LODI Ferdinand (version longue)

Par Jean François Lassagne

Né le 16 avril 1914 à Aboncourt (Endorf en Lorraine annexée) de parents italiens, mort le 16 avril 1979 à Nancy ; naturalisé français le 2 mai 1940 ; métallurgiste, puis chef d’équipe à l’Union des consommateurs de produits métallurgiques et industriels (UCPMI) à Hagondange (Moselle) ; militant de la CGT ; président du Conseil d’administration de la Caisse d’allocations familiales de la Moselle ; membre du comité fédéral du Parti communiste ; maire d’Hagondange de 1966 à 1979 ; président de l’association des élus communistes et républicains de Moselle ; conseiller général du canton de Maizières-Lès-Metz de 1973 à 1979.

[Coll. privée Marcelle Marcon]

Le père de Ferdinand Lodi , Victor Julien Marie Lodi, né 15 décembre 1881 à Soliera dans la province de Modène en Italie, avait épousé Angélina Joséphine Anne Riva, originaire de Villaco en Italie (aujourd’hui Villach en Autriche) où elle naquit le 4 novembre 1887. Après la guerre, à laquelle il prit part, Victor rentra à Obergösgen en Suisse où s’était établie la famille. Par la suite le couple se sépara, et Victor resta avec leurs deux filles Elvira et Giovachina nées respectivement en 1908 à Radolfszell en Suisse et en 1911 à Soliera. Avec sa seconde femme il eut une troisième fille Mathilde née en 192l également à Obergosgen ; il mourut le 14 mai 1925 à Olten en Suisse. Angelina, quant à elle, retourna en France avec Ferdinand. Tous deux quittèrent ainsi la Suisse le 21 avril 1920 pour Saint Louis (Alsace), puis, après un séjour à Blainville (Meurthe et Moselle), ils s’installèrent le 10 février 1926 à Talange (Moselle) où Ferdinand Lodi put fréquenter l’école primaire.

À quatorze ans, il débuta son apprentissage, puis travailla dans une entreprise de maçonnerie du village. Le 18 février 1935 il quitta Talange pour se rendre à Cajarc (Lot) en compagnie de Léonie Huber qu’il épousa le 9 juillet 1935 à Larnagol (Lot), où naquit leur premier enfant, Eugène, le 14 septembre 1935. Léonie Huber était née le 17 juillet 1913 à Montbronn (Lorraine annexée) ; orpheline dès l’âge de sept ans, elle fut élevée à Hagondange par sa tante Jeanne Heitzman ; elle mourut le 5 décembre 1995 à Moyeuvre-Grande (Moselle) ; à partir de 1935, Ferdinand Lodi fut ouvrier agricole à Larnagol, mais Léonie ne supportant pas de vivre loin de la famille, ils décidèrent de retourner chez Jeanne à Hagondange en 1938, où naquirent leurs deux filles Bernadette Léonie le 1er février 1938 (décédée le 27 février 1960, et dont il éleva la fille Bleuette), et Marcelle Irma le 27 décembre 1946.

Il y commença alors sa carrière de métallurgiste à l’UCPMI au parc à billettes. Après la guerre il « œuvra à la reconstruction du syndicat CGT de l’usine d’Hagondange » dont les réunions hebdomadaires et les permanences se tenaient au café Dirmann, lieu également du fonctionnement syndical en périodes de grève ; il en devint le trésorier en 1952. Chef d’équipe jusqu’à sa retraite en 1974 à Sacilor, il avait décidé de travailler de nuit pour pouvoir disposer de ses journées et assumer ses nombreux mandats syndicaux et politiques. Il fut élu membre du Comité d’établissement et du Comité central d’Entreprise de 1945 à 1964, administrateur de la Caisse d’allocations familiales de la Moselle en 1950, dont il devint le président, puis nommé administrateur de l’Office Public d’Habitation de la Ville de Metz. Homme de terrain discret, toujours attentif à ses camarades, acceptant la contradiction, et nullement rancunier, il réglait régulièrement les dossiers des travailleurs, particulièrement avec ses camarades Marcel Buchmann et Marcel Jobard ; il était écouté à la direction de l’entreprise.

