GALANTUS Henri

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 15 décembre 1869 à Paris (IIIe arr.), mort le 25 novembre 1949 à Paris (XIXe arr.) ; ouvrier ferblantier ; secrétaire, avec Merrheim et Latapie, de la Fédération CGT de la Métallurgie.

Syndicaliste, Henri Galantus appartint, dès 1894, au conseil d’administration du syndicat parisien des ouvriers ferblantiers. Trois ans plus tard, il était trésorier du comité CGT de la Grève générale et, en 1898, à vingt-neuf ans, il était, avec Latapie et Merrheim, un des secrétaires de la Fédération de la Métallurgie. Il appartenait également à la commission administrative de la Bourse du Travail de Paris et à la commission exécutive de l’Union des syndicats de la Seine. Politiquement, depuis 1898, il était dit « allemaniste » (Arch. Nat. F7/13933).

Durant une dizaine d’années, Galantus eut une activité très grande sur le plan national. Il sillonna la France, se rendant particulièrement dans l’Ouest, le Nord, le Centre, l’Est, multipliant les conférences et développant les thèmes traditionnels du mouvement ouvrier : dénonciation de l’exploitation capitaliste, nécessité de la constitution de syndicats ; aussi les thèmes d’époque : exigence de la lutte antimilitariste et même antiparlementaire comme à Saint-Malo le 3 novembre 1908 lorsque Galantus désignait les trois ennemis de la classe ouvrière : les patrons, le gouvernement, les parlementaires. Chaque année, durant cette période, il assista au congrès de la CGT et c’est ainsi qu’il fut présent du IXe congrès national corporatif — 3e de la CGT — Toulouse, septembre 1897, au XVIIe — 11e de la CGT — Toulouse, octobre 1910. En juin 1901, il s’était rendu au Danemark au congrès international de la Métallurgie.

En 1909, Galantus donnait sa démission de secrétaire de la Fédération de la Métallurgie, fonction qui était la sienne depuis 1898 ; il fut remplacé par Blanchard. Deux ans plus tard, fin mai, il venait se fixer à Bourges et une nouvelle carrière militante commençait pour lui sur un plan départemental. Venu administrer l’Émancipateur — journal socialiste issu en 1906 de la fusion du Tocsin populaire et du Parti socialiste — il exerçait, en 1913, les fonctions de secrétaire adjoint de la Bourse du Travail de Bourges et de l’Union des syndicats du Cher. Son action militante lui valut — décembre 1912 — d’être proposé pour inscription au Carnet B. En 1914, il fut candidat socialiste aux élections législatives dans l’arrondissement de Sancerre (16 % des voix des électeurs inscrits) puis son nom disparut de la presse ouvrière du Cher.

Les nombreux rapports de police qui retracent alors son action indiquent curieusement comme seul signe particulier : « assez joli garçon ».

Vers la fin de la guerre, Galantus était secrétaire de l’Union départementale des syndicats ouvriers du Jura. Il remplaça Arthur Danrez* à la tête de l’UD-CGT du Jura, puis assura le secrétariat de l’Union régionale CGT Ain-Jura-Doubs ; cette UR, créée au congrès du 4 juin 1922, pour pallier l’affaiblissement régional de la CGT à la suite de la formation de la CGTU, se réduisit bientôt à l’Ain et au Jura puisque le 20 avril 1924 les confédérés doubistes décidaient de reconstituer leur UD ; Henri Galantus dirigea cette UR jusqu’à la fin décembre 1928.
Sa direction, peut-être à cause de son autorité, ne fut pas toujours sans nuages ; ainsi en octobre 1920 une bagarre est mentionnée entre Galantus et un autre militant (Léon Clément*, membre du Comité fédéral de l’UD) ; plus encore, en 1925, Galantus démissionna du secrétariat de l’UR (novembre-décembre). Est-ce à la suite de la grève des Radiateurs de Dole (2-12 novembre) qui avait suscité une grande polémique ? Il accepta, le 28 décembre 1925, après intervention du Bureau confédéral de la CGT de reprendre sa fonction « sous réserve de certaines conditions qui seront soumises à l’approbation du Comité ».

H. Galantus était également un militant coopérateur (membre du conseil d’administration de « la Fraternelle » à Saint-Claude) et socialiste, il intervint (voir le Jura socialiste du 4 décembre 1920) contre l’adhésion à l’Internationale communiste ; c’est à ce moment-là qu’il entra au comité de la Fédération socialiste du Jura. Il fut enfin, en mai 1925, élu conseiller municipal socialiste de Saint-Claude.
Il démissionna de toutes ses fonctions locales et régionales fin décembre 1928, pour reprendre ses fonctions au secrétariat de la Fédération CGT des Métaux, le 15 janvier 1929 et devenir membre de la CA confédérale ; il y fut réélu le 19 septembre 1931. Il habitait en 1932, 90, allée Franklin à Villemonble (Seine).

En 1937, il collaborait à Syndicats, l’hebdomadaire syndical créé en octobre 1936, dont le rédacteur en chef était René Belin*.
Il fut nommé conseiller municipal du XIXe arr. de Paris en 1941 et maintenu jusqu’en 1944.

Marié à Villemomble (Seine) le 22 juin 1907, il était père d’un fils.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76149, notice GALANTUS Henri par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 31 janvier 2010, dernière modification le 28 octobre 2010.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat. F7/13600 et 13 771. — Arch. PPo. Ba/1686. — Arch. Dép. Cher, 25 M 46 et 25 M 132-133. — Arch. Jura, M suppl. 55, M suppl. 68, M suppl. 331. — CR des congrès de l’UD-CGT du Doubs. — Le Jura socialiste, 4 mars 1922, 9 janvier 1926 et 29 décembre 1928. — Le Semeur, 5 et 19 janvier 1929. — Boccard, Le Mouvement syndical à Besançon de 1914 à 1936, DES, 1963, p. 97-98. — La CGT, op. cit. — Claude Pennetier, thèse, op. cit., p. 264-266. — Philippe Nivet, Les assemblés parisiennes, IHTP, 1995.

ICONOGRAPHIE : La CGT, op. cit., p. 513.

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