact avec des militants internationaux ; son atelier servit de boîte à lettres pour des révolutionnaires allemands, polonais, yougoslaves.

Pourtant, dans Sans patrie ni frontière, Jan Valtin situe leur rencontre en 1930. Les mandataires du Komintern « ne manquaient jamais de s’arrêter chez Roger Ginsburg. Ils savaient y trouver correspondance, passeport, argent, ou sûrs refuges » (p. 205 de l’édition de 1947). Il semble que Krebs, vrai nom de Valtin, fasse une erreur de date et qu’il faille dater la scène de 1932. L’autre hypothèse serait que, comme dans le cas d’André Wurmser*, l’adhésion au Parti communiste soit moins tardive.

En 1934, R. Ginsburger abandonna son atelier d’architecture pour devenir « instructeur » de l’Internationale des marins et dockers à Anvers, une mission de confiance quand on sait que les ports jouaient un rôle de premier plan dans le fonctionnement du Komintern. Affecté en 1935 à la Fédération unitaire des ports, docks et transports que dirigeait Charles Tillon* puis fin de 1935 au secrétariat administratif du PC, il fut ensuite employé, avant les législatives de 1936, à sa section de propagande dirigée par Jacques Duclos* dont il fut toujours un proche.

À partir de l’automne 1938, il coordonna les maisons d’édition et de diffusion du PC, en particulier les Éditions sociales internationales. Lors de la mise hors la loi du Parti, ce dernier le chargea de maintenir les contacts légaux. Ensuite, il plongea dans la clandestinité, pour assurer la rédaction et la publication de l’Humanité, jusqu’en juin 1940.
Vivant avec Marie-Claude Vaillant-Couturier depuis avril 1940, il fut chargé, après l’invasion nazie, de remettre en route l’appareil technique du PC et fut arrêté le 8 octobre 1940 puis condamné en décembre à huit mois de prison. Il s’évada de Gaillon le 17 janvier 1942 et remplaça Politzer, arrêté, à la tête des comités d’intellectuels du Front national (FN zone Nord). Après avoir rencontré un émissaire du général de Gaulle, le colonel Rémy, il participa au printemps 1943, à la création du CNR (Comité national de la Résistance). Pierre Villon (son nom de guerre) fut des principaux auteurs du Programme du CNR et l’un des artisans de la fusion des FTP avec les autres groupes militaires de la Résistance dans les FFI. Membre de droit, au titre du CNR, de l’Assemblée consultative, il fut élu président de sa commission de la Défense nationale.

Membre titulaire du comité central du PCF de 1945 à 1970, il fut élu, le 21 octobre 1945, député de l’Allier à l’Assemblée constituante. Il devait être réélu jusqu’en 1978 (sauf de 1962 à 1967) par ce département.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76100, notice VILLON Pierre [GINSBURGER Roger, Salomon dit] (version DBK) par Claude Pennetier, version mise en ligne le 29 janvier 2010, dernière modification le 26 janvier 2011.

Par Claude Pennetier

Roger Ginsburger, photographie de sa fiche de police sous l'Occupation
Roger Ginsburger, photographie de sa fiche de police sous l’Occupation

SOURCES : Pierre Villon, résistant de la première heure, entretien avec Claude Willard, Éd. sociales, 1983. — Notice par Claude Willard in DBMOF. — RGASPI, 495 270 39.

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