GUYOT Raymond [Moselle]

Par Jean-François Lassagne

Né le 10 août 1927 à Florange (Moselle), mort le 16 mai 2002 à Metz (Moselle) ; ajusteur à l’usine sidérurgique Lorraine-Escaut de Thionville (Moselle) ; syndicaliste CGT et militant communiste, secrétaire de l’Union des syndicats des travailleurs de la métallurgie (USTM) de Moselle, membre de la commission exécutive de la Fédération des travailleurs de la métallurgie, secrétaire général de l’UD-CGT de Moselle, membre du comité et du bureau fédéral du PCF ; adjoint au maire de Terville (Moselle).

Raymond Guyot en 1980
Raymond Guyot en 1980
Collection IMHS

Né à Florange, Raymond Guyot était le fils de Paul Guyot et de Catherine Schiltz, qui eurent également quatre filles. Ouvrier chez De Wendel à Hayange, puis contremaître à l’usine de Lorraine-Escaut à Thionville en 1932, son père Paul était né en 1894 à Hayange (Lorraine annexée) et milita à la CGT à l’usine Saint-Jacques. Catherine, quant à elle, naquit en 1895 à Thionville (Lorraine annexée) et travailla dans une boucherie avant leur mariage. En 1940, la famille fut expulsée par les Allemands à Nérac dans le Lot-et-Garonne. Ils y restèrent trois mois, avant de se rendre au Maroc où Paul Guyot trouva du travail, probablement grâce à sa seconde fille qui avait épousé un brigadier mobile basé à Casablanca. Après avoir fréquenté une école professionnelle, Raymond s’engagea dès l’âge de dix-sept ans dans la marine pour la durée de la guerre. Embarqué sur le porte-avion « BEARN », il partit en Indochine jusqu’en 1946, où il participa à la campagne contre les troupes japonaises.

Après quoi il quitta l’armée et retourna en Lorraine, où il travailla alors comme ajusteur à l’usine sidérurgique de Lorraine-Escaut à Thionville (Usinor par la suite). Adhérant rapidement à la CGT, il devint le secrétaire général du syndicat de l’usine en 1958, et fut élu délégué. Militant jusqu’alors à la gauche de la SFIO au sein de l’Union de la gauche socialiste (UGS), puis du Parti Socialiste Unifié (PSU), il adhéra au Parti communiste au début des années 1960. Le 11 mars 1949 à Terville, il épousa Ida Santaroni et le couple eut deux enfants, Solange et Patrice. D’abord aide ménagère, puis employée chez un photographe avant la guerre, Ida travailla au train-à-chaud de Lorraine-Escaut à Thionville après la guerre et jusqu’en 1951 ; elle se consacra ensuite à leurs enfants, tout en militant aux côtés de Raymond, participant aux manifestations ainsi qu’à des activités comme la Fête de l’Humanité, ou apportant son aide au centre de vacances Ambroise-Croizat de l’Union fraternelle de la métallurgie (les métallurgistes mosellans de la CGT), à la Petite-Pierre dans les Vosges alsaciennes. Après le décès de son époux, elle vécut seule à Terville.

En 1962, Raymond Guyot fut élu secrétaire général de l’Union des syndicats des travailleurs de la métallurgie de Moselle (USTM-CGT) et devint permanent, puis à partir de 1963 il siégea à la commission exécutive de la Fédération nationale de la Métallurgie. Il fut assez rapidement élu à la commission administrative de l’Union départementale de Moselle.

En 1971, avec le succès de la liste d’union de la gauche à Terville (Moselle), il devint adjoint au maire communiste René de Mattéis* qui, ayant épousé la sœur d’Ida Santaroni, était également son beau-frère.

Puis à la suite de la démission de Fernand Hatstatt du secrétariat général de l’UD, il fit partie du collectif dirigeant de transition mis en place par la commission administrative et qui, outre Raymond Guyot, se composait de Georges Roffe (mineur de fer) et de Raymond Veys (mineur de charbon). Au congrès de juin 1971, il fut élu secrétaire général de l’UD de Moselle, et reconduit aux congrès de 1974 et de 1977. Il fut confronté, entre autres durant cette période, à l’arrêt de l’activité d’Usinor à Thionville. L’entreprise comptait trois hauts-fourneaux en fonctionnement en 1970, et le dernier fut définitivement arrêté en décembre 1977, dans un contexte de fortes luttes syndicales. C’était le n° 1, le plus moderne qui avait été mis à feu en 1964. Raymond Guyot fut aussi à l’origine de la création et de l’animation, en avril 1980, de Radio Couarail, radio libre de l’UD de Moselle installée dans un premier temps à Moyeuvre puis, à la suite de l’intervention des CRS, déplacée en 1981 au siège de la CGT situé rue des Trinitaires à Metz. Il fut membre du comité fédéral du Parti communiste et du bureau dans la décennie des années 1970.

Après le congrès confédéral de Grenoble en 1978, il avait fait part de son souhait de quitter ses responsabilités, et c’est à l’issue du difficile congrès de l’UD en novembre 1980 à Sarreguemines (Moselle), qu’il fut remplacé par Gérard Auburtin, lequel devint alors secrétaire général.

De son côté Raymond Guyot intégra Tourisme et Travail, association qui se consacrait au tourisme social, puis après son départ en retraite anticipée, il milita au sein de l’Association de Tourisme des travailleurs de Moselle (ATTM), dont il était un des fondateurs et animateurs. Il décéda le 16 mai 2002 à Metz.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76188, notice GUYOT Raymond [Moselle] par Jean-François Lassagne, version mise en ligne le 3 février 2010, dernière modification le 15 janvier 2022.

Par Jean-François Lassagne

Raymond Guyot en 1980
Raymond Guyot en 1980
Collection IMHS

SOURCES : Témoignage de Solange Koelsch, sa fille. — Dominique Andolfatto, La syndicalisation en France depuis 1945, l’Union départementale de Moselle (de la Libération à nos jours), novembre 1995 (CERAT).

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