Ferdinand Lodi avait adhéré au Parti communiste dès 1945, à l’une des cinq cellules de l’UCPMI qui comptaient alors environ soixante-dix membres. Plus tard, il rencontra Marcel Servin, lequel suivait alors l’activité politique de l’entreprise, lorsqu’il se trouva contraint par le comité central de partir militer en Moselle. En 1953, pour la première fois, il fut élu conseiller municipal d’Hagondange sur la liste communiste, réélu en 1959, puis adjoint au maire en 1965. À la suite du décès de Paul Lamm, il fut choisi pour le remplacer et devint le maire de la ville en décembre 1966. Réélu en 1971, il fut à l’initiative du développement d’Hagondange, avec de nombreuses réalisations telles le foyer-restaurant pour les personnes âgées, les logements pour les jeunes et les personnes âgées, la piscine, la salle des fêtes, l’aire de sports et le COSEC, ou encore le centre socio-culturel. Le 30 septembre 1967, il accueillit Youri Gagarine dans sa ville, et, après la réception à l’Hôtel de Ville, la foule se rendit en défilé, précédée de l’harmonie ouvrière l’Avenir, (la concurrente de l’harmonie patronale l’Espérance), d’abord à la nouvelle salle des sports, puis au cimetière pour y rendre hommage aux prisonniers et déportés soviétiques morts à Hagondange, devant le monument qui leur fut consacré. Par la suite, il gagna sur la droite le canton de Maizières-lès-Metz dont il fut conseiller général de 1973 jusqu’en mars 1979, après l’avoir pris à Maurice Demange, au terme, notamment, d’un débat public qui montra son enracinement dans la population ouvrière et sa connaissance des problèmes. Atteint par la maladie il ne souhaita pas se représenter et ce fut Claude Lamm qui lui succéda en 1979. Membre du comité fédéral de Moselle, élu président de l’association départementale des élus communistes et républicains, il devint en 1973 délégué de l’Office départemental d’HLM de Moselle, puis à l’Office Public de Metz ; la même année, et jusqu’en 1977, il fut également élu président du Conseil d’administration de l’Hôpital Saint François de Marange-Silvange (Moselle) ; il était aussi membre du conseil d’administration de la Régie municipale d’électricité et administrateur du groupe Maisons Familiales de l’Est et de la Moselle.

Très impliqué tant dans la vie associative que politique, il fut président du comité d’Hagondange et environs de la Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie dès sa fondation, puis membre du Comité France-RDA, titulaire de la médaille d’or de la ligue d’amitié entre les peuples, de la Médaille d’honneur départementale et communale et des palmes académiques.

Alors que la rue Ferdinand Lodi, inaugurée le 26 mai 1979, fut changée en rue de la Gare en février 1996 par le maire de droite, l’ancien Pont de Verdun à Hagondange continua de porter son nom, que lui donnèrent le maire communiste Claude Lamm et son conseil municipal le 16 avril 1980, un an après sa mort le 16 avril 1979 à Nancy.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76207, notice LODI Ferdinand (version longue) par Jean François Lassagne, version mise en ligne le 5 février 2010, dernière modification le 15 janvier 2022.

Par Jean François Lassagne

[Coll. privée Marcelle Marcon]

SOURCES : Archives de Marcelle Marcon sa fille .— Arch. Mun. Talange, d’Hagondange, d’Aboncourt. — Républicain Lorrain du 19 avril 1979, du 1er octobre 1967. — Entretiens avec Marcelle Marcon, Marcel Jobard, et Joëlle Daeschler en 2008. — État civil.

ICONOGRAPHIE : Photographies : collection privée de Marcelle Marcon.

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