GADAND Étienne

Par Madeleine Rebérioux

Né le 16 juillet 1866 à Perreuil (Saône-et-Loire), mort le 29 novembre 1932 à Perreuil ; petit viticulteur ; militant socialiste, puis communiste.

Avec Étienne Gadand nous avons affaire à un type de militant révolutionnaire, petit propriétaire mais vigneron énergique, d’un humour qui évoque le terroir, relativement peu fréquent en Saône-et-Loire, mais que l’on rencontre souvent dans certains départements voisins. Aux élections législatives de 1902, son comité électoral le présentait sur l’affiche destinée « aux travailleurs du Creusot » comme « l’ouvrier Gadand ». Mais le comité de la Fédération SFIO serrait de plus près la réalité lorsque, en 1910, il le définissait comme « membre du prolétariat agricole par son travail et de la classe moyenne par sa situation ».

Étienne Gadand, dont le père était déjà connu pour ses idées avancées, fut un des pionniers du socialisme en Saône-et-Loire. De formation allemaniste (la Fédération socialiste de l’Est adhérente du POSR s’implante dans le nord de Saône-et-Loire dès 1891-1892), membre du groupe de Couches-les-Mines, il devint le trésorier de la Fédération autonome de Saône-et-Loire dès que celle-ci se constitua en janvier 1900. À la fondation de la SFIO, il fut délégué au congrès de Chalon d’octobre 1905 et siégea ensuite à plusieurs reprises au comité fédéral, notamment en 1907. Il fut même pendant deux ans délégué titulaire de la Fédération (1912-1913) au Conseil national.

Mais, orateur entraînant et convainquant, il donnait le meilleur de lui-même lors des campagnes électorales, toujours ardemment anticléricales et conduites sur une base de classe intransigeante. « Si la Patrie française et les moines sont vaincus, s’écriait-il en 1902, demain verra luire sur notre pays le vrai régime de liberté, d’égalité, de solidarité (...) Si vous voulez le fouet, votez pour le patron Schneider ! » : il rassembla 3 420 voix cette année dans la 2e circonscription d’Autun, fief des patrons du Creusot. En 1906, il fut battu à nouveau, mais il avait gagné près de 300 voix. En 1910, il mena une dure campagne à Mâcon II contre un autre adversaire redoutable, le ministre radical-socialiste Simyan ; il fut encore battu, mais il avait obtenu 2 484 voix dans une circonscription où un socialiste n’avait jamais dépassé la centaine.

En 1920, Étienne Gadand choisit la Troisième Internationale et lui resta fidèle : en 1924, il était candidat aux élections législatives sur la liste de Bloc ouvrier et paysan conduite par le PCF. Il avait pu créer dans sa commune une section de la CGPT dont il était le secrétaire.

Conseiller municipal et maire de Perreuil de mai 1912 à mai 1929, il perdit alors la municipalité. Il resta jusqu’à sa mort secrétaire de la cellule de Perreuil qui comptait une dizaine de membres (voir René Rouge*).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76168, notice GADAND Étienne par Madeleine Rebérioux, version mise en ligne le 3 février 2010, dernière modification le 3 février 2010.

Par Madeleine Rebérioux

SOURCES : Arch. Nat. F7/13130, octobre 1932. — Arch. Dép. Saône-et-Loire 41 M 6, 41 M 9, dossier « Affiches électorales ». — Arch. Mun. Perreuil. — Lettre de Victor Ponsot, de Chalon. — Le Socialiste de Saône-et-Loire.

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