JAMBON Jean, Elien

Par Gilles Morin

Né le 31 mai 1907 à Troquereau-de-l’Isle, commune de Coutras (Gironde), mort le 27 janvier 1999 à Libourne (Gironde) ; viticulteur, propriétaire exploitant ; militant socialiste de la Gironde ; maire de Coutras (1953-1977), puis de Camps-de-L’Isle (1977-1995) ; conseiller général de Coutras (1945-1994).

Jean Jambon
Jean Jambon

Fils unique de Félix Jambon, cultivateur, et de Marie Chagneau, Jean Élien Jambon a été baptisé, mais se déclarait athée. Il suivit les cours de l’école publique de Saint-Médard-de-Guizières (Gironde), puis, ayant obtenu son certificat d’études primaires, il voulut poursuivre des études. Mais elles furent interrompues un an plus tard, pour aider sa mère à tenir l’exploitation familiale, son père étant mort à la guerre en janvier 1915. Orphelin de guerre et pupille de la Nation, il se trouva intégré dans le monde du travail à treize ans. Il exerça comme propriétaire-cultivateur et épousa Henriette Chiron, agricultrice, le 3 septembre 1925 à Petit-Palais (Gironde). Ils eurent trois enfants entre 1931 et 1949.

Jambon adhéra à la SFIO en, 1931 et resta fidèle au mouvement socialiste jusqu’à son décès. Il était membre d’un syndicat viticole. Résistant, il appartint au réseau Andalousie en 1943 et s’engagea dans les Forces françaises combattantes. Il aurait été responsable régional du CNR.

Secrétaire de la section SFIO de Coutras en 1945, il fut élu adjoint au maire (Lucquot puis Wilfried Ferret, puis Antoinette Lucquot) en avril-mai 1945, conserva ce poste jusqu’en 1953. À cette date, il devint maire et le demeura jusqu’en 1977 où il fut élu maire de la commune de Camps-de-L’Isle jusqu’en 1995, étant ensuite simple conseiller municipal deux années.

Le 30 septembre 1945, Jambon fut élu conseiller général SFIO du canton de Coutras et le demeura 49 ans, jusqu’en 1994 où il fut remplacé par Pierre Barrau. En 1945, il obtint 1 823 suffrages, devant le communiste Lavau (1 764) et battit après son retrait le radical Rode qui avait obtenu 3 016 voix au premier tour. Membre de la Commission départementale en 1950 et 1951, il en fut président en 1965 et 1966. Il présida le syndicat des eaux de Saint-Médard-de-Guizières.
Jambon se présenta cinq fois aux élections législatives, en juin 1951 (3e de liste conduite par Guyon), en janvier 1956, comme suppléant en 1958 et 1968 et comme titulaire en janvier 1966, à une élection législative partielle. À cette dernière, avec 11 884 voix, il fut devancé par Robert Boulin (UNR) élu au premier tour avec 18 645 suffrages.
Proche un temps des communistes et du Mouvement de la Paix, il fut violemment attaqué par eux en mars 1950. Ceux-ci s’en prirent plus à l’homme qu’à son appartenance politique. Dans les années soixante, il soutint la tentative de Gaston Defferre, appuyant son club Horizon 80.
En liaison avec ces mandats, Jambon fut désigné administrateur des hôpitaux, notamment au CHU de Libourne et Charles Perrens. Il présida de nombreuses associations, s’intéressant toujours aux établissements hospitaliers. Il fut ainsi président du Conseil d’administration du centre de soins et de cure de la Mégnardie, de l’IME de Coutras, mais également de la caisse fiscale du Crédit agricole. Enfin, il présidait le comité départemental de défense contre les fléaux atmosphériques et était membre d’une association anti-moustiques.

Il fut fait Chevalier de la Légion d’honneur, Officier des Palmes académiques, Chevalier du mérite agricole et du mérite social et décoré de la Médaille d’or départementale et communale.

Après sa mort, le 27 janvier 1999, Philippe Madrelle lui rendit hommage en le qualifiant de “Roc républicain”.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76155, notice JAMBON Jean, Elien par Gilles Morin, version mise en ligne le 31 janvier 2010, dernière modification le 11 mai 2017.

Par Gilles Morin

Jean Jambon
Jean Jambon

SOURCES : Arch. Nat., F/1cII/117/B, 218, 285, 291, 441 et 561 ; CAC, 19770359/24 ; 19830172/72 ; 19890523/10. — Dossiers Gironde, archives de l’OURS. — Arch. FJJ/6EF73/2. — Guillaume Laurence, Les militants de la SFIO en Gironde, Mémoire, sous la direction de B. Lachaise, Université de Bordeaux III, 1996-1997. — Notice de Laëticia Garbaye, L3 d’histoire, Université de Bordeaux III, communiquée par Christine Bouneau.— Etat civil.

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