GOBEAUX Claude, Jules, Albert

Par Jacques Girault

Né le 24 mars 1930 à Saint-Michel (Aisne), mort le 8 janvier 2019 à Limoges (Haute-Vienne) ; professeur ; militant communiste en Haute-Vienne.

Claude Gobeaux en 2015 chez lui.
Claude Gobeaux en 2015 chez lui.

Claude Gobeaux était le fils d’un petit artisan marbrier de gauche. Ses parents lui firent donner une instruction catholique au catéchisme. Boursier et interne en collège moderne (Argenton-sur-Creuse puis Hirson), il entra en classe préparatoire aux Écoles normales supérieures de Saint-Cloud et de l’enseignement technique au lycée Faidherbe à Lille en 1948. Il réussit le concours d’entrée à Saint-Cloud en 1950, obtint le CAPES et l’agrégation de sciences physiques en 1956. Il fut nommé professeur au lycée Gay-Lussac à Limoges. Dix ans plus tard, il fut nommé professeur en classe de mathématiques spéciales lors de sa création, où il demeura jusqu’à sa retraite en 1990.

Claude Gobeaux adhéra au Syndicat national de l’enseignement secondaire et à la FEN-CGT en octobre 1950. La section de la FEN-CGT cessa de fonctionner en 1954. Il fut membre du bureau de la section syndicale (S1) du SNES de son lycée.
Il adhéra au Parti communiste français en mai 1950 et participa à une école interfédérale du PCF en Seine-et-Oise en août 1954. Il fut arrêté entre 1951 et 1954 lors de manifestations pour de simples contrôles d’identité. Lors de la conférence de la section communiste de Saint-Cloud avant le XIVe congrès de juillet 1956, il vota, avec la majorité de la conférence, contre le projet de thèses présenté par la direction du PCF. Délégué de la section à la conférence fédérale de Seine-et-Oise, il intervint pour appeler à refuser ces thèses, position qui ne recueillit qu’une minorité de mandats.

Réformé du service militaire, il se maria uniquement civilement en septembre 1958 à Limoges avec une militante communiste qui avait été ouvrière dans la métallurgie, fille d’un plâtrier. Le couple eut quatre enfants et recueillit trois nièces orphelines en 1970.

Installé en Haute-Vienne, il était secrétaire d’une cellule locale dans la section Limoges-Ouest, appartint au bureau départemental de la Haute-Vienne de la Jeunesse communiste et en fut le secrétaire (1958-1961) Il participa aux festivals mondiaux de la jeunesse à Bucarest en août 1953 et à Moscou en juillet-août 1957. Il fut secrétaire de la section communiste Limoges-Ouest (1961-1965).

Secrétaire de la cellule Paul Langevin du lycée Gay-Lussac, il devint en 1967 le secrétaire du comité de ville. Il entra au comité de la fédération communiste en 1959, puis au bureau fédéral (1964-1968), puis au secrétariat fédéral (1968-1971), responsable des cadres et de l’éducation. En raison de ses charges familiales, redevenu membre du bureau fédéral (1971-1972), chargé de suivre des sections et les questions municipales puis, à partir de 1972, de l’Humanité, il fut réélu seulement au comité fédéral en 1972.

Gobeaux, à qui la fédération envisageait, au milieu des années 1960, de confier la responsabilité des intellectuels, exprimait par lettre, le 29 décembre 1969, ses interrogations sur la ligne du Parti par rapport au mouvement communiste international. Il estimait que la recherche de son unité n’était pas la priorité, à la différence de la question de la démocratie socialiste et des contradictions entre les états et les masses dans les pays socialistes. Il se félicitait de la voie choisie par le PCF qui cherchait "la démocratie dans le Parti", "gage pour la démocratie de demain".

Opposé à la rupture du programme commun de la gauche en 1977, estimant que le PCF portait une part de responsabilité, Gobeaux expliqua son attitude dans la conférence fédérale de mai 1979, vota contre le projet de résolution du XXIIIe congrès. Il fut cependant réélu au comité fédéral. Il en démissionna, le 26 avril 1981, pour "désaccords politiques", selon la formule du secrétariat fédéral. Il se représenta personnellement au comité fédéral, sur ses propres options politiques, lors de la conférence fédérale de 1982 et obtint une minorité de mandats non négligeable.

Gobeaux, sans avoir adhéré à "Rencontres communistes" d’Henri Fiszbin, s’abonna à sa publication RCH et envoya plusieurs adresses de militants communistes. Il signala cette démarche à la fédération communiste, estimant pallier la "négation d’une démocratie interne" dans les débats préparatoires aux XXIIIe et XXIVe congrès. Il participa aussi au mouvement "Refondations".

Dans la fédération communiste de Haute-Vienne, une proportion importante de militants suivirent Marcel Rigout dans la contestation de la ligne de la direction du PCF. Gobeaux, n’ayant "plus aucun espoir d’un redressement dans le parti", le quitta à l’issue de la conférence fédérale de janvier 1985. Mais à la différence de Rigout et de ses camarades qui créèrent l’ARIAS dans le parti, appelèrent à voter André Lajoinie aux élections présidentielles, puis démissionnèrent de la direction fédérale en 1988, il soutint la candidature de Pierre Juquin à la présidence de la République et adhéra au Mouvement des rénovateurs communistes. Il rejoignit en 1991 les militants regroupés dans la "Convention pour une alternative progressiste" avec d’autres membres du MRC. Il rejoignit le mouvement "Alternative, Démocratie, Socialisme". Avec cinq autres organisations, ce mouvement créa nationalement, en décembre 2008, une fédération pour une alternative sociale et écologique dont il fit partie.

Claude Gobeaux fut candidat aux élections municipales de Limoges en 1959. Il figurait sur la liste ADS conduite par Rigout pour les élections régionales de 1992.

Il militait aussi dans la société coopérative des HLM d’accession à la propriété dans les années 1960. Par la suite, il milita dans diverses organisations de gauche sur les questions d’immigration (membre du bureau départemental du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples de 1980 à 1990, de luttes contre le chômage (création avec son épouse du mouvement AC ! dans la région), ATTAC (création avec son épouse en août 1998 et activité jusqu’en 2004) etc … Après avoir été un des créateurs du cercle Gramsci en 1985, il en était toujours un des membres actifs et participait en 2009 au comité de rédaction de La lettre du cercle Antonio Gramsci.

Claude Gobeaux continuait à écrire son témoignage et ses réflexions en 2009.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76216, notice GOBEAUX Claude, Jules, Albert par Jacques Girault, version mise en ligne le 6 février 2010, dernière modification le 19 novembre 2021.

Par Jacques Girault

Claude Gobeaux en 2015 chez lui.
Claude Gobeaux en 2015 chez lui.

SOURCES : Archives du comité national du PCF. — Renseignements fournis par l’intéressé.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément